lundi, décembre 31, 2007

Flash-back et colin-maillard




Plus de dix ans déjà que Liz découvrait les joies de colin-maillard. Oui, vous l'avez dit, le temps passe un peu trop vite.
Alors, il est le temps que vous organisiez une partie, histoire de mettre de l'ambiance sous le gui.
Les nouvelles règles du jeu sont détaillées ci-contre. Il vous suffit de cliquer sur l'image.

Bon Réveillon !

Et merci au magazine Elle pour son humour, pour la qualité de ses articles de fond et pour la beauté de ses photos :-)

dimanche, décembre 30, 2007

L'heure bleue

Voici venue l'heure bleue.
Bleue comme l'année qui tire à sa fin.
Bleue comme la Terre du poète.
Bleue comme l'humeur de ces deux vieux lions solitaires, perdus dans leur vie et dans la grande ville, à la recherche d'un Bar à Gazelles.
Bleue comme les oranges de Tintin.
Bleue comme la note du pianiste, qui répète dans la salle encore à peu près vide, sans remarquer la femme assise à une table et qui l'écoute, qui l'écoute...
Bleue comme la mer sous le ciel glacé de l'hiver.
Bleue comme le souvenir d'un baiser trop rapide pour être jamais oublié, un soir d'hiver, au cœur d'une ville d'un autre siècle.

Pour votre santé : sautez, dansez, embrassez qui vous voulez.

© Amour Cuisant Blue Note 2007

Photographie : ?

lundi, décembre 24, 2007

Le temps des bulles

"L'amour, mon vieux,
C'est tout comme

Du bubble, bubble gum."

Serge Gainsbourg

Voici venu le temps des bulles, et l'occasion de leur rendre hommage.
N'étant pas enclin à la fainéantise, enfin juste un peu, nous ne ferons que citer la bulle que l'on coince.
Nous laisserons la bulle phylactère aux férus de B.D., et la bulle papale aux dévots, vrais ou faux.
Nous en arrivons à la bulle de savon. Magique, elle naît d'un souffle. Elle apparaît, solitaire ou en chapelet, au bout d'un calumet de plastique coloré.
- Papa, j'y arrive pas...
- Donne-moi ça. Là, regarde. Il ne faut pas souffler trop fort.
- OUAHHH ! La belle ! Regarde, regarde, regarde ! Et là, toutes les petites !
Irisée, elle flotte comme une pensée joyeuse, elle fait le tour de la cuisine. On attend l'inévitable accident, le frisson, la rencontre avec l'iceberg qui la fera éclater. C'est un frisson gratuit. Nulle vaisselle ne sera cassée, et aussitôt on pourra recommencer. Et s'il fait beau, pourquoi ne pas aller dehors ? Dans le jardin, la bulle de savon s'échappe vers la liberté, comme un oiseau s'envole de la cage ouverte. Elle hésite, échappe aux épines du rosier, se laisse attirer par le bleu du ciel.
- Elle monte elle monte elle monte ! On la voit plus ! Elle est aussi haut que les avions ! À moi, donne !
- Attends, voyons ce que sait faire maman.
- OUAIS ! À toi m'man !
La bulle de savon est propice à l'harmonie familiale, aux jeux et aux ris. Bref, la bulle de savon, vous l'aurez compris, a toute notre sympathie.

Peut-on en dire autant de la bulle suivante ? J'ai nommé, la bulle de bubble gum. Celle-là, c'est un drôle de numéro. Elle est sans fioritures, pas question de nuances irisées dans son cas. Et pourtant, elle se mérite. Il faut en mâcher, des bubble gum, il faut en passer, du temps à faire de misérables petits pets du bout de la langue, avant d'arriver enfin à la PREMIÈRE BULLE RÉUSSIE. Cette première bulle a valeur initiatique. Il y a la vie avant et après la première bulle. Avant, on se dit, "coûte que coûte, j'y arriverai". Parfois on désespère, "il faut se rendre à l'évidence, c'est trop difficile." Jusqu'au jour, jusqu'au moment où enfin, ça marche ! Que dire de ce que l'on éprouve à ce moment-là ? Sans doute ce que l'apprenti sorcier éprouve lorsqu'il réussit son premier sortilège. On recommence, pour être sûr que l'on maîtrise vraiment enfin la chose. Pas de doute. Cette fois, on sait. Dès lors, nul besoin de pratiquer en permanence cet art nouvellement acquis. Il suffit de savoir que l'on sait, que l'on peut, le moment venu, faire une bulle. On sais, on peut, si les circonstances l'exigent, la faire gonfler comme la grenouille de la fable. Faire gonfler la grenouille rose jusqu'à éclatement : tel est notre nouveau pouvoir. Autre chose. On a bien remarqué que cet art suscitait la désapprobation de notre entourage. La bulle de bubble gum est une provocation. Elle est impertinente. On peut imaginer que si l'insolence décidait un jour de se faire bulle, nul doute, elle choisirait la bulle de bubble gum. Nous tenons là un moyen d'exprimer l'insoumission et la révolte. Un moyen beaucoup plus aisé à mettre en œuvre que le déploiement d'un encombrant drapeau rouge ou noir sur la marmite. Et attention, on ne plaisante pas ! On tient là une arme véritable. On n'est plus dans le monde du pistolet à bouchon : c'est de pistolet à plomb dont il s'agit. Car la bulle de bubble gum peut blesser. On apprend vite à quel point, bien utilisée, elle peut faire rapidement monter la pression. C'est un fleuret non moucheté. Il y a parfois danger à l'utiliser, et ce danger fait toute sa saveur, toute sa valeur. Il faut être subtil, savoir ne pas aller trop loin. Cela requiert la finesse et l'audace d'un pilote de Formule 1. Et gare à celle ou à celui qui appuiera trop sur le champignon, qui ne saura pas négocier le traître virage. La bulle de bubble gum, ronde pâleur rose. L'éclatement de trop, ce bruit de claque sur une peau nue. On a là tous les éléments susceptibles de suggérer, voire, fuyons s'il en est encore temps, de provoquer une réaction qui fera écho en tout point à l'action. Mais que serait la bravoure sans l'odeur de la poudre ? Quand on vous disait qu'on jouait là aux apprentis sorciers. Et bien plus tard, on saura rappeler à l'amoureuse les dangers du bubble gum. Des dangers, allez savoir comment, devenus délicieux.

Nous ne nous quitterons pas sans que je vous souhaite à toutes et tous une Joyeuse Fête de Noël, avec beaucoup de chaleur et d'amour. Soyez prudents si vous décidez d'utiliser malgré tout un bubble gum.
Et à présent, place aux bulles de nos vins de Champagne !

© Amour Cuisant 2007
Photographie : American Apparel

jeudi, décembre 20, 2007

Comme une femme exactement

Il y a bien longtemps que je n'avais écouté une chanson de Dylan. Et voilà l'autre jour que passe à la radio "Just like a woman". Cette chanson, dans mon souvenir, comme sans doute dans celui de bien des gens de ma génération, I'm talkin 'bout my ge- ge- ge- generation, c'est blonde sur blonde en vinyl noir et la tignasse de Dylan sur la pochette. La voix qui la chantait à la radio était reconnaissable entre toutes, et ce n'était pas la voix d'une blonde. Celle qui chantait, j'oserais dire qu'en France, on se sent tous un peu partie de sa famille. C'est vrai : on a connu sa maman il y a si longtemps, quand elle a débarqué avec ses jupes bohème, ses paniers en osier, son accent délicieux, sa bonne humeur communicative et cet art si rare de savoir ne pas se prendre trop au sérieux. Et son papa, le Musicien Perdu dont les chansons en accords mineurs sont depuis si longtemps sur les rayons de nos émotions musicales majeures. On la connaît depuis qu'elle est bébé, depuis qu'elle était haute comme trois pommes. Y faudrait pas que ça grandisse ? Eh bien, si, elle a drôlement bien fait de grandir, Charlotte. Actrice, elle joue bien. Et chanteuse, elle chante bien. "Just like a woman", elle la chante comme la fille de Serge et Jane qu'elle est. Elle la chante tout simplement, l'air de ne pas y toucher. Et on se dit en l'écoutant : "Bon Dieu, mais c'est bien sûr ! C'est comme ça qu'il fallait la chanter !"
Résultat des courses : je me suis précipité chez mon disquaire préféré, et je me suis offert la B.O. du film de Todd Haynes, "I'm not there". Et depuis, je me passe en boucle "Just like a woman". Oh, le reste du double album vaut le détour. Juste avant Charlotte par exemple, il y a Sufjan Stevens, qui interprète "Ring them bells" comme en léger différé d'une soucoupe volante planant dans une galaxie parallèle. Mais la meilleure, et de très loin, c'est elle. C'est Charlotte.
Qui chante comme une femme exactement.

Photographie : Mario Sorrenti

dimanche, décembre 16, 2007

Cette fois, il fait vraiment frisquet !

N'oublie pas ton cache-col !


