vendredi, juin 29, 2007

Pourtant, que la montagne est belle...
Exclusif : en direct de Bellelune.

Paraphrasant le poète, on pourrait oser :
"Pourtant, que la montagne est belle

Comment peut-on s'imaginer

En voyant un vol d'hirondelles

Que nous guette une fessée ?"

La semaine dernière, Philopyge, elle, a osé ! En faisant une apparition aussi brève que remarquée, elle s’est rappelée au bon souvenir des habitants du petit village de Bellelune, au cœur du Parc Naturel des Pyrénées. Philopyge, rappelons-le, est une splendide fessée slovène qui a été introduite dans le Parc il y a quelques années dans le cadre du programme de réacclimatation des fessées dans les Pyrénées et le Mercantour. Pourquoi une fessée slovène ? Il paraît que ce sont les plus proches parentes de nos fessées françaises aujourd'hui disparues.


Pour en revenir à l’incident de la semaine dernière, quand la nouvelle a été connue du grand public, les polémiques nées lors de la réintroduction des fessées ont flambé à nouveau :

- Inadmissible, c’est un retour d’un siècle en arrière, a notamment déclaré mademoiselle Pinsa Sukre, la très active présidente de l’association “Arrêtons les fessées”.
Comme on pouvait s'y attendre, la réaction de messieurs Aupinsec et Hallaux, du
mouvement “Une Bonne Fessée N’a Jamais Fait de Mal à Personne”, ne s'est pas faite attendre :
- Cette attitude est absurde : les fessées ne peuvent en rien nuire à l’équilibre écologique, au contraire, elles lui sont indispensables, rétorque monsieur Aupinsec.
Et monsieur Hallaux d’ajouter :

- De toute façon, elles auraient un jour ou l’autre fait leur réapparition en passant par l’Italie. Nous n’avons fait qu’anticiper un mouvement de balancier naturel.

- Et on ne rappellera jamais assez qu’une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne, insiste monsieur Aupinsec avec conviction.


Une chose est sûre, beaucoup sont inquiets pour la sécurité de Philopyge, et certains parlent même d’albicocos empoisonnés au sucre glace qui auraient été placés ça et là sur les sentiers fréquentés par les fessées. Une fessée qui tomberait dans le piège et mangerait un de ces albicocos serait immédiatement transformée en bisou. Il est vrai que les esprits sont surchauffés, surtout depuis le fameux incident. Monsieur Barbotin, qui en a été le héros bien involontaire, nous raconte :

- Je me promenais dans la montagne. En fait, je suis botaniste, et je cherchais des Valeria Brunii, qui sont très belles en cette saison, afin de les photographier, puisque leur cueillette est interdite. À un moment, je vois un vol d'hirondelles, et juste après j’arrive dans une clairière, et là, au piquet contre un châtaignier, je vois un petit lapin qui avait le derrière tout rouge ! Au même moment, j’entends un bruit de branchages, je me retourne, et de l’autre côté de la clairière, apparaît une énorme fessée. Elle s’immobilise, mais elle m’avait vu. J’ai fait demi-tour et j’ai couru, couru comme un fou. Je n’osais pas me retourner, je l’entendais me poursuivre, j’entendais les battements de ses ailes qui se rapprochaient, se rapprochaient... C'était terrible ! La dernière fois que j’ai vécu cela, c’est en 1967, quand j’ai été surpris en train de dessiner des Sophia Lorensi au lieu de recopier ma leçon de morale.


Monsieur Barbotin a finalement trouvé refuge... dans la maison du Maire de Bellelune ! Laissons le dernier mot à monsieur le Maire, en espérant que tout le monde saura entendre la voix de la raison :

- Il y a eu plus de peur que de mal. Je pense que cette fessée a seulement voulu faire peur à monsieur Barbotin, car si elle l’avait voulu, elle l’aurait rattrapé sans difficulté. Par ici, les gens sont un peu inquiets car on a vu à quelques reprises des fessées s’approcher des maisons. Mais il ne faut pas oublier qu’elles n’entrent jamais si elles n’y sont pas invitées.

Dont acte. Merci monsieur le Maire.

