lundi, avril 17, 2006


En Avril...
(en hommage à la Divine Comtesse et à Jacques Laurent)




Ce jour-là, Mme de Rosbourg, qui avait eu un étourdissement, choisit de rester à la maison et de se reposer. Camille et Madeleine se proposèrent pour lui tenir compagnie. Mme de Fleurville emmena Marguerite faire une promenade.

MADAME DE FLEURVILLE : Regarde, Marguerite, cette belle ferme. Nous allons nous y arrêter pour dire bonjour à nos gens.
MARGUERITE (battant des mains) : Oh, oui Madame!

Elles furent accueillies par Léontine, la fermière, qui aussitôt les fit entrer et les installa dans la cuisine.

LÉONTINE : Madame, je vais vous servir une limonade dont vous et la petite demoiselle me direz des nouvelles.
MADAME DE FLEURVILLE : C’est une bonne idée, Léontine.
MARGUERITE (en battant des mains) : Oh oui! Une limonade!

Soudain, Guillaume, le plus jeune des enfants de Léontine fit irruption dans la cuisine. C’était un garnement aux pieds nus et au museau noirci.

LÉONTINE : Vaurien, que prépares-tu encore comme bêtise ?
MADAME DE FLEURVILLE : Oh ne le grondez pas, il est si mignon. Viens, Guillaume, tu auras toi aussi un verre de limonade.
MARGUERITE (battant des mains) : Oh oui! Toi aussi!
LÉONTINE (servant un verre de limonade à Guillaume) : Madame est trop bonne.
MADAME DE FLEURVILLE : À présent, les enfants, allez jouer dehors. Mais prenez garde de ne pas vous découvrir, car vous prendriez froid. N’oubliez pas : en Avril, ne te découvre pas d’un fil.
LÉONTINE : Et ne vous approchez pas de l’étang.
GUILLAUME : Viens, Marguerite, allons jouer.
MARGUERITE (battant des mains) : Oh oui! Allons jouer!

Léontine retourna à sa tâche. Mme de Fleurville fit le tour de la ferme. Au fenil, elle trouva Mellors, l’aîné des enfants de Léontine.

MADAME DE FLEURVILLE : Mellors, comme tu es devenu grand et beau.
MELLORS : Madame, comment vous remercier de votre gentillesse ?
MADAME DE FLEURVILLE: Ferme la porte et approche, je vais te le dire.

Quand Mme de Fleurville eut remis de l’ordre dans ses vêtements, elle partit à la recherche de Marguerite : elle avait disparu.
LÉONTINE : Ce sera ce vaurien de Guillaume qui l’aura entraînée à quelque bêtise.

Mme de Fleurville et Léontine se mirent à la recherche des deux enfants. Ils les retrouvèrent à l’étang, où, malgré l’interdiction qui leur avait été faite, ils étaient en train de jouer à s’éclabousser tout nus, au risque de prendre froid.

LÉONTINE (attrapant Guillaume) : Vaurien! Je vais te fouetter!
MARGUERITE (battant des mains) : Oh oui! Le fouetter!
MADAME DE FLEURVILLE : Non, Léontine, ne le fouettez pas! Au moins cette baignade l’aura débarbouillé.
LÉONTINE : Madame, il faut pourtant que ce vaurien soit puni ?

Mme de Fleurville réfléchit un instant et ne trouva qu’un moyen d’alléger un peu la punition : dans ce cas, c’est moi qui le corrigerai.
MARGUERITE (battant des mains) : Oh oui madame! Corrigez-le vous-même!

Mme de Fleurville réfléchit à nouveau un instant, puis ajouta : Quant à vous Marguerite, je devrais vous mettre ce soir au pain sec et à l’eau pour vous punir, mais nous n’avons plus de pain sec. Aussi, une fois n’est pas coutume, vous serez fouettée par Léontine.
LÉONTINE : Madame est trop bonne.
MARGUERITE (battant des mains) : Oh oui Léontine! J’ai bien mérité d’être fouettée!