Que je ne t'y prenne pas à sauter dans les flaques...

C'est par les pieds qu'on attrape le rhume de cerveau.

Photographie : Ellen von Unwerth

jeudi, décembre 06, 2007

Éloge de l'éloge

En ce jour de Saint-Nicolas, le débat fait rage sur les ondes et dans les journaux de France : pour ou contre la fessée ? On peut dire que l’Union des familles en Europe a bien choisi son jour pour publier son étude. Le Père Fouettard va être tellement occupé à faire sa revue de presse qu’il va en oublier d’aller distribuer ses coups de martinet. C’est toujours ça de gagné !
Mais ce n’est pas de cette fessée-là que je veux parler. Je veux bien sûr parler de l’autre, celle dont un jour Jacques Serguine a fait l’éloge. J’ai lu à propos de son livre une intéressante critique chez
  • Écrits Pourpres.
  • Intéressante, mais me semble-t-il bien sévère. Vous me direz que c'est la moindre des choses d'être sévère lorsque l'on critique l'éloge de la fessée. Tout de même, j'ai eu envie d’y répondre par quelques commentaires. Après tout, le jour semble bien choisi. La première fois que j’ai entrevu le livre “Éloge de la fessée”, c’était sur un tourniquet de librairie de gare, il y a bien longtemps. J’étais fort jeune à l’époque. Il s’agissait de l’édition de poche, celle qui a en couverture la très belle photo de Walter Carone. Je n’en ai pas cru mes yeux. Est-ce que j’avais bien lu le titre ? Je savais qu’il existait un “Éloge de la folie”, mais de la fessée ? Il faut dire que, n’en déplaise aux pycho-quelque-chose de tout poil et de tout acabit, et tant pis pour la bien-pensance, j’ai cette fascination pour la fessée en moi depuis l’enfance. Et que depuis l’enfance j’éprouve un trouble délicieux à la croiser dans un livre, au détour d’une page. Bon, à cette époque, je n’étais plus un enfant, je vous rassure. J’étais étudiant. Et jusqu’à ce jour, je n’avais fait avec la fessée littéraire que des rencontres très fortuites et très limitées. Je m’étais promis mille délices de la lecture de Sade et de Pauline Réage : je me suis vite rendu compte que j’avais frappé à la mauvaise porte en ouvrant leurs livres, lesquels me sont rapidement tombés des mains. Non, je ne cherchais pas de donjons, de chaînes ou de fouets. Je ne cherchais qu’un retroussis de jupes et un joli derrière rosissant sous quelques claques sonores et joyeuses. Mais il fallait bien se rendre à l’évidence : il était plus facile de trouver dans la littérature l’ombre des donjons et le cuir des fouets que l’éclat printanier d’une fessée champêtre. Tout simplement, je ne cherchais pas au bon endroit, mais cela évidemment, je ne le savais pas encore. Bref. Donc, l’Éloge de la fessée. J’ai fini bien sûr par oser l’acheter. Et cette fois, le livre ne m’est pas tombé des mains. Certes, l’auteur a ses côtés agaçants, et je n’ai jamais partagé son goût de la systématisation de la fessée. J’aime trop la fessée improvisation, la fessée jazz, pour admettre que la fessée devrait avoir son jour, comme le poisson. Mais il n’empêche. Ce livre contient quelques passages admirables. La fessée nocturne de Michèle en est un, sans doute mon préféré. Plus loin, les considérations gourmandes sur le déculottage sont un régal : ce pantalon qui évoque “une pâtisserie, mélange indécis et imprécis de sorbet et de tarte couverte à l’italienne.” Le pantalon sera baissé, la culotte aussi, et à la fin, le derrière de Michèle aura pris “la couleur émue, veloutée et brûlante d’une framboise claire dans le soleil.” Non, je n'ai pas adopté la méthode proposée. Mais oui, j’ai pris un très grand plaisir à sa lecture. Serguine a beaucoup écrit, et parmi ses érotiques, les deux derniers parus me semblent pour le moins sujets à polémique, puisque s’y court-circuitent deux univers qui n’étaient pas destinés à se rejoindre, celui justement de l’Éloge, et celui de fantasmes sans doute venus de fort loin (peut-être de fort lointaines blessures ?), et qui avaient été exprimés avec talent dans “Cruelle Zélande” ou dans “Délit du corps”. Mais c’est là une autre histoire.
    Et puis, ne doit-on pas être reconnaissant à Serguine de s’être mouillé le premier ? Car à l’époque, la fessée littéraire n’était pas encore à la mode, loin s’en faut. Elle était reléguée sous le manteau, et Pierre Mac Orlan n’a pas été le seul à en parler avec art, mais sous pseudo. Pour Joë Bousquet, combien a-t-il fallu attendre avant que ne soit enfin publié “Le cahier noir”, pourtant un texte magnifique, mais qui semble-t-il était entaché pour les ayants droit d’une suspicion de... De quoi au fait ? De ridicule ? D’infantile ? D’inadmissible ? D’innocence trop manifeste pour être littérairement bien portée ? Alors oui, on peut être reconnaissant à Serguine de s’être mouillé, de s’être livré aussi intimement. D’avoir réussi à publier un livre qui porte un si joli titre. Et lui être reconnaissant aussi de l’objet lui-même, car avant même d’être ouvert, ce livre est une curiosité qu’il m’enchante toujours autant d’entrevoir dans un rayon de librairie, sous l'un de ses trois habits.

    jeudi, novembre 29, 2007

    Quand Freddy est parti...

    C'était un jour gris et pluvieux. Il paraît que le soir, il avait rendez-vous à l'Olympia. Il faut croire qu'il s'est trompé de porte, qu'il a poussé celle de l'Olympe, question de voir s'il pouvait faire danser les déesses.
    Ses chansons étaient inclassables et envoûtantes. Et au rayon des beaux souvenirs, je lui dois quelques fous rires, quand avec un de mes fils, alors à l'âge des comptines, on chantait sans se lasser "Andy".
    Merci Freddy d'avoir inventé la Comptine Rock. Et ne t'en fais pas, on peut compter sur Catherine pour faire danser l'Olympia.


    vendredi, novembre 23, 2007

    Invitation à la pénitence

    - Sortez, mademoiselle, vous n’êtes qu’une insolente, et nous en reparlerons ce soir, après l’étude.
    Maud Sacquard de Belleroche - L'ordinatrice ?

    Photographie : ?

    vendredi, novembre 16, 2007

    video
    Cinéma Aware :
    Art & Jean-Claude
    ou Jean-Claude & Essai ?


    - L’amour n’aime pas le demanding.

    - T’as pas besoin d’un flash quand tu photographies un lapin qu’a déjà les yeux rouges.


    Jean-Claude Van Damme (apocryphe ?)

    P.S. Jean-Claude, tu ne pourrais pas faire un petit saut dans ce vlakke land qui est le tien, juste le temps d'apprendre aux belges à être aware, zen, et à ne pas trop se prendre au sérieux, comme toi en somme, pour qu'enfin ils se décident à vivre ensemble, flamands et wallons, main dans la main ?

    dimanche, novembre 11, 2007

    La bonne...
    Spanking the maid - Manugirofla stellata ancillare americana

    Madame est servie - Manugirofla stellata ancillare gallica
    ... fessée !

    La fessée ancillaire n'a pas bonne presse : elle évoque encore un cortège d'abus intolérables des classes dominantes (le droit de cuissage n'est pas si loin), voire la dialectique du Maître et de l'Esclave. Nous osons prétendre pour notre part qu'il est temps de considérer la fessée ancillaire avec légèreté, bref, qu'enfin Hegel cède le pas à Robert Lamoureux !
    Et pour cela, inspirons-nous de cet épisode coloré emprunté à la vieillesse de Victor Hugo, qui, nous le savons, ne cultivait pas que l'art d'être grand-père :
    Chaque soir, au moment de desservir la table du dîner, la petite bonne, une brunette piquante et malicieuse, s'approchait de la place du grand homme et lui lançait sur un ton gouailleur : "Totor, il est l'heure d'aller au lit!" Elle accompagnait ces mots d'un petit coup de plumeau sur le nez du noble vieillard, ce qui avait pour conséquence immanquable de le faire éternuer. Un soir, la scène se produisit en présence d'invités. Après avoir une fois encore éternué, l'écrivain quelque peu courroucé eut une inspiration soudaine. Il se leva et entraîna la petite bonne dans un boudoir contigu. Il prit soin de refermer la porte, mais selon les dires des témoins présents ce soir-là, les éclats qui parvinrent à leurs oreilles furent sans équivoques : la petite bonne se vit offrir une retentisssante manugirofla stellata ancillare splendida, suivie selon toute vraisemblance d'une étreinte consolatrice. Et à en croire d'autres témoignages, cette réaction fut loin de mettre un terme à l'insolent coup de plumeau vespéral, dont le rituel au contraire se poursuivit chaque soir, mais désormais chaque soir suivi par une fessée ancillaire méritée, et à l'évidence désirée.