En direct de Bellelune, fin de ce reportage, à vous les stu... mais attendez, attendez un instant !

Attendez car voici une jeune fille qui semble vouloir nous dire quelque chose. Je lui tends le micro :

- Bonjour, jeune fille.
- Bonjour m'sieur.

- Tu veux nous dire quelque chose ? Tu as peur de la fessée, toi aussi ?

- Oui, enfin nan, mais une fois j’en ai vu une.

- Vraiment ? Veux-tu nous raconter cela ?

- Ben une fois, avec Boucle d’Or, Boucle d’Or c’est ma cousine, et pis eh ben j’suis allée avec elle dans la montagne.

- Tu es allée dans la montagne avec ta cousine ? Et pour quoi faire ?

- Passque Boucle d’Or elle voulait me montrer les Trois Ours !

- Et... vos parents vous ont laissées aller seules dans la montagne à la recherche de trois ours ?

- Ben oui, y nous ont laissées, passqu’on leur a pas dit qu’on y allait !

- Vous avez vu les ours ?

- Nan ! Y zétaient pas là. Mais on s’est assis dans leurs chaises, on a mangé leur soupe dans leurs bols, et pis on a dormi un peu dans leurs lits, et pis on est rentré tard à la maison
- Et dans la montagne, comme monsieur Barbotin, vous avez vu une fessée ?

- Nan, c’est le soir, à la maison, qu’on l’a vue.

- Vraiment ? Et peux-tu nous la décrire ?

- Ben y a ma mère qu’y m’appelle, alors j’vous raconterai une autre fois.
Et en effet, une dame appelle notre jeune interlocutrice depuis la fenêtre d’une maison voisine, lui rappelant que le dîner est servi, et la prévenant qu’elle va bientôt descendre la chercher, ce que notre jeune interlocutrice ne semble pas souhaiter. Nous n’en saurons donc pas plus pour l’instant sur cette intéressante anecdote.

En direct de Bellelune, à vous Cognacq-Jay.


En complément de ce reportage sur le vif, nous vous vous proposons le point de vue du Professeur Shoubidoua, spécialiste incontestable et incontesté du sujet :

A.C. : Professeur, sans langue de bois, les fessées sauvages en liberté dans le Mercantour et les Pyrénées représentent-elles un danger pour les promeneurs ?
Prof. Shoubidoua : J’ai envie de vous répondre : le requin n’attaque pas l’homme.

A.C. : Ne craignez-vous pas, à l’instar du Commandant Cousteau, de pécher par excès d’optimisme ?

Prof. Shoubidoua : Je voulais dire qu’à choisir entre une fessée, même sauvage, et un Grand Blanc...

A.C. : Vous auriez donc tendance à minimiser le risque. Iriez-vous jusqu’à approuver un mouvement tel que celui de messieurs Aupinsec et Hallaux ?

Prof. Shoubidoua : Certainement pas. Mon approche est celle du scientifique, de l’observateur, et je me refuse à entrer dans un débat de nature sociologique.

A.C. : Professeur, au jour d’aujourd’hui, pouvez-vous affirmer que c’est sans appréhension particulière que vous partiriez en randonnée sur les sentiers aux alentours de Bellelune ?

Prof. Shoubidoua : Dans la mesure où j’ai bien recopié ma leçon de morale, oui, j’irais sans appréhension aucune.

A.C. : Professeur, merci pour cet entretien.

© Amour Cuisant 2007

mardi, juin 26, 2007

Fessées des Pyrénées : une cueillette mouvementée !
Exclusif : en direct de Bellelune.

La semaine dernière, Philopyge, en faisant une apparition aussi brève que remarquée, s’est rappelée au bon souvenir des habitants du petit village de Bellelune, au cœur du Parc Naturel des Pyrénées. Philopyge, rappelons-le, est une splendide fessée slovène qui a été introduite dans le Parc il y a quelques années dans le cadre du programme de réacclimatation des fessées dans les Pyrénées et le Mercantour. Pourquoi une fessée slovène ? Il paraît que ce sont les plus proches parentes de nos fessées françaises aujourd’hui et depuis longtemps disparues. Car après avoir été le sujet de mille contes et légendes, après avoir été admirées, vénérées pendant des siècles, les fessées de France ont été chassées
impitoyablement. Chassées au vrai sens du terme, mais aussi symboliquement chassées du piédestal qu’elles occupaient dans notre imaginaire par un autre animal au pelage roux, le goupil. On a pu encore les voir pendant un certain temps, triste spectacle, dans des cirques ambulants. Et lorsqu’elles eurent pour tout de bon disparues, l’on s’aperçut... qu’elles manquaient ! Et l’on alla chercher des fessées slovènes pour remédier à notre incurie.


