samedi, décembre 23, 2006



















23 Décembre


Ça m'tente des fois d'aller la voir pis d'y parler

Fées des étoiles, j'peux t'y avoir un aut' okay ?

J'ai perdu l'mien, bon sang des saints !

J'l'ai échangé cont' des photos où on voit rien

Qu'une fille de dos qui s'cache les fesses avec les mains

Vingt-trois Décembre, Joyeux Noël monsieur Côté

Salut Ti-Cul, on se r'verra le sept Janvier


23 Décembre

Pierre Huet-Michel Rivard

dimanche, décembre 17, 2006


Camarade Bond. James Bond.

Cette fois c'est officiel : c'est un para russe formé à la rude école du KGB et passé au SMERSH qui a usurpé l'identité de l'agent 007. Seule Sa Très Gracieuse Majesté n'est pas encore au courant de cette affaire inouïe. Le MI6 cherche encore comment lui annoncer la nouvelle en douceur. C'est un certain Tintin, jeune reporter belge qui a choisi de gagner Londres pour y organiser la résistance à l'heure où son pays menace de s'effondrer, qui a démasqué l'usurpateur. Pour ce faire, l'ingénieux garçon a tout simplement proposé à "James Bond" une vodka martini préparée à la cuillère en lui assurant qu'elle l'était au shaker : la brute n'y a vu que du feu.

mardi, décembre 05, 2006









EXCLUSIF !
LE PÈRE FOUETTARD : “JE SERAI UN GRAND-PAPA GÂTEAU.”


A.C. : Père Fouettard, bonjour. À la veille de la Saint-Nicolas, vous avez accepté de faire une halte dans nos studios pour vous adresser à nos lecteurs.
Père Fouettard : À vos lecteurs et au monde entier. Ce que je vais annoncer ici est de la plus haute importance.
A.C. : Voulez-vous faire allusion au fait qu’après des années de vaches maigres, vos affaires ont repris ?
Père Fouettard : Non. En fait, j’ai tout simplement décidé d’arrêter. Demain, ce sera ma dernière tournée. Fini. Basta. Terminé. Je raccroche mon fouet.
A.C. : Père Fouettard, cette décision a certainement été mûrement réfléchie : quelles sont les raisons qui vous poussent aujourd’hui à mettre le martinet sous la porte ?
Père Fouettard : Elles sont multiples. La plus importante est sans doute celle-ci : vous n’êtes pas sans savoir que mon fils Jean-Balthazar a épousé la petite Marie, la fille du Père Noël. Cela signifie que je ne saurais tarder à devenir grand-père. Et je ne veux pas que mes petits-enfants, quand on leur posera la question “Que fait ton grand-père ?”, aient à répondre “C’est le Père Fouettard”. Non, non et non.
A.C. : Ne craignez-vous pas que votre absence se fasse encore plus cruellement sentir que votre présence ?
Père Fouettard : C’est une bonne question, mais ce n’est pas à moi d’y répondre. Vous voyez, dans les pays scandinaves, depuis que la fessée est interdite par la loi, je suis attendu chaque année, si je puis me permettre, comme le Messie ! Les parents me préparent des listes longues comme le bras répertoriant toutes les bêtises de leur marmaille pendant les douze derniers mois. Et je suis censé user de ma dérogation pour rattraper toutes les fessées perdues ! Mais ce n’est pas ma conception du métier : je suis un artisan, je refuse ce genre de travail à la chaîne.
A.C. : Père Fouettard, sauf votre respect, n’est-ce pas de votre part une sorte d’abandon de poste ? Ou tout simplement, ne cédez-vous pas à la pression du politiquement correct ?
Père Fouettard : Céder au politiquement correct, certainement pas. Mais je serais malhonnête si je niais un certain découragement. Je l’avoue, je suis un peu perdu, un peu désemparé. C’est que, voyez-vous, les enfants n’ont plus vraiment peur de moi. Autrefois, il suffisait d’un coup de martinet symbolique sur les mollets d’un chenapan, ou d’une ou deux claques bien appliquées sur les fesses d’une chipie, et le tour était joué : la sérénité revenait dans les foyers. On me respectait. En un mot comme en cent : on croyait en moi. Mais aujourd’hui... Et puis comment voulez-vous que je fasse sérieusement mon travail avec des garçons qui se promènent avec un pantalon déjà à moitié baissé ? Quant aux filles... Non seulement elles n’ont pas peur de mes fessées, mais certaines m'en redemandent ! J’ai appris pas plus tard que la semaine dernière que mes “groupies” avaient créé un “Fan Club”, qu’elles “tchataient” à mon propos sur des “forums”. Celles qui sont le plus “accros” sont les “gothiques”, parce-que, paraît-il, les fesses rouges sont “trop top” avec leurs vêtements noirs. Non, vraiment, il faut l’admettre, je suis dépassé. Il faut savoir tourner la page, ou plutôt, si j'ose dire, passer la main.
A.C. : La retraite, donc. N’avez-vous pas peur de vous ennuyer ?
Père Fouettard : M’ennuyer ? Vous voulez rire ? Je vais d’abord aller passer quelques semaines sur une plage où il y a des cocotiers. Pour la suite, je vais enfin pouvoir me consacrer à mes rosiers, à mes coudriers, à mes orties. Je vais écrire mes mémoires, et je vous garantis qu’elles ne manqueront pas de sel. Et surtout, comme je vous l’ai dit, je compte bien cultiver l’art d’être grand-père, et un grand-papa gâteau s’il vous plaît. Je vais enfin connaître le plaisir d’être indulgent, laxiste, permissif.
A.C. : Père Fouettard, au nom de tous les sales gosses et de tous les parents dépassés par les événements, je ne peux pas ne pas vous poser cette question : votre relève est-elle assurée ?
Père Fouettard : C’est une question légitime. J’ai peut-être quelqu’un en vue. Quelqu’un qui apportera du sang neuf. Je crois que ce sera une sacrée surprise. On peut même dire que ce sera révolutionnaire.
A.C. : Doit-on comprendre que, conformément à l’air du temps, le candidat à votre relève est une candidate ?
Père Fouettard (souriant avec un air entendu) : Je ne vous en dirai pas plus.
A.C. : Une dernière question : Père Fouettard, serez-vous candidat aux présidentielles de 2007 ?
Père Fouettard : Vous le saurez en temps utile.
A.C. : Père Fouettard, merci pour cet entretien.

dimanche, décembre 03, 2006

Correction de sans-culotte

Définition empruntée à Michel Laclos.
Illustration (auteur inconnu) empruntée à la rubrique "La fessée à Lulu", qui est le "Pan sur le le bec" du magazine en ligne La lettre à Lulu (www.lalettrealulu.com), irrégulomadaire satirique et sale gosse de la presse nantaise.