    Le saviez-vous ? Lorsque, cheveux et vêtements encore en désordre, ils ressortaient du boudoir après ces séances vivifiantes, Victor Hugo avait coutume de déposer un affectueux baiser sur la joue de la petite bonne. Puis il s'emparait lui-même du plumeau, en donnait un petit coup sur le nez de la belle enfant, et, si des invités étaient présents, les prenant à témoins, il lançait sur un ton badin en agitant le chatouillant trophée : "Une bonne fessée n'a jamais fait de mal à personne, pusiqu'elle est désarmée !"
    Comme on le sait, la première partie de cette phrase est devenue une expression à part entière et a fait flores. Mais qui sait encore la replacer dans son contexte d'origine ?

    Sources :
    Manugirofla stellata ancillare gallica a été photographiée par Byron Newman.
    Les deux illustrations sont extraites de l'excellent ouvrage :
    "Quelle est donc cette fessée ?" - Rose Alarète- Éditions des Cinq Pétales - 1964

    Le texte sur Victor Hugo est bien sûr emprunté à :
    "Les vies des hommes illustres" de Plutarque - Édition revue et augmentée, publiée par les Petits Imposteurs Réunis en 1953.

    © Amour Cuisant Amusant et Intéressant 2007

    dimanche, octobre 21, 2007

    Rêverie dominicale

    Aimez-vous le passé

    Et rêver d'histoires

    Évocatoires

    Aux contours effacés ?

    Paul-Jean Toulet - Les contrerimes
    Photographie : Sol Sanchez & Boris Ovini

    mercredi, octobre 17, 2007

    7 fois

    Je caresserai ton épaule
    Je te chuchoterai un secret à l'oreille
    Je déposerai un baiser sur ta joue
    Je tournerai ma langue dans ta bouche
    Je ferai sonner ma main sur tes fesses
    Je poserai mes lèvres sur ton ventre
    Je serai à bout de ton souffle

    Pour le 17 Octobre

    © Amour Cuisant qui aime bien de temps en temps écrire des poèmes comme un collégien

    samedi, octobre 06, 2007

    Fruits rouges à la carte

    À la Fille des Îles

    Ils sétaient retrouvés au port de plaisance. Il l’avait embrassée sur la joue, bonjour, et l’avait prise par le bras pour une promenade. C’était une après-midi de fin septembre. Le vent faisait claquer les haubans des voiliers, et une bruine légère embrumait l’air. Elle avait troqué la robe d’été et les sandales pour une marinière, un jean et des baskets. Ils s’arrêtèrent. Il fit face à elle. Il se rendit compte que cette fois, il était bel et bien tombé amoureux. Il lui caressa la joue, écarta de son front une mèche de cheveux humide :
    - Tu es très belle dans cette tenue. Tu as l’air si sage. Cela donne envie de te délurer.
    Elle sourit. Il se pencha vers elle, l’embrassa à nouveau sur la joue, trouva ses lèvres, et le baiser devint moins sage. Il le va les yeux vers le ciel gris :
    - On ferait mieux de chercher un abri avant que tu n’étrennes la saison des rhumes.

    Ils se réfugièrent dans une crêperie déserte. Une serveuse à l’air fatigué vint prendre la commande. Ils attendirent leurs crêpes en buvant l’obligatoire bolée de cidre (brut). Ils se souriaient, parlaient pour ne rien dire. Ils en étaient juste à s’avouer qu’ils commençaient à avoir faim quand la serveuse revint en portant deux vastes assiettes. Citron pour mademoiselle, muroise et frangipane pour monsieur.
    Avant d’attaquer, il lui proposa de goûter un morceau de la sienne. Il lui tendit la fourchette, elle se pencha à travers la table, se laissa donner la becquée.
    - Délicieux.
    - N’est-ce pas ? Je ne devrais pas t’avouer cela, tu vas me prendre pour un idiot, mais j’ai longtemps cru que la muroise était vraiment un fruit à part entière, comme les groseilles ou les myrtilles.
    - Oh mais moi je croyais bien que le sirop de grenadine était fait avec des grenadines.
    - Vraiment ? Je n’étais donc pas tout seul ? Tu me rassures. Tu sais
    quoi ?
    Elle attendit la suite, la fourchette suspendue à mi-course.
    - Je nous verrais bien aller tous les deux faire une récolte de mûres le long d’un petit chemin de campagne
    - J’adorais ça quand j’étais gamine. Une fois, j’ai même fait l’école buissonnière pour aller à la cueillette des mûres. J’ai pris bien soin de ne pas tacher mes vêtements, mais j’ai finalement été trahie par mes lèvres de schtroumpfette.
    - Alors nous jouerons ensemble à l’école buissonnière. Et on se fera une tarte aux mûres... je ne te dis que ça !
    - D’accord. Mais je dois te prévenir qu’avec moi, pour la tarte, ce n’est pas gagné. Il y a de fortes chances pour que la récolte soit mangée avant que nous soyons rentrés.
    - Oh mais je veillerai au grain. Tu seras rationnée.
    - Et comment feras-tu pour m’empêcher de passer outre ton rationnement ?
    Elle avala sa bouchée et attendit la réponse, un sourcil levé.
    - Je trouverai bien un moyen. Par exemple, une baguette de noisetier fera très bien l’affaire.
    - Quoi ? Tu me fouetterais ?
    - Bien sûr ? Tu vois une autre solution plus simple et plus naturelle pour t’aider à rester dans le droit chemin ?
    - De toute façon, avec mon jean, je ne sentirai rien.
    - Ah mais j’ai oublié de préciser que tu seras en robe.
    - En robe ? Mais je vais m’égratigner les mollets dans tous ces ronciers !
    - Justement. J’ai envie de voir tes mollets égratignés.
    - Monsieur, permettez-moi de vous dire que vous êtes fou.
    - C’est oui ? Demain ?
    - C’est oui. Mais s’il pleut, et j’espère qu’il pleuvra, je mets mon jean, un ciré et des bottes en caoutchouc.
    - Cela peut aussi avoir son charme.
    Elle sourit en finissant sa crêpe, et la bouche pleine :
    - J’ai encore faim. Et tu ne vas pas le croire, mais j’ai du mal à me réchauffer.
    - Attends un peu.
    Il sortit un stylo, saisit la carte, y écrivit quelque chose avant de la lui redonner.
    - Que dirais-tu de cela ?
    Elle parcourut la carte des yeux, trouva son écriture, rougit un peu, releva les yeux vers lui :
    - Tu crois que ce serait raisonnable ? Ce n’est pas un peu trop calorique ?
    - Il faut que tu prennes des forces pour pouvoir marcher longtemps demain.
    - Oui, mais attends, il n’y a pas le prix ?
    - C’est normal. C’est un plat chic. On n’indique pas le prix. De toute façon, il va de soi que c’est moi qui régale.
    Elle réfléchit quelques instants, puis :
    - Bon, d’accord. Mais c’est moi qui fournit les pommes d’amour.
    - Tope là. Je t’emmène chez moi. Nous serons mieux pour la dégustation.
    Elle s’était déjà levée :
    - Vite, tu m’as mis l’eau à la bouche...

    La grand-mère était accompagnée de ses petits-enfants, un garçonnet et une fillette. Tous trois s’installèrent, visiblement ravis d’être ici. Chacun eut droit à une bolée de cidre (doux). On se mit à étudier la carte, les enfants penchés tous deux sur la même (mais on aura une crêpe chacun hein, dis, grand-mère ?) tandis que la grand-mère commençait la lecture de la sienne. Soudain, le garçon se mit à pouffer et à pousser la fillette du coude. Celle-ci porta la main à sa bouche pour étouffer un rire à son tour. Sa grand-mère ne put que remarquer le manège :
    - Eh bien mais qu’est-ce qui est si drôle sur cette carte ?
    Les enfants répondirent par un brouhaha de paroles incompréhensibles.
    - Ma parole, mais qu’est-ce que vous racontez ?
    Elle s’empara de la carte. La lut un moment. Eut un haut-le-corps. Se tourna, héla la serveuse, qui, l’air toujours aussi fatigué, s’approcha nonchalamment. Les deux enfants étaient cette fois en plein fou rire. La grand-mère donna un petit coup sur la table avec la carte, parvint à garder son sérieux :
    - Vous deux, ça suffit. Calmez-vous, sinon je vous en commande une pour chacun.
    Puis, elle tendit la carte à la serveuse, avec ce commentaire aussi elliptique que désapprobateur :
    - Mademoiselle ! Tout de même...
    La serveuse prit la carte sans comprendre.
    - Lisez, mademoiselle, lisez, je vous en prie...
    La serveuse lut. Soudain ses yeux s’écarquillèrent, sa bouche fit un “O”. Là, sur la carte, tout en bas, en dessous de la familière et rassurante Crêpe Flambée au Grand Marnier, figurait une ligne manuscrite aussi nouvelle qu’incongrue :

    Fessée Buissonnière servie brûlante sur Pommes d’Amour

    Elle eut un instant de doute absurde : est-ce qu’on sert cela, vraiment ? Elle fut presque déçue en revenant à la raison.
    - Madame, je suis désolée, c’est... c’est une plaisanterie, quelqu’un se sera amusé... voyez : il n’y a pas de prix.
    Elle posa précipitamment la carte sur une table voisine, comme si elle lui brûlait les doigts, et en tendit une autre à la cliente.