Pour en revenir à l’incident de la semaine dernière, quand la nouvelle a été connue du grand public, les polémiques nées lors de la réintroduction des fessées ont flambé à nouveau :

- Inadmissible, c’est un retour d’un siècle en arrière, a notamment déclaré mademoiselle Pinça Sukre, la très active présidente de l’association “Arrêtons les fessées”.

- Cette attitude est absurde : les fessées ne peuvent en rien nuire à l’équilibre écologique, au contraire, elles lui sont indispensables, lui rétorque monsieur Aupinsec, président du collectif “Une Bonne Fessée N’a Jamais Fait de Mal à Personne”.

Et monsieur Hallaux, vice-président du même mouvement, d’ajouter :

- De toute façon, elles auraient un jour ou l’autre fait leur réapparition en passant par l’Italie. Nous n’avons fait qu’anticiper un mouvement de balancier naturel.

- Et on ne rappellera jamais assez qu’une bonne fessée n’a jamais fait de mal à personne, insiste monsieur Aupinsec avec conviction.


Une chose est sûre, beaucoup sont inquiets pour la sécurité de Philopyge, et certains parlent même d’albicocos empoisonnés au sucre glace qui auraient été placés ça et là sur le parcours des fessées. Une fessée qui tomberait dans le piège et mangerait l’albicoco serait immédiatement transformée en bisou. Il est vrai que les esprits sont surchauffés, surtout depuis l’incident de la semaine dernière. C’est monsieur Barbotin lui-même, le héros bien involontaire de cette aventure, qui nous raconte :

- Je me promenais. En fait, je suis botaniste, et je cherchais des Valeria Brunii, qui sont très belles en cette saison, afin de les photographier, puisque leur cueillette est interdite. À un moment, j’arrive dans une clairière, et là, au piquet contre un châtaignier, je vois un petit lapin qui avait le derrière rouge ! Au même moment, j’entends un bruit de branchages, je me retourne, et de l’autre côté de la clairière, apparaît une énorme fessée. Elle s’immobilise, mais elle m’avait vu. J’ai fait demi-tour et j’ai couru, couru comme un fou. Je n’osais pas me retourner, je l’entendais me poursuivre, j’entendais les battements de ses ailes qui se rapprochaient, se rapprochaient... La dernière fois que j’ai vécu cela, c’est en 1967, quand j’ai été surpris en train de dessiner des Sophia Lorensi au lieu de recopier ma leçon de morale.


Monsieur Barbotin a finalement trouvé refuge... dans la maison du Maire de Bellelune ! Laissons le dernier mot à monsieur le Maire, en espérant que tout le monde saura entendre la voix de la raison :

- Il y a eu plus de peur que de mal. Je pense que cette fessée a seulement voulu faire peur à monsieur Barbotin, car si elle l’avait voulu, elle l’aurait rattrapé sans difficulté. Par ici, les gens sont un peu inquiets car on a vu à quelques reprises des fessées s’approcher des maisons. Mais il ne faut pas oublier qu’elles n’entrent jamais si elles n’y sont pas invitées.

Dont acte. Merci monsieur le Maire.

En direct de Bellelune, fin de ce reportage, à vous les stu... mais attendez !

Attendez car voici une très jeune fille qui semble vouloir nous dire quelque chose. Je vais lui tendre le micro :

- Comment t’appelles-tu, jeune fille ?

- J’m’appelle Boucle Brune.

- C’est un très joli nom. Et tu veux nous dire quelque chose, Boucle Brune ? Tu as peur de la fessée, toi aussi ?

- Oui, enfin nan, mais une fois j’en ai vu une.