jeudi, novembre 09, 2006














Maigret et la nostalgie de Lucia

“Sur les bords d’la Moselle
J’avais un amour

Qui m’faisait des quenelles

Des patates au four”

Yves Simon

En sortant du restaurant, il fut accueilli par le froid de Novembre. Il remonta le col de son pardessus en songeant avec regret à la salle bien chauffée où il venait de déguster un vieux cognac offert par le patron. Et cette blanquette! Il songea : “Ne pas oublier de parler de cette blanquette à madame Maigret”. Il avait encore une chose à régler avant de gagner la gare et de repartir vers Paris. Il hâta le pas en direction de l’embarcadère. Arrivé à hauteur de La Jeanne, il hésita un court instant, puis s’engagea sur la courte passerelle qui menait sur le pont. La lessive récente étendue sur un fil attendait la maigre chaleur du soleil pâle. Des fantômes de brume jouaient au ras de l'eau grise. Plus loin, le feu rouge de l’écluse s’alluma. Il avait machinalement sorti sa pipe de sa poche. Du tuyau, il frappa la vitre embuée de l’habitacle. La porte s’ouvrit presque aussitôt. “Je vous attendais, monsieur le commissaire”, dit Lucia tout en s’effaçant pour l’inviter à entrer.
- Vous êtes seule, Lucia ? s’enquit-il de sa voix tranquille.
- L’ Armand est... Il est vous savez où.
Elle avait dit ces derniers mots avec une amertume teintée de colère.
- Installez-vous là, monsieur le commissaire. Oh et mettez-vous à votre aise. Donnez-moi ce manteau, vous allez mourir de chaud.
Il prit place sur la banquette de bois, entre la table et la cloison contre laquelle il s’adossa du plus confortablement qu’il put.
Déjà, Lucia avait rempli une sorte de dé à coudre d’un liquide clair comme une eau minérale. Elle le lui tendit.
- Goûtez ça, monsieur le commissaire. La mirabelle-là, vous m’en direz des nouvelles.
Lucia avait tout de sa Lorraine d’adoption, jusqu’au parler. Plus de quarante ans qu’elle vivait là. Elle était arrivée âgée de cinq ans, et avait désormais tout oublié de son coin d’Italie natale, à part quelques mots de dialecte qui lui revenaient parfois aux lèvres à l’improviste. À dix-neuf ans, elle avait marié l’Armand, un jeune marinier au sourire charmeur et aux larges épaules. Elle avait élevé quatre enfants qui avaient tous quitté le nid. La grande péniche était bien vide sans leurs querelles et leurs rires.
Il but d’un trait. La mirabelle passa comme un verger en fleurs et en feu. Il bougonna :
- L’Armand n’est pas un mauvais gars. C'est un faible, voilà tout.
Il posa le minuscule verre sur la toile cirée de la table.
La pipe réapparut entre ses doigts.
- Vous pemettez, Lucia ?
- Je vous en prie, monsieur le commissaire.
Aucun mot ne fut échangé tandis qu’il chargeait le fourneau, tassait du pouce le tabac. Il craqua une allumette. Le tabac grésilla. Un nuage bleu et blanc s'épanouit, une odeur riche à l'âcreté tempérée de miel. Elle dit :
- Monsieur le commissaire, on ne pourra jamais assez vous remercier pour ce que vous avez fait. Si vous n’aviez pas innocenté l’Armand...
Elle s’interrompit, cacha son visage dans ses mains. Elle sanglotait silencieusement.
Il se leva, passa son bras autour de ses épaules :
- Là, là. C’est fini à présent. Tout va aller mieux, à présent.
Elle leva vers lui des yeux brillants de larmes. Des fils blancs se mêlaient au noir de sa chevelure ramenée en chignon. Elle sourit. “Elle est belle”, songea-t-il sans même en avoir conscience.
Il choisit pour se rasseoir une chaise qu’il écarta un peu de la table. Il avait besoin d’aise.
Elle dit d’une voix hésitante, presque timide :
- Monsieur le commissaire, je peux vous demander une chose... une chose stupide ?
- Allons Lucia, vous n’allez pas me dire que vous avez peur de moi ?
- C’est que... C’est vraiment une chose bête. Vous allez me prendre pour une folle.
Il mordilla le tuyau de sa pipe, réprima un sourire.
- Lucia, vous en avez trop dit. Ou pas assez.
- C’est votre pipe, monsieur le commissaire. L’odeur de votre pipe.
- Oh, elle vous gêne ? Mais il fallait le dire, Lucia, je l’éteins immédiatement.
- Non, non, monsieur le commissaire. Au contraire, n’en faites rien. J’aime cette odeur. Elle me rappelle mon enfance. Mon père en fumait une toute pareille.
- Il vous manque ?
- Tout cela est si loin. Ce qui me manque, c’est... cette sorte d’abri que j’avais alors. Vous aussi, vous êtes un abri comme ça.
- Je comprends.
- Oh, tout n’était pas rose. J’avais mon caractère. Et mon père le sien. Parfois, il y avait des étincelles.
Il haussa un sourcil, vaguement intéressé, mais songeant qu’il était temps à présent de se lever et partir.
- Vraiment ? dit-il.
- C’est ça que je voudrais vous demander, monsieur le commissaire. La vie va si vite. L’abri est si loin. Je voudais encore une fois, c’est idiot, je voudrais encore une fois ces étincelles.
- Les étincelles ?
Il ne comprenait pas. Il lui vint à l’esprit l’image d’un de ces cierges magiques que l’on accroche dans les branches du Sapin de Noël. Il faudrait parler de la blanquette à madame Maigret.
- Je voudrais pour un instant redevenir une petite fille au temps de l’abri. Une petite fille qui a essayé de s’enfuir de l’abri, et qui doit être punie.
Il retira la pipe de ses lèvres, s’apprêta à dire quelque chose. Ne sut pas quoi dire. Il était gêné. Ce n’était pas désagréable.
- Monsieur le commissaire, je voudrais que vous me donniez une fessée.
Elle avait dit cela en le regardant bien droit dans les yeux. Une fessée. Un mot-oiseau, innocent et parfaitement incongru, qui tournait dans l'étroite cabine en cherchant la fenêtre ouverte d'une réponse.
Ce fut lui qui détourna le regard. Il fut sur le point de se lever. Absurde. La prendre pour une folle, oui. Se ravisa. Pourquoi ? Il ne le saurait jamais. Il posa la pipe, se leva à demi, tourna un peu la chaise, se réinstalla. Lui dit simplement :
- Bien. Alors viens.
Elle s’approcha doucement. Elle passa ses mains derrière son dos et d’un geste ample releva jupe et jupon. Elle se baissa jusqu’au déséquilibre, il l’aida à adopter la position inconfortable et absurde, le mot ne lui quittait pas l’esprit. La position d’un enfant que l’on s’apprête à punir. Des fils blancs dans ses cheveux. Elle est belle, vraiment. Il avait passé une main autour de sa taille pour la maintenir, de l’autre achevait de remonter le flot de tissu, découvrant les cuisses rondes, la croupe qu’enveloppait une large culotte, blanche comme la lessive faîche sur le pont. Il leva la main, hésita. Se ravisa une fois encore. Tranquillement, sans hâte, il baissa la large culotte, dénudant à plein les fesses joufflues et pleines et le haut des cuisses. Le gros pain blanc que l’on partage avec un couteau à manche en corne, assis au bord de l’eau. Il leva à nouveau la main. Claqua une fesse. Une forte claque qui fit vibrer le muscle et qui marqua aussitôt la peau d’une empreinte rouge mat. Elle s’était cabrée, comme électrisée. Il attendit qu’elle se détende, puis claqua l’autre fesse, tout aussi fort.
- Arrêtez, ça fait trop mal. Vraiment.
Elle avait crié. Elle continua d'une voix douce :
- Je ne me rappelais pas comme ça brûlait.
Il relâcha son étreinte, et attendit queques instants. Elle ne fit pas un geste pour se dégager. Il dit posément :
- Lucia, tu es encore bien loin de l’abri.
Elle soupira.
Il releva la main, et reprit la fessée. Une longue fessée, drue et sonore, qui emplit la cabine comme la chaleur d’un poële de faïence soudain poussé à fond. Une fessée qui lui mordit la main comme un plat sorti sans précaution du four. Une fessée de cierges magiques. Une fessée qui fit onduler Lucia sous ses yeux, comme sur des vagues, la fit chavirer en une plainte, se cabrer à nouveau, s’abandonner tout à fait à cet amour qu'ils faisaient de si absurde façon. Délicieuse et absurde. Il la fessa encore. Et encore.
Lorsqu’il l’eut enfin aidée à se redresser, avant qu’elle ne s’écarte, il l’attira à nouveau, cette fois pour qu’elle s’asseoit sur ses genoux. Elle se laissa faire, les vêtements encore tout en désordre. Elle se laissa aller contre lui. Il embrassa sa joue, caressa doucement ses cheveux. Ils restèrent ainsi un long moment.