    Au moment de quitter la crêperie, la grand-mère fit un petit signe à la serveuse. Celle-ci approcha. La grand-mère lui glissa un billet dans la main :
    - C’est pour vous.
    Sans attendre de remerciement, elle tourna les talons, poussant les enfants vers la sortie. Puis elle s’immobilisa, demanda aux enfants d’attendre un instant, revint sur ses pas, alla jusqu’à la table où se trouvait la carte scandaleuse, s’en saisit, et dit à la serveuse :
    - Si vous permettez, je l’emporte. Cela vous évitera des ennuis.
    Pour toute réponse, la serveuse eut un imperceptible haussement d’épaules et un léger sourire égaré.
    La grand-mère conclut avec un clin d’œil :
    - Et puis tout compte fait, je la trouve amusante, cette carte.

    © Amour Cuisant 2007

    jeudi, octobre 04, 2007

    Vous aussi, redécouvrez les joies de la téléphonie à l'ancienne.
    C'était un communiqué de l'A.I.T.S.F.P.C.C. (*)
    (*) Association pour l'Interdiction des Téléphones Sans Fil et des Portables dans les Chambres à Coucher.

    samedi, septembre 22, 2007

    Un p'tit coin d'paradis

    - Allez, Tonton Georges, te fais pas prier... Laisse tomber ton vieux parapluie et viens sous mon umbrella. Tu n'perdras pas au change, pardi !

    dimanche, septembre 16, 2007

    Donnons à ces fesses ce qu'elles méritent !

    Et voilà, ça y est. Ou plutôt, comme on dit par chez moi, 'a y est. Oui, parce-que par chez moi, on ne dit pas ça y est, mais 'a y est. De même que l'on ne demandera pas "Alors, ça y est ?", mais "Alors, 'a y est ?". Bon, l'heure passe, et je digresse, je digresse. Donc, ' a y est. Je m'étais pourtant promis que désormais, ce blog allait prendre de la hauteur. On ne traiterait plus ici de trivialités, mais de grands débats de société, de questions existentielles. La preuve en est que, pour aujourd'hui, j'avais initialement prévu une discussion sur le thème : les valeurs culturelles du rugby ont-elles meilleur goût quand elles sont mélangées à de la pâtée pour chat ? Et puis ce n'est pas tout. Je voulais vraiment tout changer, y compris le décor. Par exemple, la banquette en moleskine sur laquelle vous avez pris place, je voulais la remplacer par deux fauteuils club en cuir. Bref, vous l'aurez compris, je voulais prendre un nouveau départ. Et voilà que...
    Voilà tout simplement qu'il y a quelques jours, j'ai fait la connaissance de monsieur Fleming. Monsieur Fleming est BI à la BBS. Bottom Inspector à la British Bum Society. Inspecteur du Siège à la Société Britannique de Rétrodiffusion. To make a long story short, comme dirait ce cher inspecteur, nous bavardons, il me parle de son métier. Je fais preuve d'enthousiasme. Il me déclare qu'il me trouve sympathique et me propose rien moins que l'accompagner dans une de ses missions.
    Dieu sauve la Reine !
    Imaginez un matou plein de bonnes résolutions, bien décidé à ne plus céder au péché de gourmandise, prêt à se contenter d'une simple ration quotidienne de pâtée, à la rigueur mélangée aux valeurs culturelles du rugby. Oubliez une jatte de crème fraîche bien pansue sur la table de la cuisine. Le matou fait semblant de dormir près du four où cuit la tarte aux pommes. Sortez de la cuisine. Que se passe-t-il ensuite ?
    Eh bien j'ai sauté à pieds joints dans la jatte, voilà ce qui s'est passé. Au diable les bonnes résolutions ! J'ai accompagné monsieur Fleming. Il m'a fait une brillante démonstration de son savoir-faire, mais aussi de son savoir-vivre, puisqu'il a offert à une belle passante un pantalon en toile de Nîmes d'une marque dont la devise mérite assurément d'être gravée au fronton de nos imaginations : "Donnez à vos fesses ce qu'elles méritent !" Monsieur Fleming m'a autorisé à garder quelques images de ces agréables moments. Résultat des courses : pas de discussion sur les valeurs culturelles du rugby, sont-elles meilleures en sandwich ? À la place, vous aurez droit au
  • petit film
  • que j'ai ramené de cette journée. Que voulez-vous, on ne se refait pas. Il m'a bien fallu l'admettre.

    dimanche, septembre 09, 2007

    La bonne surprise de l'été

    Un jour ou l'autre, il faudra qu'il y ait la guerre
    On le sait bien
    On n'aime pas ça, mais on ne sait pas quoi faire
    On dit : "C'est le destin"

    Tant pis pour le Sud
    C'était pourtant bien
    On aurait pu vivre
    Plus d'un million d'années
    Et toujours en été
    Nino Ferrer - Le Sud

    C'est le Sud. Et depuis plus de trente ans, il y a la guerre. La guerre orage, la guerre fantôme, la guerre cachée, la guerre tant pis. Est-ce parce-que les hommes ne sont que des invités, est-ce parce-que ce sont des femmes qui nous guident dans les rues de Beyrouth que l'on parvient à l'oublier ? Les rues de Beyrouth sont italiennes. La langue de Beyrouth pare son arabe de mots latins, balises rouges et vertes d'un chenal ouvert sur le passé, qui nous rappellent que le Liban a été notre cousin insouciant. Nous rappellent que pour n'être plus insouciant, le Liban est toujours notre cousin. On se dit indifféremment bonjour ou sabâh el kheîr. Les demoiselles sont des donzelles, le rire et l'amitié aident à supporter les peines d'amour, l'amour joue à cache-cache. Le caramel les rend belles. Le caramel nous rend gourmands.

    jeudi, juillet 26, 2007

    Halte aux coups de soleil !

    Un moyen simple de prévenir les coups de soleil est de rougir énergiquement à la main la zône à protéger en priorité, selon les indications de l'illustration ci-dessus. Le soleil arrive, bien décidé à darder ses rayons sur la zône en question. Oui, car le soleil, qui est très coquin en été, commence TOUJOURS par essayer de darder sur cette zône avant toute autre. Mais là - surprise ! - il constate que la zône est déjà bien rougie. Il se dit : "Pas de doute, je suis déjà passé par là. Comment ai-je pu oublier ? J'aurais dû me coucher plus tôt hier soir." Et hop ! Le tour est joué : le soleil renonce à darder et file proposer un rendez-vous à la lune pour se donner une contenance.

    Amusant et intéressant : Notez bien que cette ruse innocente et communément pratiquée explique pourquoi le soleil se couche de plus en plus tôt à mesure que passent les jours d'été.

    © Amour Cuisant Amusant et Intéressant 2007

    mardi, juillet 24, 2007

    Du renfort !

    - Où allez-vous d'un pas si alerte ?
    - Nous allons donner des coups de main - nous ne vous dirons pas où - à la fière phalangette des lectrices d'Amour Cuisant.

    samedi, juillet 21, 2007


    Lettre à la lectrice et au lecteur

    Voilà un an et demi que je blogue et déblogue sur ce blog. Le temps, pourquoi pas, de se poser cette question : chère lectrice, cher lecteur, qui es-tu ? Car après tout, ce blog, s'il blogue, c'est avant tout pour toi.

    D'abord, tu es PEU NOMBREUX. Oui, je l'avoue, j'ai cédé au péché d'orgueil, et j'ai consulté en douce un de ces petits détectives électroniques qui vous soufflent à l'oreille le nombre de visites quotidiennes sur votre site. Bon, disons que ce nombre est assimilable à une poignée et que nous sommes loin de la phalange. Moi qui, en commençant ce blog, me voyait déjà surfant sur la vague du succès, invité dans de prestigieuses émissions de télévision... Non, pas Beigbeder, encore moins Ardisson... Moi, j'aurais bien aimé Radioscopie... Cette musique, vous savez, la flûte traversière insouciante et élégante... "Radioscopie... Amour Cuisant... Jacques Chancel"... Cela aurait commencé par quelque chose du genre : "Amour Cuisant, étonnante réussite que la vôtre : en quelques semaines, vous êtes devenu mondialement connu, et consécration suprême, vous êtes cette semaine en couverture du magazine Time..." Et pour conclure,
    bien sûr : "Amour Cuisant... Et Dieu, dans tout ça ?" Bon, je dois bien admettre que je ne suis toujours pas en couverture de Time, et que la réussite est confidentielle. Je rêvais de t'offrir une cathédrale, et je n'ai à te proposer que la petite église qui se tait et qui dure. Donc, tu es peu nombreux. Disons même que tu es RARE. Donc tu es PRÉCIEUX.