- Vraiment ? Veux-tu nous raconter cela ?

- Ben c’est quand on est allé avec Boucle d’Or, Boucle d’Or c’est ma cousine, et pis j’suis allée avec elle dans la montagne.

- Tu es allée dans la montagne avec ta cousine ? Et pour quoi faire ?

- Passque Boucle d’Or elle voulait me montrer les trois ours !

- Et... vos parents vous ont laissées aller seules dans la montagne à la recherche de trois ours ?

- Ben oui, y nous ont laissées, passqu’on leur a pas dit qu’on y allait !

- Vous avez vu les ours ?

- Nan ! Y zétaient pas là. Mais on s’est assis dans leurs chaises, on a mangé leur soupe, et pis on a dormi un peu dans leurs lits, et pis on est rentré tard à la maison
- Et dans la montagne, comme monsieur Barbotin, vous avez vu une fessée ?

- Nan, c’est le soir, à la maison, qu’on l’a vue.

- Peux-tu nous la décrire ?

- Ben y a ma mère qu’y m’appelle, alors j’vous raconterai une autre fois.
Et en effet, une dame appelle notre jeune interlocutrice depuis la fenêtre d’une maison voisine, lui rappelant que le dîner est servi, et la prévenant qu’elle va bientôt descendre la chercher, ce que notre jeune interlocutrice ne semble pas souhaiter. Nous n’en saurons donc pas plus pour l’instant sur cette intéressante anecdote.

En direct de Bellelune, à vous Cognacq-Jay.


En complément de ce reportage sur le vif, une courte interview du Professeur Shoubidoua, spécialiste incontestable et incontesté du sujet :

A.C. : Professeur, sans langue de bois, les fessées sauvages en liberté dans le Mercantour et les Pyrénées représentent-elles un danger pour les promeneurs ?

Prof. Shoubidoua : J’ai envie de vous répondre : le requin n’attaque pas l’homme.

A.C. : Ne craignez-vous pas, à l’instar du Commandant Cousteau, de pécher par excès d’optimisme ?

Prof. Shoubidoua : Je voulais dire qu’à choisir entre une fessée, même sauvage, et un Grand Blanc...

A.C. : Vous auriez donc tendance à minimiser le risque. Iriez-vous jusqu’à approuver un mouvement tel que celui de messieurs Aupinsec et Hallaux ?

Prof. Shoubidoua : Certainement pas. Mon approche ne peut être que celui du scientifique, de l’observateur, et je me refuse à entrer dans un débat de nature sociologique.

A.C. : Professeur, au jour d’aujourd’hui, pouvez-vous affirmer que c’est sans appréhension particulière que vous partiriez en randonnée sur les sentiers aux alentours de Bellelune ?

Prof. Shoubidoua : Dans la mesure où j’ai bien recopié ma leçon de morale, oui, j’irais sans appréhension aucune.

A.C. : Professeur, merci pour cet entretien.

© Amour Cuisant 2007

vendredi, juin 22, 2007

Jouissive Carolina

Tandis que New York - merci Jack ! - danse enfin la Valse des Niglos, Carolina joue au mannequin. Beaucoup de Juicy, un peu d'Agent Provocateur. Peu importe. Ce qui compte c'est le frisson de faire "comme si"... Et Carolina fait tellement bien "comme si" qu'elle en devient cent fois plus amusante et délicieuse que celles qui le font pour de vrai. Et peut-être le fait-elle pour de vrai en faisant croire qu'elle le fait pour de faux ? On lui pardonnerait vite cette ségolinetterie à l'envers. Ici un sourire mutin. Là, surprise dans son lit, elle vous invite à regarder de plus près le motif qui décore ses draps... Serait-elle un peu coquine ? À bien regarder le motif en question, on aurait tendance à répondre oui. Assurément. Et la voilà en culottes courtes. Prête à aller jouer à la Guerre des Boutons ? On l'entend déjà bougonner... "Si j'aurais su, j'aurais pas v'nu."
Mais nous, maintenant qu'on sait, on y r'viendra. Pour sûr.

  • Du côté de chez Carolina

  • Suggestion du chef : dégustez en (ré)écoutant Tusk de Fleetwood Mac.