Quand il eut rejoint le quai, il se retourna. Elle était restée sur le pont, le regardait.
- Je passerai au bistrot. C’est sur le chemin de la gare de toute façon. Je parlerai à Armand.
- Adieu, monsieur le commissaire.
- Adieu, Lucia.
Il eut beau s’efforcer de penser à la blanquette, et ne pas oublier d’en parler à madame Maigret, il ne put méconnaître, brièvement dans sa bouche, le bref goût de sel. Elle le ressentit au même moment que lui.

© Amour Cuisant 2006

mardi, novembre 07, 2006




















Jumping Jack Flash

A.C. :
Bonjour Jack. Quelles sont les deux photos que vous nous proposez aujourd'hui ?
Jack :
Il s'agit de deux photos prises à l'époque, après tout pas si lointaine, où j'étais lycéen.
A.C. :
Et quel en est l'intérêt ?
Jack :
L'intérêt est que j'y figure.
A.C. :
Vous ? Vous êtes sur ces
photos ?

Jack :
Oui. À gauche, avec les lunettes rondes, c'est moi. Et Ségolène est à droite : on la reconnaît très bien sous son masque de Carnaval.
A.C. :
Jack, vous n'êtes pas sérieux. Vous venez de découper ces photos dans la pochette d'un vieux 45-tours des Rolling Stones !
Jack :
Qu'importe ce que vous voyez ou croyez voir : on ne voit bien qu'avec le cœur, l'essentiel est invisible pour les yeux. Regardez avec votre cœur et vous nous reconnaîtrez sans difficulté tous les deux.
A.C. :
Jack , vous n'allez pas nous réciter "Le Petit Prince" parce-que vous êtes vexé tout de même ?
Jack :
Je ne suis nullement vexé. Je vous informe que je pratique le pardon des offenses. J'ai été éduqué ainsi. Et j'ajoute que, comme Ségolène, j'ai reçu une éducation très stricte.
A.C. :
Toujours ce besoin d'en rajouter. Jack, ne le prenez pas mal, mais une fois encore cet article va faire l'objet de bien des critiques, et j'ajouterai qu'elles seront justifiées. Je vous rappelle que des lectrices ont protesté il n'y a pas longtemps contre le capharnaüm qui règne dans cette rédaction. Nous pouvons craindre des résiliations d'abonnements par centaines de milliers, et tout ce que vous trouvez à faire, c'est rendre la situation encore un peu plus confuse.
Jack :
Permettez-moi de vous proposer une dream team pour diriger votre gazette en perdition : un triumvirat composé d'Edouard de Rotschild, Edwy Plenel et Serge July ! Vous n'avez qu'un mot à dire, je passe quelques coups de fil et ils sont à vous tous les trois.
A.C. : Jack, cette gazette n'a pas besoin d'une dream team, elle a besoin de clarté dans sa ligne éditoriale.
Jack :
Je tiens à vous aider. Je vous propose d'organiser un Festival de Théâtre au sein de votre institution. Je m'occuperai de tout. Demain, tout ce que l'Avant Garde du jeune théâtre contemporain compte d'important se poussera du coude pour se produire ici.
A.C. :
Jack, cette proposition nous honore. Je vous propose d'en reparler tranquillement tout à l'heure, entre nous. Et en attendant, je prie nos lectrices et nos lecteurs de nous pardonner l'audace de ce nouvel écart.
Jack :
Oui, de l'audace ! Toujours de l'audace !