    Ensuite, tu a de la CONSTANCE. Car il en faut, pour continuer à pousser la porte de cet endroit, alors qu'on ne sait jamais ce qu'on va y trouver. Que penser par exemple, de la dernière publication, ce gag-sorbet douteux au citron ? Note, chère lectrice, cher lecteur, que je n'y suis pour rien. C'est un coup du professeur Shoubidoua qui prétend ainsi se venger d'avoir été réveillé pendant sa sieste pour répondre à des questions stupides. Mais j'imagine ta réaction atterrée, ton découragement. Je t'entends d'ici dire : "Cette fois, c'est dit, c'est la dernière fois que je mets les pieds ici." Et je ne peux que soupirer en espérant qu'encore une fois, tu oublieras, ou tu pardonneras, et tu reviendras.

    Ensuite, tu as LE GOÛT DES BELLES CHOSES. Ce qui le prouve, c'est la carte du Club que tu gardes précieusement dans la poche secrète de ton portefeuille, un privilège que vous êtes bien peu à partager : ce qui est le côté positif du point numéro un énoncé ci-dessus.

    Ensuite, tu FRÉQUENTES DES GENS CÉLÈBRES : ceux qui sont invités régulièrement ici pour des interviews exclusives. Bon, je reconnais que ces derniers temps, les célébrités se sont faites un peu rares, peut-être parce-qu'elles soupçonnent qu'ici l'éclairage médiatique ne sera pas optimal (cf point numéro un) ? Il y a aussi le fait que certaines sont occupées à moderniser les institutions, d'autres sont en tournée d'été, d'autres en voyage interstellaire à la recherche de Cirrus Minor. Mais je ne peux pas croire qu'ils nous ont tout à fait oubliés. C'est certain, nous les reverrons. Enfin, j'espère.

    Ensuite, tu es SYMPA. La preuve : lorsque tu prends la plume pour écrire un commentaire ou une lettre, c'est toujours pour dire des choses gentilles. Et je t'en suis gré, car j'adore qu'on me dise des choses gentilles.

    En conclusion, chère lectrice, cher lecteur, je te suis fort reconnaissant d'être là, tant il est vrai que le plaisir que j'ai à écrire n'a de sens que par le plaisir que tu peux avoir à me lire.
    C'est grâce à ta présence que, lorsque je regarde la surface de l'eau, je peux voir au delà de mon simple imaginaire.
    Il me reste à prendre congé de toi et à te dire : au plaisir,

    Amour Cuisant


    Pas un zeste, je suis givré !

    mardi, juillet 17, 2007

    Professeur Shoubidoua : "Moins cher qu'une thalasso !"

    Hasard du calendrier : la fessée des Pyrénées vient tout juste de faire parler d'elle, et voilà que ces jours-ci, dans les eaux de la Méditerranée, au large de Monte Carlo, c'est une fessée marine qui donne le grand frisson au baigneurs ! Qui était mieux placé que le Professeur Shoubidoua pour nous parler de cette extraordinaire coïncidence ? Personne, assurément. Il a bien voulu interrompre sa sieste pour répondre à quelques questions.
    A.C. : Professeur, que penser de cette fessée marine qui sème le trouble au large de Monte Carlo ? Il semble qu'elle soit très impressionnante : est-elle dangereuse ?
    Prof. Shoubidoua : Impressionnante, on peut le dire. Elle pèse tout de même près de quatre tonnes. Mais ne vous y trompez pas : il s'agit d'un jeune sujet égaré, sans doute aussi inquiet et désemparé de se retrouver là, perdu et loin des siens, que les baigneurs que vous évoquez. Sinon plus !
    A.C. : Professeur, pardon d'insister, mais est-elle dangereuse ?
    Prof. Shoubidoua : Nous n'avons pas à faire à un prédateur : elle ne cherchera jamais à attaquer les baigneurs. Mais...
    A.C. : Mais ?
    Prof. Shoubidoua : Les fessées marines sont très joueuses. Il n'est pas exclu que celle-ci se laisse tenter... Je veux dire... Vous savez, avec les maillots de bain d'aujourd'hui, qui révèlent plus qu'ils ne cachent...
    A.C. : Vous conseillez donc aux baigneuses la plus grande prudence dans le choix de leur maillot de bain ?
    Prof. Shoubidoua : À moins qu'elles ne soient en mal de sensations fortes, oui, je leur donne ce conseil.
    A.C. : Depuis que la nouvelle est connue, des centaines de baigneuses, loin de suivre la ligne de conduite que vous préconisez, se précipitent sur les plages d'où a été aperçue la fessée. Elles avancent un peu dans l'eau, puis, tournant le dos aux vagues, elles baissent le bas de leur maillot et offrent leurs rondeurs dénudées aux flots bleus et à la menace qu'ils recèlent : une menace qui ne semble guère les effrayer ?!
    Prof. Shoubidoua : C'est tout simplement qu'elles sont en mal de sensations fortes. Cela dit, la fessée marine est un excellent moyen de lutter contre la cellulite.
    A.C. : Professeur, vous rendez-vous compte qu'en vous lisant, ce ne sont pas des centaines, mais des milliers de baigneuses qui vont se précipiter sur ces plages ?
    Prof. Shoubidoua : On peut dire que celles qui se précipiteront après m'avoir lu et qui m'auront cru, lustucru, n'auront pas volé une rencontre avec la fessée marine.
    A.C. : Professeur Lustucru, pardon, Shoubidoua, que faut-il faire ? Essayer de tracter cette fessée vers le grand large ?
    Prof. Shoubidoua : Le mieux est de la laisser tranquille. Il faut souhaiter qu'un banc de fessées marines passera rapidement dans le secteur où elle s'est égarée et qu'elle rejoindra ses congénères.
    A.C. : Professeur, quel est le document que vous nous proposez en illustration de cet événement peu commun ?
    Prof. Shoubidoua : Je passe mes vacances en Bretagne. Aussitôt connue la nouvelle en provenance de Monte Carlo, j'ai expliqué à mes hôtes qu'il n'y avait aucune raison pour que la Méditerranée soit seule à bénéficier d'un événement aussi bénéfique pour le tourisme. Pensez donc : des milliers de baigneuses, bientôt sans doute des centaines de milliers de baigneuses !
    A.C : Mais quel rapport avec cette photo ?
    Prof. Shoubidoua : Il s'agit d'une cérémonie propitiatoire, qui sera répétée chaque jour, jusqu'à l'arrivée au large de notre plage d'une fessée marine digne de ce nom. Et que les baigneuses se le disent : elles sont toutes conviées à participer à cette cérémonie. Il y en aura POUR TOUT LE MONDE ! Rendez-vous chaque matin à 9hoo devant l'Hôtel de la Plage.
    A.C. : Professeur, merci d'avoir interrompu votre sieste pour répondre à nos questions.
    Prof. Shoubidoua : Sans compter que c'est beaucoup moins cher qu'une thalasso, puisque c'est gratuit !

    © Amour Cuisant 2007

    lundi, juillet 09, 2007

    Recette pour jour de pluie

    Puisque l’été boude, puisque le soleil ne se décide pas à chasser nuages et frimas, pourquoi ne pas vous offrir un bon repas qui vous réconfortera de la pluie, du vent et du froid ? J’ai feuilleté pour vous un vieux livre de cuisine (*) aux pages fatiguées et cornées, avec des miettes cachées entre les pages, des taches de jaune d‘œuf et de chocolat, bref, un livre de cuisine qui a vécu sa vie, et je vous ai cherché le menu de ce soir. Un sauté de veau aux petits légumes ? Un bœuf bourguignon de derrière les fagots ? Un pot-au-feu ? Ah, voici une recette propre à vous réchauffer, calorique et roborative : la fessée à la diablotine. Je vous la livre telle quelle.

    Fessée à la diablotine
    Pour 5 à 6 pers.
    Tps de préparation : 20 mn
    Tps de cuisson : proportionnel à la rougeur obtenue lors de la dégustation

    Arrivez au marché suffisamment tôt afin d’avoir droit au premier choix. Même si vous avez vos habitudes, n’hésitez pas à faire un petit tour de repérage. Évitez les vendeurs au sol ou à la brouette. Demandez que l’on vous serve une belle fessée entière, impérativement DU JOUR, prise bien entendue sans la culotte. Il est préférable qu’elle soit apprêtée.

    Préparez une marinade : un demi-litre de clairet, allongé d’eau tirée du puits d’où vous avez vu sortir toute nue la vérité. Relevez avec des graines d’insouciance et un zeste d’impatience. Laissez mariner au moins quatre heures.

    Pendant ce temps, préparez une crème de grandes asperges bien fouettées au martinet. Réservez.

    Préchauffez votre imagination à 250°.