    P.S. Les deux photos sont extraites de l'album de Carolina. J'espère qu'elle ne
    lâchera pas le fauve si un jour elle l'apprend.

    jeudi, juin 14, 2007

    Nespanking. What else ? *
    * Devinez ce qu'il vient de lui promettre pour le petit déjeuner ?

    dimanche, juin 10, 2007

    MUSICORAMA

    Ils ont fait tellement de bruit qu'ils m'ont empêché de dormir. Je suis allé jeté un coup d'œil dans leur studio (ils avaient laissé la porte ouverte) et j'ai vu...
  • ceci!

  • Des sales gosses, à n'en pas douter, mais il faut leur reconnaître un je ne sais quoi d'attachant. Sauf qu'il serait temps qu'ils apprennent à RANGER LEURS AFFAIRES, À JETER LES BOÎTES DE PIZZA ET LES CANETTES DE COCA VIDES ET À ÉTEINDRE LA LUMIÈRE AVANT DE PARTIR SANS OUBLIER DE FERMER LA PORTE !
    Rrrontudju !

    samedi, juin 09, 2007

    HALTE À L'IMPOSTURE : Il A OSÉ L'IMPROBABLE POSTURE !

    Le monde politico-médiatique parisien a ses tics et ses codes. Parmi ces derniers, les codes de langage sont de première importance, puisqu'ils permettent à tout ce petit monde de se reconnaître et de s'identifier, et aussi de masquer le vide sidéral de leur discours. Dans la série des "mots obligés" de ces messieurs-dames, après la POSTURE, comme dans l'expression utilisée à propos de tout et de n'importe quoi "C'est une posture!", ou mieux "Ce n'est qu'une posture!" (encore mieux si vous parvenez à glisser "voilà" et "improbable" dans la phrase, ce qui pourrait donner "Ce n'est rien, voilà, qu'une improbable posture") est apparu récemment le LOGICIEL, et son corollaire, l'expression CHANGER SON LOGICIEL. Qui, journaliste, éditorialiste ou politique, n'emploie pas au moins une fois l'expression "changer son logiciel" lors d'un entretien est un plouc. C'est la gauche qui a lancé la mode : le PS doit impérativement changer son logiciel. Depuis, l'expression a fait flores et est désormais mise à toutes les sauces. Tout le monde veut changer son logiciel. Les étudiants, les syndicats, les chefs d'entreprise, les partis politiques en vue des législatives, les partis politiques après les législatives, les électeurs, et demain sans doute les oiseaux de basse-cour et les danseurs de tango.
    Tout le monde doit changer son logiciel. Mais tout le monde n'y met pas la bonne volonté attendue. Ainsi, sur la photo exclusive que nous vous présentons, nous voyons un éléphant du PS qui s'est ASSIS SUR LE LOGICIEL !

    jeudi, juin 07, 2007

    La Fessée de Jean-Jacques bientôt de retour à Bossey ?
    Merci à Françoise Lalande, sans laquelle cet entretien n'aurait pas été possible.

    C'est entre Bossey et Genève que se trouve la demeure campagnarde mais cossue de Max Yodeli. Il nous y reçoit aujourd'hui pour évoquer son combat d'une vie : obtenir le retour dans le Canton de Genève de la Fessée de Jean-Jacques. Les fenêtres du salon sont ouvertes sur la nature printanière. Pinsons et mésanges chantent, les clarines tintinnabulent. Nous offrons à Max un Mi-Cho-Ko : nous avons réussi à en passer un plein paquet à la frontière, au nez et à la barbe des douaniers helvètes ! Le coucou de la vieille horloge murale nous salue mécaniquement, comme soudain attiré par ce canaille chocolat de contrebande.

    - Bonjour Max, et merci de nous accueillir chez vous.
    - Bonjour, bienvenue.
    - Max, depuis combien de temps vous battez-vous pour obtenir le retour de la Fessée de Jean-Jacques en Suisse ?

    - Près de cinquante ans.

    - Pensez-vous que votre combat ait quelque chance d'aboutir un jour prochain ?