samedi, octobre 28, 2006

AFFAIRE CHAPERON ROUGE : LA VÉRITÉ

Dans l’Affaire Chaperon Rouge, on pensait que tout avait été dit. Le dossier était clos. Jusqu’à ce que notre reporter ait l’idée de rassembler et de questionner les principaux protagonistes de ce fait divers célèbre. Le résultat : une série d’interviews croisées explosives, qu’à ce jour aucune chaîne de télévision n’a accepté de diffuser. La vérité dérangerait-elle ? Voici en exclusivité pour nos lecteurs la retranscription intégrale de ces entretiens.
A.C. : Tout d’abord, merci à vous d’avoir accepté cette réunion. Je vous propose de donner la parole en premier lieu à Mère-Grand. Mère-Grand, n’y allons pas par quatre chemins, dans l’Affaire Chaperon, vous êtes-vous sentie manipulée ou même trahie ?
Mère-Grand : Non, je vous remercie. Je n’ai plus de dents vous savez. Pas de bonbon acidulé. Ou plutôt si, je vais en prendre un pour ma petite fille.
Madame Rouge : Excusez-moi d’intervenir : Mère-Grand est sourde comme un pot. Il faudra poser vos questions plus fort.
A.C. : Madame Rouge. Puisque vous avez pris la parole, quand vous avez appris, au soir de cette désormais lointaine journée, les détails de cette dramatique affaire, quelle a été votre réaction ?
Madame Rouge : Comment vous dire ? D’abord j’ai fondu en larmes, et en même temps j’étais folle de joie que Chaperon soit indemne. Et puis en colère aussi : pourquoi m’avait-elle désobéi ? Aussi je vous l’avoue, j’ai...
Chaperon Rouge : Arrête maman ! Ces messieurs-dames n’ont pas envie de connaître tous les détails. L’important est que tu étais soulagée.
A.C. : Mademoiselle Chaperon, on a beaucoup glosé sur votre insouciance. Certains ont même parlé d’inconscience. À aucun moment vous n’avez hésité à répondre aux avances de Méchant Loup ?
Méchant Loup : Permettez-moi de préciser que Chaperon ne m’a pas “répondu” : c’est elle qui m’a adressé la parole en premier.
A.C. : Ce n’est pas ce que dit l’histoire.
Méchant Loup : Il ne faut pas croire tout ce qui est écrit dans le journal. Je me promenais dans les bois, pendant que j’y étais, puisque si j’y étais, j’y mangerais. Or justement j’avais faim. Et voilà Chaperon qui...
Chaperon Rouge : Oui, je reconnais que c’est moi qui ai vu Méchant Loup en premier et qui l’ai appelé.
Madame Rouge : Oh, mais tu ne m’avais jamais dit ça ! Si j’avais su, je peux te garantir que tu aurais...
Chaperon Rouge : Maman ! C’est du passé, il y a prescription ! En fait, l’idée, c’était que ce soir-là, il y avait le Grand Bal du Quatorze Juillet, et je voulais que Méchant Loup m’y accompagne.
Le Chasseur : Et pourquoi que tu m’as pas demandé à moi, de t’accompagner au bal ?
Chaperon Rouge : Tu t’es regardé ? T’as vu ta tronche ? Aller au bal avec un fonbou comme toi ?
Madame Rouge : Chaperon ! Qu’est-ce que c’est que ce langage !
Chaperon Rouge : Oh ça va m’man, lâche-moi !
A.C. : Allons, allons, dépassionnons le débat. Méchant Loup, avez-vous accepté la proposition de Chaperon ?
Méchant Loup : J’avais faim. Elle m’a proposé une galette et un petit pot de beurre si j’acceptais : j’ai accepté.
A.C. : Ce n’est pas ce qui est écrit dans l’histoire !
Madame Rouge : Oh ça par exemple ! La galette et le petit pot de beurre que je t’avais donnés pour ta grand-mère, tu les a donnés à ce voyou ? Espèce de petite dévoyée, attends que nous soyons rentrées à la maison et...
Chaperon Rouge : M’man, je t’en prie ! Arrête, tu me fous la tehon devant tout le monde !
Madame Rouge : Qu’est-ce que je viens de te dire ? Où as-tu appris à parler aussi mal ?
Le Chasseur : On peut boire quelque chose ? Un kir ? Il fait soif ici.
A.C. : Oui bien sûr, des rafraîchissements vont vous être proposés. Pour en revenir à vous Mère-Grand, lorsqu’au lieu de Chaperon, vous avez vu Méchant Loup faire irruption dans votre chambre, quelle a été votre réaction ?
Mère-Grand : Un polisson ? Oui, c’est un polisson, vous pouvez le dire.
A.C. : Méchant Loup, pourquoi être allé chez Mère-Grand ? N’alliez-vous pas vous jeter dans votre propre gueule ?
Méchant Loup : C’était pour rendre service à Chaperon. Il fallait bien expliquer la disparition de la galette et du petit pot de beurre. On s’est dit qu’on allait raconter que j’avais dévoré Chaperon, comme ça le tour était joué, plus personne ne penserait à s’inquiéter pour la galette et le petit pot de beurre.
A.C. : Donc, vous n’avez pas dévoré Chaperon ?
Chaperon Rouge : Si, il m’a dévorée. De baisers. Hein mon grand Loup ?
Madame Rouge : Comment peux-tu... Comment osez-vous... Toi et ce voyou... Attends un peu que ton père apprenne ça !
Méchant Loup : Madame Rouge, je rembourserai la galette et le petit pot de beurre.
Madame Rouge : Pas un mot de plus, sauvageon !
Méchant Loup : Et je tondrai votre pelouse.
Madame Rouge : La pelouse ? Deux fois par mois ? Pendant cinq ans ?
Méchant Loup : Oui, m’dame, deux fois par mois. Pendant cinq ans et plus si vous voulez. Vous pouvez compter sur moi.
Madame Rouge : Bon, alors je veux bien passer l’éponge. Et si tu veux que mon mari la passe aussi, tu laveras aussi la voiture quand tu auras fini la pelouse. Quant à toi, petite dévergondée, tu ne perds rien pour attendre !
Chaperon Rouge : C’est pas vrai, j’hallucine !
Le Chasseur : Je peux avoir un autre kir ? Et des cacahuètes ?
A.C. : Et vous, monsieur le Chasseur ? Quel a été votre rôle exact dans cette affaire ? On a dit que vous aviez tiré sur Méchant Loup ?
Chaperon Rouge : Lui ? Il n’a jamais réussi à entrer dans la maison ! Il était tellement chtarbé qu’il n’arrivait même pas à distinguer la bobinette de la chevillette !
A.C. : Il y a pourtant eu des coups de feu ?
Chaperon Rouge : C’était des pétards. Des gros. Des Pirates. J’en avais piqué chez la Mère Michel, pendant qu'elle cherchait son chat.
Madame Rouge : C’est un comble ! Et voleuse avec ça !
Le Chasseur : Vous avez des olives ?
Mère-Grand : (En aparté à Mme Rouge) Mais ma parole, ce n’est pas ce polisson de Méchant Loup qui est en train de bécoter Chaperon ? Comme il a grandi, je le reconnaissais à peine ! Il a fière allure, tu ne trouves pas ?
Madame Rouge : (En aparté à Mère-Grand) Ah non ! Tu ne vas pas t’y mettre toi aussi ! (S’adressant à Chaperon et Méchant Loup) Et vous deux, non mais où vous croyez-vous ? Dans une chanson de Brassens ? Je peux te garantir que ce soir à la maison, tu vas en chanter une autre, de chanson !
Chaperon Rouge : M’man ! J’ai plus dix ans !
A.C : Pour conclure, peut-on dire que si l’Affaire Chaperon a laissé des traces dans les mémoires, ces traces ne sont pas forcément conformes à la réalité ?
Madame Rouge : Vous n’avez qu’à demander à cette insupportable petite insolente si elle n’a pas encore en mémoire la trace de mes cinq doigts en rouge sur ses fesses ! Chaperon Rouge ! Elle n’avait jamais autant mérité son nom que ce soir-là, je vous le dis ! Quand je pense que j’ai eu des remords, que j’ai cru avoir été trop sévère !
Chaperon Rouge : Maman ! Tu n’es pas obligée de raconter ça au monde entier !
Madame Rouge : Si je veux ! C'est encore moi qui commande, figure-toi. Et si je veux lui raconter aussi, au monde entier, ce qui va t’arriver tout à l’heure, je...
Méchant Loup : Et si je fais la vaisselle, vous passez aussi l’éponge pour Chaperon ?
Madame Rouge : Lavée et essuyée. Mais ce soir au pain sec et à l’eau. Tous les deux.
Chaperon Rouge : (soupir).
A.C. : Mesdames, mademoiselle Chaperon, messieurs, merci.