    Enfournez la fessée marinée, laissez l’émotion vous saisir, puis laissez mijoter à feu doux pendant au moins deux heures.
    Présentez la fessée accompagnée de la crème de grandes asperges bien fouettées au martinet et agrémentée de quelques orties blanches.
    Servez très chaud, jusqu'à obtention d'une belle couleur rouge vif.

    Le conseil de Mariette : pour accompagner au mieux ce plat, buvez du petit lait.


    (*) Chaudes recettes d'hier et d'aujourd'hui - Mariette Minlaiste - Éditions du Petit Mironton - 1955.


    © Amour Cuisant 2007

    vendredi, juin 29, 2007

    Pourtant, que la montagne est belle...
    Exclusif : en direct de Bellelune.

    Paraphrasant le poète, on pourrait oser :
    "Pourtant, que la montagne est belle

    Comment peut-on s'imaginer

    En voyant un vol d'hirondelles

    Que nous guette une fessée ?"

    La semaine dernière, Philopyge, elle, a osé ! En faisant une apparition aussi brève que remarquée, elle s’est rappelée au bon souvenir des habitants du petit village de Bellelune, au cœur du Parc Naturel des Pyrénées. Philopyge, rappelons-le, est une splendide fessée slovène qui a été introduite dans le Parc il y a quelques années dans le cadre du programme de réacclimatation des fessées dans les Pyrénées et le Mercantour. Pourquoi une fessée slovène ? Il paraît que ce sont les plus proches parentes de nos fessées françaises aujourd'hui disparues.


    Pour en revenir à l’incident de la semaine dernière, quand la nouvelle a été connue du grand public, les polémiques nées lors de la réintroduction des fessées ont flambé à nouveau :

    - Inadmissible, c’est un retour d’un siècle en arrière, a notamment déclaré mademoiselle Pinsa Sukre, la très active présidente de l’association “Arrêtons les fessées”.
    Comme on pouvait s'y attendre, la réaction de messieurs Aupinsec et Hallaux, du
    mouvement “Une Bonne Fessée N’a Jamais Fait de Mal à Personne”, ne s'est pas faite attendre :
    - Cette attitude est absurde : les fessées ne peuvent en rien nuire à l’équilibre écologique, au contraire, elles lui sont indispensables, rétorque monsieur Aupinsec.
    Et monsieur Hallaux d’ajouter :

    - De toute façon, elles auraient un jour ou l’autre fait leur réapparition en passant par l’Italie. Nous n’avons fait qu’anticiper un mouvement de balancier naturel.

    - Et on ne rappellera jamais assez qu’une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne, insiste monsieur Aupinsec avec conviction.


    Une chose est sûre, beaucoup sont inquiets pour la sécurité de Philopyge, et certains parlent même d’albicocos empoisonnés au sucre glace qui auraient été placés ça et là sur les sentiers fréquentés par les fessées. Une fessée qui tomberait dans le piège et mangerait un de ces albicocos serait immédiatement transformée en bisou. Il est vrai que les esprits sont surchauffés, surtout depuis le fameux incident. Monsieur Barbotin, qui en a été le héros bien involontaire, nous raconte :

    - Je me promenais dans la montagne. En fait, je suis botaniste, et je cherchais des Valeria Brunii, qui sont très belles en cette saison, afin de les photographier, puisque leur cueillette est interdite. À un moment, je vois un vol d'hirondelles, et juste après j’arrive dans une clairière, et là, au piquet contre un châtaignier, je vois un petit lapin qui avait le derrière tout rouge ! Au même moment, j’entends un bruit de branchages, je me retourne, et de l’autre côté de la clairière, apparaît une énorme fessée. Elle s’immobilise, mais elle m’avait vu. J’ai fait demi-tour et j’ai couru, couru comme un fou. Je n’osais pas me retourner, je l’entendais me poursuivre, j’entendais les battements de ses ailes qui se rapprochaient, se rapprochaient... C'était terrible ! La dernière fois que j’ai vécu cela, c’est en 1967, quand j’ai été surpris en train de dessiner des Sophia Lorensi au lieu de recopier ma leçon de morale.


    Monsieur Barbotin a finalement trouvé refuge... dans la maison du Maire de Bellelune ! Laissons le dernier mot à monsieur le Maire, en espérant que tout le monde saura entendre la voix de la raison :

    - Il y a eu plus de peur que de mal. Je pense que cette fessée a seulement voulu faire peur à monsieur Barbotin, car si elle l’avait voulu, elle l’aurait rattrapé sans difficulté. Par ici, les gens sont un peu inquiets car on a vu à quelques reprises des fessées s’approcher des maisons. Mais il ne faut pas oublier qu’elles n’entrent jamais si elles n’y sont pas invitées.

    Dont acte. Merci monsieur le Maire.

    En direct de Bellelune, fin de ce reportage, à vous les stu... mais attendez, attendez un instant !

    Attendez car voici une jeune fille qui semble vouloir nous dire quelque chose. Je lui tends le micro :

    - Bonjour, jeune fille.
    - Bonjour m'sieur.

    - Tu veux nous dire quelque chose ? Tu as peur de la fessée, toi aussi ?

    - Oui, enfin nan, mais une fois j’en ai vu une.

    - Vraiment ? Veux-tu nous raconter cela ?

    - Ben une fois, avec Boucle d’Or, Boucle d’Or c’est ma cousine, et pis eh ben j’suis allée avec elle dans la montagne.

    - Tu es allée dans la montagne avec ta cousine ? Et pour quoi faire ?

    - Passque Boucle d’Or elle voulait me montrer les Trois Ours !

    - Et... vos parents vous ont laissées aller seules dans la montagne à la recherche de trois ours ?

    - Ben oui, y nous ont laissées, passqu’on leur a pas dit qu’on y allait !

    - Vous avez vu les ours ?

    - Nan ! Y zétaient pas là. Mais on s’est assis dans leurs chaises, on a mangé leur soupe dans leurs bols, et pis on a dormi un peu dans leurs lits, et pis on est rentré tard à la maison
    - Et dans la montagne, comme monsieur Barbotin, vous avez vu une fessée ?

    - Nan, c’est le soir, à la maison, qu’on l’a vue.

    - Vraiment ? Et peux-tu nous la décrire ?

    - Ben y a ma mère qu’y m’appelle, alors j’vous raconterai une autre fois.
    Et en effet, une dame appelle notre jeune interlocutrice depuis la fenêtre d’une maison voisine, lui rappelant que le dîner est servi, et la prévenant qu’elle va bientôt descendre la chercher, ce que notre jeune interlocutrice ne semble pas souhaiter. Nous n’en saurons donc pas plus pour l’instant sur cette intéressante anecdote.

    En direct de Bellelune, à vous Cognacq-Jay.


    En complément de ce reportage sur le vif, nous vous vous proposons le point de vue du Professeur Shoubidoua, spécialiste incontestable et incontesté du sujet :

    A.C. : Professeur, sans langue de bois, les fessées sauvages en liberté dans le Mercantour et les Pyrénées représentent-elles un danger pour les promeneurs ?
    Prof. Shoubidoua : J’ai envie de vous répondre : le requin n’attaque pas l’homme.

    A.C. : Ne craignez-vous pas, à l’instar du Commandant Cousteau, de pécher par excès d’optimisme ?

    Prof. Shoubidoua : Je voulais dire qu’à choisir entre une fessée, même sauvage, et un Grand Blanc...

    A.C. : Vous auriez donc tendance à minimiser le risque. Iriez-vous jusqu’à approuver un mouvement tel que celui de messieurs Aupinsec et Hallaux ?

    Prof. Shoubidoua : Certainement pas. Mon approche est celle du scientifique, de l’observateur, et je me refuse à entrer dans un débat de nature sociologique.

    A.C. : Professeur, au jour d’aujourd’hui, pouvez-vous affirmer que c’est sans appréhension particulière que vous partiriez en randonnée sur les sentiers aux alentours de Bellelune ?

    Prof. Shoubidoua : Dans la mesure où j’ai bien recopié ma leçon de morale, oui, j’irais sans appréhension aucune.

    A.C. : Professeur, merci pour cet entretien.

    © Amour Cuisant 2007

    mardi, juin 26, 2007

    Fessées des Pyrénées : une cueillette mouvementée !
    Exclusif : en direct de Bellelune.

    La semaine dernière, Philopyge, en faisant une apparition aussi brève que remarquée, s’est rappelée au bon souvenir des habitants du petit village de Bellelune, au cœur du Parc Naturel des Pyrénées. Philopyge, rappelons-le, est une splendide fessée slovène qui a été introduite dans le Parc il y a quelques années dans le cadre du programme de réacclimatation des fessées dans les Pyrénées et le Mercantour. Pourquoi une fessée slovène ? Il paraît que ce sont les plus proches parentes de nos fessées françaises aujourd’hui et depuis longtemps disparues. Car après avoir été le sujet de mille contes et légendes, après avoir été admirées, vénérées pendant des siècles, les fessées de France ont été chassées
    impitoyablement. Chassées au vrai sens du terme, mais aussi symboliquement chassées du piédestal qu’elles occupaient dans notre imaginaire par un autre animal au pelage roux, le goupil. On a pu encore les voir pendant un certain temps, triste spectacle, dans des cirques ambulants. Et lorsqu’elles eurent pour tout de bon disparues, l’on s’aperçut... qu’elles manquaient ! Et l’on alla chercher des fessées slovènes pour remédier à notre incurie.