    - Prenez l'exemple de l'Égypte : elle se bat elle aussi pour récupérer des biens culturels inestimables tels que le buste de Nefertiti ou la pierre de Rosette. Berlin et Londres ne pourront pas indéfiniment continuer à faire la sourde oreille.

    - Pouvez-vous rappeler à nos lecteurs l'itinéraire de la Fessée de Jean-Jacques ?

    - Pour être précis, à l'origine, il y a deux Fessées de Jean-Jacques. Mais il se trouve que, comme vous le savez, la seconde n'a pas eu tout à fait l'effet escompté, et elle a disparu mystérieusement sans laisser d'autre trace qu'une rougeur passagère. C'est donc de la première Fessée de Jean-Jacques dont nous parlons.

    - Me permettez-vous une question en aparté ?

    - Bien sûr. Mais auparavant, désirez-vous boire quelque chose avec ces délicieux Mi-Cho-Ko, ou bien ?

    - Un verre de limonade fera très bien l'affaire.
    Max fait un geste à une soubrette apparue comme par magie. Quelques instants plus tard, la limonade nous est servie. Max allume la pipe qu'il vient de préparer et se cale bien dans son fauteuil, puis il reprend la parole :
    - Donc, cette question ?...

    - Qu'est devenue la Fessée d'Abraham ? Elle ne semble mentionnée à peu près nulle part. N'avait-elle aucune valeur ?

    - Ah ! La Fessée d'Abraham. C'est une question intéressante. Elle a en effet disparu elle aussi. Mais pour être tout à fait franc, il est légitime de penser qu'elle n'avait en effet pas grand intérêt. Elle devait être très commune, voire grossière et, on peut le craindre, même quelque peu brutale.

    - Revenons-en donc à la Fessée de Jean-Jacques. Quelle est son histoire ?

    - Comme vous le savez, cette fessée a été offerte à Jean-Jacques Rousseau par Gabrielle Lambercier en 1723, et...

    - En 1723 ?

    - Oui, durant l'été 1723, et...

    - Mais...

    - Mais ?...

    Max fronce les sourcils. Il n'aime guère être interrompu. Je poursuis néanmoins mon intervention :

    - Mais si l'on s'en tient aux Confessions, c'est en 1720 qu'il l'aurait reçue, en effet de la main de Gabrielle Lambercier.

    - Cher monsieur, mettez cette imprécision que vous avez justement relevée dans les Confessions sur le compte de la licence poétique. Il a aussi un peu triché sur l'âge de Gabrielle. Sans doute par souci de soigner à sa manière l'esthétisme de la scène évoquée.

    - Bien. Pardonnez-moi de vous avoir interrompu.

    - Ce n'est rien. Donc, cette fessée fut offerte à Jean-Jacques en 1723. Il devait s'agir d'une pièce exceptionnelle, car Jean-Jacques a passé le reste de sa vie a essayer, vainement, de la retrouver.

    - Comment a-t-elle pu lui échapper ?

    - Vous savez comment se passent ces choses-là... Jean-Jacques, par force, tournait le dos à cette fessée lorqu'elle lui a été donnée. On peut supposer qu'elle s'est envolée par la fenêtre ouverte de la chambre. Elle a dû rester un moment cachée dans les framboisiers qui se trouvaient derrière la maison, et puis...

    - Volée ?

    - Je dirais plutôt : envolée.

    Max fait un geste de la main, évocateur d'une mouette qui prend son vol.

    - Quand et où est-elle réapparue ?

    - Beaucoup plus tard, en Russie. En 1812 pour être précis. Philippe de Ségur la mentionne dans une chronique que certains considèrent comme apocryphe. Mais les événements dramatiques font que finalement personne ne se soucie de la ramener en France. Une chose semble certaine : Philippe de Ségur a parlé plus tard de cette fessée à son neveu Eugène, et Eugène a dit ce qu'il en savait à son épouse Sophie.

    - Ce qui explique que cette dernière fasse des allusions à la Fessée dans certains de ses écrits ?

    - Cela pourrait être une explication, oui. D'autant que, si vous me permettez l'expression, ces allusions sont non voilées ! Ou bien ?

    - La Fessée serait donc encore aujourd'hui en Russie ?