Photographie : Ellen von Unwerth a surpris Chaperon Rouge et Méchant Loup à leur arrivée dans nos studios.

© Amour Cuisant 2006

mardi, octobre 24, 2006





























Petits chats, petits rats

Avec nos frêles os

Nous allions à l'école de danse

À la barre de chêne

Se pliaient les roseaux

De nos corps amoureux de cadence


La danse est une cage

Où l'on apprend l'oiseau

Nous allions à l'école de danse


Face à la grande glace

Petits canards patauds

Nous vivions pour le bonheur insigne

De voir nos blancs tutus

Reflétés par les eaux

Du lac noir où meurt la Mort du Cygne


La danse est une étoile

Qu'elle est loin, qu'elle est haut

Sur les pointes on lui faisait des signes


Claude Nougaro - La Danse (extrait)

jeudi, octobre 19, 2006

A.C. Productions présentent :

Ils l'ont traqué,
ils l'ont humilié,
ils l'ont chassé.


JEAN-PIERRE II : LE RETOUR
Maintenant ils vont payer.

En raison de scènes pouvant heurter la sensibilité des jeunes spectateurs, ce film est interdit en salles aux moins de 16 ans.

mercredi, octobre 11, 2006

Avertissement sans frais

"Il faut vraiment que je te rappelle ce qui est arrivé
à Nolwenn l'autre jour ?"
Ces quelques mots ont suffi : Julien, qui ne cessait de faire le pitre pour amuser ses camarades, s’amusait à siffler dans le micro “pour faire comme les marmottes”, et avait déjà collé deux crottes de nez sous son pupitre, se l'est tenu pour dit et a été sage pour le restant de la journée.

lundi, octobre 02, 2006

A.C. Productions présentent

Miou-Miou

Peter Cushing
dans


The Mysterious Powers of Segoh Lane
Blanche Neige prend des couleurs
(Film en V.O.S.T.)




- Drink this ! It will bring you all the mysterious powers of Segoh Lane.
- Tiens, Blanche Neige, bois : c'est très bon, ça fait dormir.
















- I'd rather have a highball.
- Mais je ne suis pas Blanche Neige : je m'appelle Miou-Miou.




- That'll teach you to appear in full bright colours in an old black and white movie.
- Je vais te faire miauler pour quelque chose, tu vas voir.





The End
Fin

Peter Cushing..............Dr Smartinglove
Miou-Miou...................Blanche Neige


La chanson "La chatte sous une main brûlante" est interprétée par Sylvette Herry.

jeudi, septembre 28, 2006




















L'Anneau qui rend fou

Il a jeté l'éponge avant même le début du premier round ! Peu après, Lionel a confié à son soigneur :
- Je ne vois qu'une personne capable de poursuivre le combat à ma place : c'est Golum (ou Golem ? Ou Golen ? Il est difficile d'être catégorique, mon Précieux. Lionel était très essoufflé et sa diction quelque peu perturbée).
Depuis, les conjectures vont bon train chez les spécialistes du monde politique : qui est ce Golum ? (Golem ? Golen ?) Un aventurier cosmopolite ? Un trafiquant de diamants sud-africain ? Un plombier polonais ? Un sous-marin de Tony Blair ?
Une chose est certaine, mon Précieux : Golum (ou Golem, ou Golen) ne laissera pas l'Anneau, mon Trésor, mon Précieux, filer si facilement.

mercredi, septembre 27, 2006

vendredi, septembre 22, 2006

Purge Royale

A.C. :
Jack, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce que représente l’image que vous nous avez apportée ?
Jack :
Tout d’abord, permettez-moi de vous féliciter pour tous les splendides aménagements que vous avez effectués en si peu de temps.
A.C. :
Merci, Jack. Pour en revenir à cette image ?
Jack :
C’est une allégorie : “Ségolène faisant avaler ses idées au Mouvement des Jeunes Socialistes”.
A.C. :
Jack, vous n’exagérez pas un peu ?
Jack :
Non, croyez-moi. C’est aujourd’hui l’anniversaire de Ségolène, et j’ai pensé qu’elle serait sensible à cette petite attention. J’ai plaisir à faire plaisir. Il ne m’en a rien coûté. Vraiment.
A.C. :
Jack, vous vous représentez vraiment le Mouvement des Jeunes Socialistes comme un bambin devant ingurgiter la potion amère servie par une Ségolène revêche ?
Jack :
Comme vous y allez ! Bien sûr que non ! D'abord, Ségolène est attentive, et non revêche. Elle se préoccupe, et c'est bien normal, de la bonne santé idéologique de nos têtes blondes. Quant au MJS, c'est un mouvement de jeunes enthousiastes, pleins de fougue et d’avenir, et c’est dans le dialogue sur un pied d’égalité que je vois leur relation avec Ségolène s’épanouir.
A.C. :
Comme l’autre jour avec la jeune Nolwenn ?
Jack :
Ce qui est arrivé à la jeune Nolwenn doit seulement inciter ses jeunes compagnes et compagnons à ne pas faire la grimace et à bien ouvrir la bouche. À moins qu’ils n’aient envie de goûter à leur tour aux fruits du courroux de Ségolène. Des fruits qui font circuler le sang, excellents pour le teint ! (rire).
A.C. :
Jack, nos lecteurs, au moins certains d’entre eux, vont interpréter vos propos comme une provocation !
Jack :
Une provocation à encore plus d’enthousiasme, encore plus de fougue, oui.
A.C. :
Jack, nous vous remercions.
Jack :
Si vous le permettez, avant de repartir, je vais faire un petit saut au Tennis. En passant, tout à l’heure, il m’a semblé y entrevoir une amie.
A.C. :
Jack, c’est avec plaisir que nous vous y invitons.
Jack :
Et si ce n’est pas abuser de votre hospitalité, j’irai ensuite goûter aux charmes de votre Hammam.
A.C. :
Vous y serez accueilli par Tornado. Vous verrez, il a un rire un peu bruyant, mais c’est un jeune plein de fougue et d’enthousiasme. Et n’oubliez pas que vous y serez toujours le bienvenu.

lundi, septembre 18, 2006
























De mes déserts brûlants à vos banquises blanches
(Geneviève Kormann)

Il est des livres qui vous entraînent à l'aventure, à la découverte de paysages inaccessibles et sauvages : ceux qui sont cachés à l'ombre de nos émotions. Un petit mot pour vous recommander la lecture d' Une exclusive escale, de Geneviève Kormann, qui fait réponse à Mémoire à quatre mains des désirs d'un homme. Bon voyage!

dimanche, septembre 17, 2006

vendredi, septembre 15, 2006

lundi, septembre 11, 2006
















Devant tout le monde!