    Pour en revenir à l’incident de la semaine dernière, quand la nouvelle a été connue du grand public, les polémiques nées lors de la réintroduction des fessées ont flambé à nouveau :

    - Inadmissible, c’est un retour d’un siècle en arrière, a notamment déclaré mademoiselle Pinça Sukre, la très active présidente de l’association “Arrêtons les fessées”.

    - Cette attitude est absurde : les fessées ne peuvent en rien nuire à l’équilibre écologique, au contraire, elles lui sont indispensables, lui rétorque monsieur Aupinsec, président du collectif “Une Bonne Fessée N’a Jamais Fait de Mal à Personne”.

    Et monsieur Hallaux, vice-président du même mouvement, d’ajouter :

    - De toute façon, elles auraient un jour ou l’autre fait leur réapparition en passant par l’Italie. Nous n’avons fait qu’anticiper un mouvement de balancier naturel.

    - Et on ne rappellera jamais assez qu’une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne, insiste monsieur Aupinsec avec conviction.


    Une chose est sûre, beaucoup sont inquiets pour la sécurité de Philopyge, et certains parlent même d’albicocos empoisonnés au sucre glace qui auraient été placés ça et là sur le parcours des fessées. Une fessée qui tomberait dans le piège et mangerait l’albicoco serait immédiatement transformée en bisou. Il est vrai que les esprits sont surchauffés, surtout depuis l’incident de la semaine dernière. C’est monsieur Barbotin lui-même, le héros bien involontaire de cette aventure, qui nous raconte :

    - Je me promenais. En fait, je suis botaniste, et je cherchais des Valeria Brunii, qui sont très belles en cette saison, afin de les photographier, puisque leur cueillette est interdite. À un moment, j’arrive dans une clairière, et là, au piquet contre un châtaignier, je vois un petit lapin qui avait le derrière rouge ! Au même moment, j’entends un bruit de branchages, je me retourne, et de l’autre côté de la clairière, apparaît une énorme fessée. Elle s’immobilise, mais elle m’avait vu. J’ai fait demi-tour et j’ai couru, couru comme un fou. Je n’osais pas me retourner, je l’entendais me poursuivre, j’entendais les battements de ses ailes qui se rapprochaient, se rapprochaient... La dernière fois que j’ai vécu cela, c’est en 1967, quand j’ai été surpris en train de dessiner des Sophia Lorensi au lieu de recopier ma leçon de morale.


    Monsieur Barbotin a finalement trouvé refuge... dans la maison du Maire de Bellelune ! Laissons le dernier mot à monsieur le Maire, en espérant que tout le monde saura entendre la voix de la raison :

    - Il y a eu plus de peur que de mal. Je pense que cette fessée a seulement voulu faire peur à monsieur Barbotin, car si elle l’avait voulu, elle l’aurait rattrapé sans difficulté. Par ici, les gens sont un peu inquiets car on a vu à quelques reprises des fessées s’approcher des maisons. Mais il ne faut pas oublier qu’elles n’entrent jamais si elles n’y sont pas invitées.

    Dont acte. Merci monsieur le Maire.

    En direct de Bellelune, fin de ce reportage, à vous les stu... mais attendez !

    Attendez car voici une très jeune fille qui semble vouloir nous dire quelque chose. Je vais lui tendre le micro :

    - Comment t’appelles-tu, jeune fille ?

    - J’m’appelle Boucle Brune.

    - C’est un très joli nom. Et tu veux nous dire quelque chose, Boucle Brune ? Tu as peur de la fessée, toi aussi ?

    - Oui, enfin nan, mais une fois j’en ai vu une.

    - Vraiment ? Veux-tu nous raconter cela ?

    - Ben c’est quand on est allé avec Boucle d’Or, Boucle d’Or c’est ma cousine, et pis j’suis allée avec elle dans la montagne.

    - Tu es allée dans la montagne avec ta cousine ? Et pour quoi faire ?

    - Passque Boucle d’Or elle voulait me montrer les trois ours !

    - Et... vos parents vous ont laissées aller seules dans la montagne à la recherche de trois ours ?

    - Ben oui, y nous ont laissées, passqu’on leur a pas dit qu’on y allait !

    - Vous avez vu les ours ?

    - Nan ! Y zétaient pas là. Mais on s’est assis dans leurs chaises, on a mangé leur soupe, et pis on a dormi un peu dans leurs lits, et pis on est rentré tard à la maison
    - Et dans la montagne, comme monsieur Barbotin, vous avez vu une fessée ?

    - Nan, c’est le soir, à la maison, qu’on l’a vue.

    - Peux-tu nous la décrire ?

    - Ben y a ma mère qu’y m’appelle, alors j’vous raconterai une autre fois.
    Et en effet, une dame appelle notre jeune interlocutrice depuis la fenêtre d’une maison voisine, lui rappelant que le dîner est servi, et la prévenant qu’elle va bientôt descendre la chercher, ce que notre jeune interlocutrice ne semble pas souhaiter. Nous n’en saurons donc pas plus pour l’instant sur cette intéressante anecdote.

    En direct de Bellelune, à vous Cognacq-Jay.


    En complément de ce reportage sur le vif, une courte interview du Professeur Shoubidoua, spécialiste incontestable et incontesté du sujet :

    A.C. : Professeur, sans langue de bois, les fessées sauvages en liberté dans le Mercantour et les Pyrénées représentent-elles un danger pour les promeneurs ?

    Prof. Shoubidoua : J’ai envie de vous répondre : le requin n’attaque pas l’homme.

    A.C. : Ne craignez-vous pas, à l’instar du Commandant Cousteau, de pécher par excès d’optimisme ?

    Prof. Shoubidoua : Je voulais dire qu’à choisir entre une fessée, même sauvage, et un Grand Blanc...

    A.C. : Vous auriez donc tendance à minimiser le risque. Iriez-vous jusqu’à approuver un mouvement tel que celui de messieurs Aupinsec et Hallaux ?

    Prof. Shoubidoua : Certainement pas. Mon approche ne peut être que celui du scientifique, de l’observateur, et je me refuse à entrer dans un débat de nature sociologique.

    A.C. : Professeur, au jour d’aujourd’hui, pouvez-vous affirmer que c’est sans appréhension particulière que vous partiriez en randonnée sur les sentiers aux alentours de Bellelune ?

    Prof. Shoubidoua : Dans la mesure où j’ai bien recopié ma leçon de morale, oui, j’irais sans appréhension aucune.

    A.C. : Professeur, merci pour cet entretien.

    © Amour Cuisant 2007

    vendredi, juin 22, 2007

    Jouissive Carolina

    Tandis que New York - merci Jack ! - danse enfin la Valse des Niglos, Carolina joue au mannequin. Beaucoup de Juicy, un peu d'Agent Provocateur. Peu importe. Ce qui compte c'est le frisson de faire "comme si"... Et Carolina fait tellement bien "comme si" qu'elle en devient cent fois plus amusante et délicieuse que celles qui le font pour de vrai. Et peut-être le fait-elle pour de vrai en faisant croire qu'elle le fait pour de faux ? On lui pardonnerait vite cette ségolinetterie à l'envers. Ici un sourire mutin. Là, surprise dans son lit, elle vous invite à regarder de plus près le motif qui décore ses draps... Serait-elle un peu coquine ? À bien regarder le motif en question, on aurait tendance à répondre oui. Assurément. Et la voilà en culottes courtes. Prête à aller jouer à la Guerre des Boutons ? On l'entend déjà bougonner... "Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu."
    Mais nous, maintenant qu'on sait, on y r'viendra. Pour sûr.

  • Du côté de chez Carolina

  • Suggestion du chef : dégustez en (ré)écoutant Tusk de Fleetwood Mac.



    P.S. Les deux photos sont extraites de l'album de Carolina. J'espère qu'elle ne
    lâchera pas le fauve si un jour elle l'apprend.

    jeudi, juin 14, 2007

    Nespanking. What else ? *
    * Devinez ce qu'il vient de lui promettre pour le petit déjeuner ?

    dimanche, juin 10, 2007

    MUSICORAMA

    Ils ont fait tellement de bruit qu'ils m'ont empêché de dormir. Je suis allé jeté un coup d'œil dans leur studio (ils avaient laissé la porte ouverte) et j'ai vu...
  • ceci!