    - Non, ce serait trop simple. Je vous passe le détail de mes recherches, mais sachez que la Fessée a depuis sa réapparition en Russie été signalée et authentifiée dans des sites aussi divers qu'Istanbul, Casablanca, la Porte d'Auteuil, Brighton et Rio de Janeiro.

    - Vous voulez dire que Rio est le dernier endroit où elle a été signalée ?

    - Oui, et nous avons de bonnes raisons de penser que c'est là qu'elle a choisi de s'installer, avec la complicité au moins passive des autorités du pays.

    - Mais... Pourquoi Rio ?

    - Êtes-vous déjà allé sur la plage à Rio ?

    - Non, je l'avoue.

    - Si un jour vous y allez, vous comprendrez pourquoi la Fessée a choisi cet endroit pour une retraite que l'on peut qualifier de dorée.

    - Avez-vous entamé des démarches auprès du gouvernement brésilien en vue de son retour en Suisse ?

    - Nous avons pensé un moment demander son extradition, puis il nous est apparu que ce n'était sans doute pas la bonne méthode. Nous préférons faire en sorte que la Fessée de Jean-Jacques revienne de son plein gré au pays. Ou bien ?

    - Vous avez bon espoir ?

    - Nous allons tout faire pour que les rives de Léman n'aient plus à rougir de la comparaison avec Copacabana. Dès lors, nous sommes certains que la Fessée de Jean-Jacques retrouvera sa place ici, dans le plus beau canton du monde.

    - Max, nous vous souhaitons bonne chance et nous vous remercions pour cet entretien, ou bien ?
    © Amour Cuisant 2007

    dimanche, juin 03, 2007

    Pour que les choses soient bien claires, si jamais elle se retourne, enfant intérieur ou pas : JE NE TE CONNAIS PAS !

    Les anglo-saxons ont pour le désigner un terme tout à fait adéquat : inner child. L'enfant intérieur. L'enfant que nous étions il y a longtemps, parfois même très longtemps, et qui pourtant est toujours là, au cœur de notre psychisme et de nos émotions. Parce-qu'il a été la page blanche sur laquelle a été dessinée notre ébauche. Même si nous faisons mine d'avoir grandi, d'avoir vieilli, nous ne l'avons jamais oublié. Et lui non plus ne nous a jamais oublié : il n'hésite pas de temps en temps à se rappeler à notre bon souvenir.
    Ainsi, après avoir répondu
  • ici
  • au défi d'Artemis (un questionnaire de Proust à la mode des sept péchés capitaux), j'ai reçu ce courrier signé du Petit Diable qui Sommeille en Moi :
    "Dis donc, moi aussi je veux répondre au questionnaire. Au fait qu'est-ce qu'on gagne ? Moi je veux des Carambars et un sous-marin."
    Je lui ai répondu que ce n'était pas à lui de décider, qu'on dit "je voudrais" et pas "je veux", et que c'était non. Non, c'est non. Il a aussitôt désobéi et m'a remis ses réponses. Le problème est que je ne sais absolument pas où trouver un sous-marin. Ou alors de poche ?
    Voici donc le questionnaire rempli par mon enfant intérieur. Mais c'est la dernière fois que je lui cède.

    LA LUXURE : ça fait mal aux dents.
    Les fantasmes : c'est des insectes qui ressemblent à des brindilles.


    L'ORGUEIL : c'est un gros œillet rouge que les messieurs portent à la boutonnière quand on leur montre une souris verte.


    LA COLÈRE : ça me fait pas peur mais c'est pas moi qui ai soulevé votre jupe je vous jure.


    LA GOURMANDISE : c'est quand on mange pas la bordure de la part de tarte aux pommes parce-qu'on a plus faim mais qu'on demande quand même une deuxième part de tarte aux pommes. Avec de la crème. S'il te plaît.


    L'AVARICE : ça fait des jambes qui sont pas belles.


    L'ENVIE : de soulever les jupes des filles.


    LA PARESSE : c'est les lézards parce-qu'ils font jamais de devoirs.


    P.S. Si vous avez un sous-marin à vendre, même d'occasion, faites-moi signe.