L'information du jour telle que présentée ce matin à France Inter : hier, à Quimperlé, Ségolène "a infligé une correction publique à la jeune Nolwenn." On précise que Ségolène aurait même éprouvé quelques remords à s'être montrée si sévère.
Sur ces clichés exclusifs, on voit Ségolène avertir sans ambiguïté Nolwenn de ce qui l'attend si elle continue à se montrer dissipée. La jeune écervelée ne veut rien entendre. Pis, elle fait preuve d'insolence. Le résultat ne se fait pas attendre : elle se fait corriger devant tout le monde. Sur l'autre cliché qui nous est parvenu, on la voit en train de se faire consoler par une camarade visiblement elle-même sous le choc de ce qui vient de se passer. Gageons qu'à l'avenir, ces demoiselles y regarderont à deux fois avant de mal se conduire.

dimanche, septembre 10, 2006














La tontaine et les tontons

A.C. :
Jack, aujourd’hui ce n’est pas à l’artiste que nous nous adressons, mais à l’homme de l’ombre, au caïd, à celui que les initiés connaissent sous le nom de Jack the Rapper.
Jack :
Peu importe à qui vous vous adressez, du moment que c’est à moi. J’adore les interviews.
A.C. :
Jack, le milieu est en ébullition. Verdi, Rossi, Rozalaretto, Figmagoli, Neri : les Cinq Familles fourbissent leurs armes. Vous êtes un membre influent du clan Rozalaretto. Pouvez-vous apporter à nos lecteurs des éclaircissements sur la guerre qui semble se profiler à l’horizon ?
Jack :
J’ai il y a peu participé à une réunion qui a rassemblé les responsables de la famille. En effet, une guerre se prépare, et peut-être même plusieurs guerres!
A.C. :
Que voulez-vous dire ?
Jack :
Je crains des conflits fratricides. Je ne peux pas vous en dire plus.
A.C. :
Pouvez-vous nous parler de ces responsables de la famille Rozalaretto ?
Jack :
D’abord, il y a le Poupon. Il est discret, mais ne vous y trompez pas, il a le bras long.
A.C. :
Le Poupon ? Celui qui a gagné la célébrité en montant le coup du Faux Mage de Hollande ?
Jack :
À votre place je n’évoquerais pas cette histoire. Le Poupon a la rancune tenace, et la blédine qu’il sert peut se révéler indigeste pour les gêneurs.
A.C. :
Ensuite ? Qui d’important à cette réunion ?
Jack :
L’Enjôleuse. Elle vous endort d’une œillade et vous termine à l’aiguille à tricoter. D’autant plus redoutable qu’elle fait équipe avec le Poupon. Ne le répétez à personne, mais dans l’intimité, elle le surnomme “Bébé Requin” (rire). On peut dire que c'est la tontaine qui fait trembler les tontons.
A.C. :
On lui prête l’ambition de prendre la direction sans partage du clan et d’en devenir le chef de guerre ?
Jack :
Oui, mais elle n’est pas seule à avoir cette ambition...
A.C. :
Qui d’autre ?
Jack :
Vous voulez dire, à part moi ?
A.C. :
Oui, Jack, à part vous, cela va de soi.
Jack :
Eh bien par exemple il y a Domi Doigts d’Or. Un artiste celui-là. Donnez-lui un Bic et une feuille blanche, et un quart d’heure plus tard vous avez l’acte de propriété de la Tour Eiffel. Et puis Lolo l’Élégant, dit Quatre Épingles. Croyez-moi, ses épingles, il sait où les planter pour qu’elles fassent mal.
A.C. :
On a beaucoup parlé ces jours derniers du retour du Grand Frisé. Certains l’auraient rebaptisé Larmes de Crocodile ?
Jack :
Ceux-là ne feront pas de vieux os. Le Frisé n’est pas si rouillé, et des sports de balle de sa jeunesse il a gardé l’habitude de viser à la tête. Il faut aussi parler de Nanard.
A.C. : Nanard l’Arnaqueur ?

Jack :
Non! L’Arnaqueur est dans les choux depuis qu’il n’a plus l’appui de (Jack se signe en levant brièvement les yeux au ciel) Qui Vous Savez. Je voulais dire Nanard dit le Bon Docteur.
A.C. :
On dit qu’il est furieux de n’avoir pas pu participer à cette réunion au sommet ?
Jack :
Le Poupon s’est arrangé pour lui faire passer un mauvais jeu de clefs : il n’a jamais réussi à ouvrir la porte (rire).
A.C. :
Et quid de vos adversaires ?
Jack :
À part quelques Blousons Bruns du clan Neri qui carburent au schnaps, le principal danger vient de la famille Figmagoli. Elle est à la pogne du Magyar. Johnny le Goualeur s’est rallié à lui, le Beau Gosse file doux, et vous verrez, même le Béarnais finira par lui manger dans la main! Il faut dire qu’ils ont des raisons d’avoir peur : le Magyar ne travaille qu’à l’arme blanche, et il ne fait jamais de quartier.
A.C. :
On murmure que la surprise pourrait venir du Québecois ?
Jack :
Pour la clarté du débat, il faut rappeler à vos lecteurs qu’avant son bannissement et son exil provisoire au Canada, le Québecois s’appelait le Bordelais. Non, aucun risque pour le Magyar de ce côté. Le Québecois a négocié sa neutralité contre un clandé, l’Hôtel de Lassey. Il ne passera à Paris que pour relever les compteurs. Le reste du temps, il sera dans son fief en Aquitaine. Il s’est mis en tête de remplacer le vignoble par des plantations d’érables et de se lancer dans le trafic de sirop à grande échelle. Selon lui, il n’y a pas de raison qu’il ne fasse pas “aussi bien et, tabernacle, même mieux qu’eu-zautes”.
A.C. :
Et le Daron ? On ne le voit quasiment plus. On dit qu'il vit cloîtré dans ses appartements, au dernier étage de l’Élyséum, son casino de luxe. Certains murmurent qu’il pourrait organiser un pot d’adieu prochainement ?
Jack :
Ce ne sera pas le premier, et ce ne sera sans doute pas le dernier. Ceux qui seront assez imprudents pour se rendre à ce pot devraient songer que l’adieu sera pour eux, pas pour le Daron. Il est coutumier du fait : il flingue à la bonne franquette, et jamais l'estomac vide.
A.C. :
Pour en revenir au sommet Rozalaretto, avez-vous accepté la proposition du Poupon d’une trêve interne et d’une union sacrée contre le Magyar ?
Jack :
Union ? Et faire allégeance à l’Enjôleuse ? Bernique!
A.C. :
Affronter seul le Magyar ne vous fait pas peur ?
Jack :
Il ne m'impressionne pas. J'ai ramené un stock de noix de coco de mes vacances, et j'ai eu le temps de m'entraîner à les lancer. Je ne le raterai pas.
A.C. :
Jack, nous vous remercions pour ces commentaires éclairés.