  • Des sales gosses, à n'en pas douter, mais il faut leur reconnaître un je ne sais quoi d'attachant. Sauf qu'il serait temps qu'ils apprennent à RANGER LEURS AFFAIRES, À JETER LES BOÎTES DE PIZZA ET LES CANETTES DE COCA VIDES ET À ÉTEINDRE LA LUMIÈRE AVANT DE PARTIR SANS OUBLIER DE FERMER LA PORTE !
    Rrrontudju !

    samedi, juin 09, 2007

    HALTE À L'IMPOSTURE : Il A OSÉ L'IMPROBABLE POSTURE !

    Le monde politico-médiatique parisien a ses tics et ses codes. Parmi ces derniers, les codes de langage sont de première importance, puisqu'ils permettent à tout ce petit monde de se reconnaître et de s'identifier, et aussi de masquer le vide sidéral de leur discours. Dans la série des "mots obligés" de ces messieurs-dames, après la POSTURE, comme dans l'expression utilisée à propos de tout et de n'importe quoi "C'est une posture!", ou mieux "Ce n'est qu'une posture!" (encore mieux si vous parvenez à glisser "voilà" et "improbable" dans la phrase, ce qui pourrait donner "Ce n'est rien, voilà, qu'une improbable posture") est apparu récemment le LOGICIEL, et son corollaire, l'expression CHANGER SON LOGICIEL. Qui, journaliste, éditorialiste ou politique, n'emploie pas au moins une fois l'expression "changer son logiciel" lors d'un entretien est un plouc. C'est la gauche qui a lancé la mode : le PS doit impérativement changer son logiciel. Depuis, l'expression a fait flores et est désormais mise à toutes les sauces. Tout le monde veut changer son logiciel. Les étudiants, les syndicats, les chefs d'entreprise, les partis politiques en vue des législatives, les partis politiques après les législatives, les électeurs, et demain sans doute les oiseaux de basse-cour et les danseurs de tango.
    Tout le monde doit changer son logiciel. Mais tout le monde n'y met pas la bonne volonté attendue. Ainsi, sur la photo exclusive que nous vous présentons, nous voyons un éléphant du PS qui s'est ASSIS SUR LE LOGICIEL !

    jeudi, juin 07, 2007

    La Fessée de Jean-Jacques bientôt de retour à Bossey ?
    Merci à Françoise Lalande, sans laquelle cet entretien n'aurait pas été possible.

    C'est entre Bossey et Genève que se trouve la demeure campagnarde mais cossue de Max Yodeli. Il nous y reçoit aujourd'hui pour évoquer son combat d'une vie : obtenir le retour dans le Canton de Genève de la Fessée de Jean-Jacques. Les fenêtres du salon sont ouvertes sur la nature printanière. Pinsons et mésanges chantent, les clarines tintinnabulent. Nous offrons à Max un Mi-Cho-Ko : nous avons réussi à en passer un plein paquet à la frontière, au nez et à la barbe des douaniers helvètes ! Le coucou de la vieille horloge murale nous salue mécaniquement, comme soudain attiré par ce canaille chocolat de contrebande.

    - Bonjour Max, et merci de nous accueillir chez vous.
    - Bonjour, bienvenue.
    - Max, depuis combien de temps vous battez-vous pour obtenir le retour de la Fessée de Jean-Jacques en Suisse ?

    - Près de cinquante ans.

    - Pensez-vous que votre combat ait quelque chance d'aboutir un jour prochain ?

    - Prenez l'exemple de l'Égypte : elle se bat elle aussi pour récupérer des biens culturels inestimables tels que le buste de Nefertiti ou la pierre de Rosette. Berlin et Londres ne pourront pas indéfiniment continuer à faire la sourde oreille.

    - Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs l'itinéraire de la Fessée de Jean-Jacques ?

    - Pour être précis, à l'origine, il y a deux Fessées de Jean-Jacques. Mais il se trouve que, comme vous le savez, la seconde n'a pas eu tout à fait l'effet escompté, et elle a disparu mystérieusement sans laisser d'autre trace qu'une rougeur passagère. C'est donc de la première Fessée de Jean-Jacques dont nous parlons.

    - Me permettez-vous une question en aparté ?

    - Bien sûr. Mais auparavant, désirez-vous boire quelque chose avec ces délicieux Mi-Cho-Ko, ou bien ?

    - Un verre de limonade fera très bien l'affaire.
    Max fait un geste à une soubrette apparue comme par magie. Quelques instants plus tard, la limonade nous est servie. Max allume la pipe qu'il vient de préparer et se cale bien dans son fauteuil, puis il reprend la parole :
    - Donc, cette question ?...

    - Qu'est devenue la Fessée d'Abraham ? Elle ne semble mentionnée à peu près nulle part. N'avait-elle aucune valeur ?

    - Ah ! La Fessée d'Abraham. C'est une question intéressante. Elle a en effet disparu elle aussi. Mais pour être tout à fait franc, il est légitime de penser qu'elle n'avait en effet pas grand intérêt. Elle devait être très commune, voire grossière et, on peut le craindre, même quelque peu brutale.

    - Revenons-en donc à la Fessée de Jean-Jacques. Quelle est son histoire ?

    - Comme vous le savez, cette fessée a été offerte à Jean-Jacques Rousseau par Gabrielle Lambercier en 1723, et...

    - En 1723 ?

    - Oui, durant l'été 1723, et...

    - Mais...

    - Mais ?...

    Max fronce les sourcils. Il n'aime guère être interrompu. Je poursuis néanmoins mon intervention :

    - Mais si l'on s'en tient aux Confessions, c'est en 1720 qu'il l'aurait reçue, en effet de la main de Gabrielle Lambercier.

    - Cher monsieur, mettez cette imprécision que vous avez justement relevée dans les Confessions sur le compte de la licence poétique. Il a aussi un peu triché sur l'âge de Gabrielle. Sans doute par souci de soigner à sa manière l'esthétisme de la scène évoquée.

    - Bien. Pardonnez-moi de vous avoir interrompu.

    - Ce n'est rien. Donc, cette fessée fut offerte à Jean-Jacques en 1723. Il devait s'agir d'une pièce exceptionnelle, car Jean-Jacques a passé le reste de sa vie a essayer, vainement, de la retrouver.

    - Comment a-t-elle pu lui échapper ?

    - Vous savez comment se passent ces choses-là... Jean-Jacques, par force, tournait le dos à cette fessée lorqu'elle lui a été donnée. On peut supposer qu'elle s'est envolée par la fenêtre ouverte de la chambre. Elle a dû rester un moment cachée dans les framboisiers qui se trouvaient derrière la maison, et puis...

    - Volée ?

    - Je dirais plutôt : envolée.

    Max fait un geste de la main, évocateur d'une mouette qui prend son vol.

    - Quand et où est-elle réapparue ?

    - Beaucoup plus tard, en Russie. En 1812 pour être précis. Philippe de Ségur la mentionne dans une chronique que certains considèrent comme apocryphe. Mais les événements dramatiques font que finalement personne ne se soucie de la ramener en France. Une chose semble certaine : Philippe de Ségur a parlé plus tard de cette fessée à son neveu Eugène, et Eugène a dit ce qu'il en savait à son épouse Sophie.

    - Ce qui explique que cette dernière fasse des allusions à la Fessée dans certains de ses écrits ?

    - Cela pourrait être une explication, oui. D'autant que, si vous me permettez l'expression, ces allusions sont non voilées ! Ou bien ?

    - La Fessée serait donc encore aujourd'hui en Russie ?

    - Non, ce serait trop simple. Je vous passe le détail de mes recherches, mais sachez que la Fessée a depuis sa réapparition en Russie été signalée et authentifiée dans des sites aussi divers qu'Istanbul, Casablanca, la Porte d'Auteuil, Brighton et Rio de Janeiro.

    - Vous voulez dire que Rio est le dernier endroit où elle a été signalée ?

    - Oui, et nous avons de bonnes raisons de penser que c'est là qu'elle a choisi de s'installer, avec la complicité au moins passive des autorités du pays.

    - Mais... Pourquoi Rio ?

    - Êtes-vous déjà allé sur la plage à Rio ?

    - Non, je l'avoue.

    - Si un jour vous y allez, vous comprendrez pourquoi la Fessée a choisi cet endroit pour une retraite que l'on peut qualifier de dorée.

    - Avez-vous entamé des démarches auprès du gouvernement brésilien en vue de son retour en Suisse ?

    - Nous avons pensé un moment demander son extradition, puis il nous est apparu que ce n'était sans doute pas la bonne méthode. Nous préférons faire en sorte que la Fessée de Jean-Jacques revienne de son plein gré au pays. Ou bien ?

    - Vous avez bon espoir ?

    - Nous allons tout faire pour que les rives de Léman n'aient plus à rougir de la comparaison avec Copacabana. Dès lors, nous sommes certains que la Fessée de Jean-Jacques retrouvera sa place ici, dans le plus beau canton du monde.

    - Max, nous vous souhaitons bonne chance et nous vous remercions pour cet entretien, ou bien ?
    © Amour Cuisant 2007