Léontine prit une jeune branche de saule et en fouetta bien Marguerite. Mme de Fleurville donna à Guillaume une bonne fessée afin qu’il ne prît pas froid.
LÉONTINE (admirative) : Ma Doué, la belle couleur! Vous l’avez bien fessé, ce vaurien!
MADAME DE FLEURVILLE : Léontine, je vois que Marguerite n’a rien à envier à votre Guillaume, et c’est à moi de vous remercier.
LÉONTINE : Madame est trop bonne.
MADAME DE FLEURVILLE : À présent, retournons tous à la ferme. Léontine nous y préparera un chocolat bien chaud.
LÉONTINE : Madame est trop bonne.
MARGUERITE (battant des mains) : Oh oui! Un chocolat bien chaud!

Le soir, après que Marguerite, bien fatiguée de cette belle journée et heureuse d'avoir retrouvé Camille et Madeleine, se fut endormie dans son lit douillet, Mme de Fleurville, en simple chemise de nuit, apporta à Mme de Rosbourg une tasse de tilleul. Elle ne lui parla pas de Mellors, car elle comptait l’aller visiter de temps à autre au fenil, et elle ne voulait pas encombrer l’esprit de son amie avec le récit des travaux de la ferme. Mais elle lui raconta la scène de l’étang pour la distraire.
MADAME DE ROSBOURG: Vous avez bien fait de punir ainsi Marguerite, une fois n’est pas coutume. Et je regrette bien de ne pas avoir été là. Cela m’aurait amusée voir de voir comment vous avez fessé ce vaurien de Guillaume.
MADAME DE FLEURVILLE : Chère amie, voulez-vous que je vous montre comment je m’y suis prise ?
MADAME DE ROSBOURG (se tournant dans le lit afin de se bien présenter à Mme de Fleurville, et battant des mains) : Oh oui! Montrez-moi!
MADAME DE FLEURVILLE (faisant passer sa chemise de nuit par dessus sa tête) : Permettez moi, je serai ainsi plus libre de mes mouvements.
MADAME DE ROSBLOURG : Ne me faites pas tant languir!
MADAME DE FLEURVILLE (rejetant drap et couverture, et dénudant les belles fesses de son amie) : Ainsi! (une claque légère) Ainsi! (un peu plus fort) Et encore ainsi! (levant bien haut la main) Et là, et ici!
MADAME DE ROSBOURG : Oh comme vous fessez bien! (Se retournant et ouvrant les bras) Mais imprudente que vous êtes, c’est vous qui allez prendre froid. Venez, je vous en prie, venez vite vous mettre au chaud.
MADAME DE FLEURVILLE (souriant et se glissant au côté de Mme de Rosbourg) : Oui, mon amie. À vous à présent, de me montrer comment donner...
MADAME DE ROSBOURG (soupirant) : ...des caresses et des baisers.

© Amour Cuisant 2006

7 commentaires:

Kochris a dit…

Que voilà un mois d'avril fort plaisant !!! Je ne me rappelai plus ce passage si agréable ...

amourcuisant a dit…

Kokine, vous si gourmande, vous espérez nous faire croire que vous ne vous rappelez plus ce passage où il est question de chocolat ?

Kochris a dit…

Certes, je suis gourmande et j'adore le chocolat ...
Je me souviens bien de certains passages mais .... pas de l'épisode entre Mme de Fleurville et Mme de Rosbourg ...
Je crois que je vais devoir relire mes classiques !!!

amourcuisant a dit…

Vous n'en avez rien su parce-qu'elles avaient pris soin de fermer la porte de la chambre.

Kochris a dit…

Bon sang, mais c'est bien sûr !!!
C'est évidemment pour cette raison, les cachottières ....

amourcuisant a dit…

Kokine, je vous ai déjà dit de ne pas essayer de regarder par le trou de la serrure!

Kochris a dit…

Bah pourquoi ??? Si il y a des choses interessantes.... Pourquoi j'aurais pas le droit de voir, d'abord !!!!