jeudi, août 31, 2006

Le discours des méthodes

Laquelle adopter pour bien apprendre à maîtriser notre belle langue ? La globale ? La syllabique ? Aucune importance, le résultat est le même. La preuve : les quelques phrases qui suivent ont été dictées en vrac à des élèves instruits selon l’une ou l’autre des deux méthodes. Bien malin qui saura les différencier !


Les vacances sont déjà finies.
L’arobe dane y est c’est courte.
Agnès aime les carottes.
L’écuisse d’Ann Yes son rose.
Elle les montre quand elle fait des pirouettes.
Le nu âge eau scie et rose.
Le martinet annonce l’orage.
Les cuillers à paire du sacre à vache.
L’écuyère a chaud car elle monte à cru.
Tue ce rat fait ses pour thon et tour de riz.
Babette aime que son cousin la baise.
Les oies au pépie.
Babette a acheté une carte postale pour son cousin.
Aile ne l’appas et cris.
Tant pis, elle l’écrira l’année prochaine.

Erratum : phrase 11 - ajouter : “sur l’ajout”.

dimanche, juillet 23, 2006

mercredi, juillet 19, 2006

Bubble Star

A.C. : Professeur Shoubidoua, pouvez-vous expliquer à nos lecteurs ce que représente cette image ?
Prof. Shoubidoua : Le document que vous avez sous les yeux est une photo prise il y a une semaine par le télescope Bubble à quelques encablures d'Alpha du Centaure. Elle représente une magnifique fessée en pleine phase d'expansion. C'est une première dans l'histoire de la science.
A.C. : Comment un tel exploit a-t-il été possible ?
Prof. Shoubidoua : Comme souvent dans l'histoire des sciences, c'est un pur hasard. Je vous rappelle que la mission initiale de Bubble est de localiser Cirrus Minor. Il y a quelques semaines, sa route a croisé celle d'un vieux navire spatial quelque peu brinquebalant, la Rossinante, lui aussi en quête de cet objet céleste. L'équipage de la Rossinante nous a convaincus que la direction à prendre était Alpha du Centaure en raison de l'orientation de l'aile du moulin. On peut dire que cette fessée s'est invitée à l'impromptu dans le programme de Bubble!
A.C. : Quels renseignements importants nous apporte ce document ?
Prof. Shoubidoua : Oh mais une infinité! Si nous commençons à mieux comprendre certains phénomènes comme les trous noirs, les naines blanches ou les géantes rouges, dans le domaine des fessées tout reste à découvrir.
A.C. : On dit parfois que pour une fessée, il n'est pas indispensable de tout découvrir ?
Prof. Shoubidoua : Tout est question d'opportunité. Pour en revenir à cette photo, ce qui est extraordinaire, c'est la richesse des couleurs. On était jusqu'à ce jour persuadé qu'une fessée était essentiellement rouge, or il n'en est rien, la gamme chromatique est très riche. Au passage, rendons hommage à l'expression populaire qui, non sans humour, désigne une fessée sous le terme de "feu d'artifesses". Autre point tout à fait remarquable : dans le coin droit de la photo est encore bien visible l'étincelle qui a mis le feu aux poudres, cela alors même que la fessée est déjà bien épanouie. Il ne manque que le son, mais nos amis des stations de radiotélescopes sont sur la brèche et il ne m'étonnerait pas que bientôt nous puissions entendre les pulsations d'une fessée aussi magnifique que celle-ci.
A.C. : Professeur, merci pour votre commentaire et votre enthousiasme.

dimanche, juillet 09, 2006

lundi, juillet 03, 2006












NAISSANCE D’UNE FESSÉE AU ZOO DE CARRESSE
En hommage à Pierre Gripari et Claude Lapointe.

L'événement est de taille, mais elle est encore tout petite : elle s’appelle Ada et pèse 350 g. Elle est venue au monde au zoo de Carresse. Commentaire de monsieur Pougachov, le directeur du zoo :
- Elle est en pleine forme, très vive. Pour le moment, elle est au biberon, car la mère est un peu fatiguée. Dans six semaines, elle commencera à manger des albicocos.
La naissance d’une fessée dans un zoo, c'est une première mondiale. Il est vrai qu’à Carresse, les conditions de vie des fessées sont particulièrement favorables à leur bon équilibre : on ne peut parler de captivité au sens strict du terme, puisqu’elles ont à leur disposition un vaste espace comprenant un plan d’eau et une île artificielle plantée d’arbres à albicocos, leur friandise préférée. Les visiteurs du zoo peuvent les admirer sans risque à condition de ne pas franchir la barrière basse limitant symboliquement leur territoire. À ce propos, rappelons l’incident qui s’est déroulé l’année dernière dans ce même zoo : un bambin ayant échappé à la surveillance de ses parents avait réussi à se glisser sous la barrière et avait commencé à explorer le territoire des fessées. Plusieurs personnes eurent tôt fait de le remarquer s’avançant inconsciemment vers le danger, mais avant même que l’alerte ne fût donnée, une imposante fessée fondit sur lui et le protégea de son aile contre les velléités éventuellement agressives d’autres fessées plus nerveuses alentour. Et elle le ramena sans une égratignure à ses parents, qui en pleuraient de joie. Sa mère confia à un journaliste :
- Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie. Un instant, j'ai craint le pire... enfin... que cette fessée... Mais, vous savez, elle l’a protégé, et elle l’a ramené avec une délicatesse incroyable. Je crois qu’il n’a pas même compris ce qui s’était passé : en tout cas lui n’a pas eu peur. Il riait aux éclats !
Elle a ajouté lors d’une autre interview :
- J’avais beaucoup de préjugés vis-à-vis des fessées, mais je me rends compte que je me trompais. Je crois même que je vais en adopter une pour la maison.
Commentaire de monsieur Pougachov :
- Les fessées ont un instinct maternel très développé. Cet incident n’a en fait rien d’étonnant. Mais il n’est pas sûr qu’un adolescent ou un adulte qui serait entré là par pure provocation s’en serait tiré à si bon compte.

Le zoo de Carresse peut s’enorgueillir de rentrer ainsi une deuxième fois dans le Livre des Records. Rappelons qu’il héberge en effet la plus vieille fessée connue au monde, Zita, qui a 178 ans. Monsieur Pougachov :
- Zita a un passé prestigieux. Elle portait autrefois le titre de “K.u.k. Tracht Prügel” (Fessée Impériale et Royale). Elle nous a été léguée par les descendants d’une famille régnante d’Europe, sous le couvert de l’anonymat, au début des années 1980. À cette époque, les fessées n’avaient pas bonne presse et beaucoup de gens se sont débarrassés d’une façon ou d’une autre de celles qu’ils avaient chez eux. Zita a eu de la chance d’arriver ici. Elle s’est très bien acclimatée et je vous assure que vous ne lui donneriez pas son âge. Mais vous ne la verrez pas. Elle se méfie des hommes depuis qu’elle a été abandonnée et ne se laisse approcher que par quelques personnes qu’elle connaît bien, et encore : elle ne se montre que si la fanfare du zoo joue la Marche de Radetzky. Rendez-vous compte que cette fessée a traversé toute l’histoire de l’Europe depuis près de deux siècles ! Mais c’est en 1848 et en 1968, lorsque les rejetons royaux s’avisèrent d’afficher leurs sympathie pour la cause révolutionnaire, qu’elle aurait le plus servi. On dit aussi qu’elle aurait enflammé certaines amours, impériales s’il vous plaît, mais ceci est une autre histoire, ajoute monsieur Pougachov avec un petit sourire entendu.

Bienvenue à Ada, et bravo au zoo de Carresse, qui, gageons-le, continuera longtemps à faire rêver petits et grands.

Nous vous rappelons que des rafraîchissements et des friandises vous sont proposés à l’entrée du zoo, près du kiosque à musique.
Merci de ne pas lancer de nourriture aux fessées.

© Amour Cuisant 2006

mercredi, juin 28, 2006

















Pas d'habit vert pour le dico rouge !

Mélie et moi espérions gagner l'habit vert : c'est un bonnet d'âne que nous a apporté le facteur.
Mais ne soyez pas jaloux, vous en aurez un vous aussi. Pour cela, asseyez-vous au fond de la classe, près de la fenêtre ouverte sur la cour et ses marronniers, et à la place de vos devoirs, griffonnez des définitions dans votre cahier. Arrangez vous pour vous faire pincer, et le tour sera joué.
Voici donc la fin, provisoire, du dico. N'oubliez pas que les autres définitions sont chez Mélie : www.meliemelo.net.

martinet : n.m. - oiseau de rouge augure.

pentatonique : adj. - qualifie une gamme ou une mélodie, ou tout autre composition musicale obtenue en combinant les sons élémentaires produits par chacun des cinq doigts de la main : "Par la fenêtre ouverte lui parvinrent les éclats de voix d'une remontrance, suivis d'un bruit de pas précipités, de chaises que l'on bouscule et qui rigolent (les chaises) : sans doute une poursuite. Puis vint un silence entrecoupé de supplications, et enfin l'écho caractéristique d'une retentissante fessée pentatonique."
(Promenades d'un rêveur solitaire - Anonyme - 1952).

périfesse de sécurité : espace entre le fesseur et sa victime. La température monte si l'espace se réduit :
«Haa je t'avais prévenue ! Tu as franchi le périfesse de sécurité. Gare à toi ingénue ! Paf ! » (Règles de bienséance en société fessière - A paraître aux Ed. 'Paint Fesses').

professé(e) : adj. - promis(e) à la fessée.

profession : n.f. - promesse de fessée.

prolifessation : n. f. (du latin proles, descendance) : multiplication, foisonnement de touchés colorants (notion de générosité).
""Ô capitaine, mon capitaine, prolifessez nous encore". (Cercle des fessées apparues).
Par ext : prolifesseur, prolixfesseur.

remontée de bretelles (loc.) - du temps des pinces crocodiles, s'obtenait en quatre petits clics, et était généralement suivie d'un baisser de pantalon.

sitôt dit, sitôt fesse : express. pop - se dit de ceux qui se laissent mener par leurs mains (cf. "La main plutôt que la fesse. Forme classique"). Dès qu'une idée leur vient, ils doivent la mettre en pratique. On les appelle aussi les pistoleros de la gafesse.

solfesse : n.m. - art de fesser en rythme : "Pour la leçon de solfesse de demain, n'oubliez pas de passer une culotte facile à baisser."

spécifessique : ce qui relève la fessée, ce qui lui est particulier.
"Ceci n'a rien à voir, Maître ! Il serait bon que vous feuilletiez le dossier de l'accusée, il est spécifessique." (Minutes du procès de l'affaire "Fesson" - 2003).
par ext : spécifessial(e) : "Je te jure... Il m'a offert une rose très spécifessiale. J'en fus toute retournée" (Le petit livre rouge).

sujet qui fesse : expr pop. - "Ne pas confondre sujet qui fâche et sujet qui fesse : Le premier tend, le second détend" (S.N.C.F ; Société Nationale de la Chatoyante Fessée : Cours magistral du jeudi, amphithéâtre 218, Théorie de 9h30 à 9h50 - Travaux pratiques de 10h à 16h)

tartifesse n.f. : spécialité savoyarde riche en calories : "Chérie, aujourd'hui je t'emmène faire une grande randonnée dans la montagne. Ce soir, étape au Refuge des Jumelles, et là, je te le promets : tartifesse!"

thé fesse : variété rouge du thé vert, obtenue par caloréfaction naturelle. Très typé, au point de désorienter l'amateur non averti, d'où la mise en garde que l'on trouve souvent sur l'emballage : "Gare à thé fesse!". La grande difficulté de sa préparation réside dans le fait que la théière ne doit pas être culottée, mais déculottée. Le thé fesse est réputé faciliter le dialogue intergénérationnel, voire parfois à le remplacer et ça commence parfois par : "Quand ton père va voir ce carnet de notes... Tu peux préparer thé fesse." jusqu'au : - Tu as vu ce champ de lin ? regarde-donc ces coquelicots et fais encore cette tête, je te parie qu'ils pourront rougir de jalousie en voyant ta peau, tes cloques, et mon licot (Le Livre de l'Amateur de Thé Fesse - Traduit du mandarin par Clémentine Sanguine).

dimanche, juin 25, 2006









Càlati giuncu
Ca passa la china


Jonc, courbe-toi

Il faut que passe la crue


Proverbe sicilien