dimanche, octobre 21, 2007

Rêverie dominicale

Aimez-vous le passé

Et rêver d'histoires

Évocatoires

Aux contours effacés ?

Paul-Jean Toulet - Les contrerimes
Photographie : Sol Sanchez & Boris Ovini

mercredi, octobre 17, 2007

7 fois

Je caresserai ton épaule
Je te chuchoterai un secret à l'oreille
Je déposerai un baiser sur ta joue
Je tournerai ma langue dans ta bouche
Je ferai sonner ma main sur tes fesses
Je poserai mes lèvres sur ton ventre
Je serai à bout de ton souffle

Pour le 17 Octobre

© Amour Cuisant qui aime bien de temps en temps écrire des poèmes comme un collégien

samedi, octobre 06, 2007

Fruits rouges à la carte

À la Fille des Îles

Ils sétaient retrouvés au port de plaisance. Il l’avait embrassée sur la joue, bonjour, et l’avait prise par le bras pour une promenade. C’était une après-midi de fin septembre. Le vent faisait claquer les haubans des voiliers, et une bruine légère embrumait l’air. Elle avait troqué la robe d’été et les sandales pour une marinière, un jean et des baskets. Ils s’arrêtèrent. Il fit face à elle. Il se rendit compte que cette fois, il était bel et bien tombé amoureux. Il lui caressa la joue, écarta de son front une mèche de cheveux humide :
- Tu es très belle dans cette tenue. Tu as l’air si sage. Cela donne envie de te délurer.
Elle sourit. Il se pencha vers elle, l’embrassa à nouveau sur la joue, trouva ses lèvres, et le baiser devint moins sage. Il le va les yeux vers le ciel gris :
- On ferait mieux de chercher un abri avant que tu n’étrennes la saison des rhumes.

Ils se réfugièrent dans une crêperie déserte. Une serveuse à l’air fatigué vint prendre la commande. Ils attendirent leurs crêpes en buvant l’obligatoire bolée de cidre (brut). Ils se souriaient, parlaient pour ne rien dire. Ils en étaient juste à s’avouer qu’ils commençaient à avoir faim quand la serveuse revint en portant deux vastes assiettes. Citron pour mademoiselle, muroise et frangipane pour monsieur.
Avant d’attaquer, il lui proposa de goûter un morceau de la sienne. Il lui tendit la fourchette, elle se pencha à travers la table, se laissa donner la becquée.
- Délicieux.
- N’est-ce pas ? Je ne devrais pas t’avouer cela, tu vas me prendre pour un idiot, mais j’ai longtemps cru que la muroise était vraiment un fruit à part entière, comme les groseilles ou les myrtilles.
- Oh mais moi je croyais bien que le sirop de grenadine était fait avec des grenadines.
- Vraiment ? Je n’étais donc pas tout seul ? Tu me rassures. Tu sais
quoi ?
Elle attendit la suite, la fourchette suspendue à mi-course.
- Je nous verrais bien aller tous les deux faire une récolte de mûres le long d’un petit chemin de campagne
- J’adorais ça quand j’étais gamine. Une fois, j’ai même fait l’école buissonnière pour aller à la cueillette des mûres. J’ai pris bien soin de ne pas tacher mes vêtements, mais j’ai finalement été trahie par mes lèvres de schtroumpfette.
- Alors nous jouerons ensemble à l’école buissonnière. Et on se fera une tarte aux mûres... je ne te dis que ça !
- D’accord. Mais je dois te prévenir qu’avec moi, pour la tarte, ce n’est pas gagné. Il y a de fortes chances pour que la récolte soit mangée avant que nous soyons rentrés.
- Oh mais je veillerai au grain. Tu seras rationnée.
- Et comment feras-tu pour m’empêcher de passer outre ton rationnement ?
Elle avala sa bouchée et attendit la réponse, un sourcil levé.
- Je trouverai bien un moyen. Par exemple, une baguette de noisetier fera très bien l’affaire.
- Quoi ? Tu me fouetterais ?
- Bien sûr ? Tu vois une autre solution plus simple et plus naturelle pour t’aider à rester dans le droit chemin ?
- De toute façon, avec mon jean, je ne sentirai rien.
- Ah mais j’ai oublié de préciser que tu seras en robe.
- En robe ? Mais je vais m’égratigner les mollets dans tous ces ronciers !
- Justement. J’ai envie de voir tes mollets égratignés.
- Monsieur, permettez-moi de vous dire que vous êtes fou.
- C’est oui ? Demain ?
- C’est oui. Mais s’il pleut, et j’espère qu’il pleuvra, je mets mon jean, un ciré et des bottes en caoutchouc.
- Cela peut aussi avoir son charme.
Elle sourit en finissant sa crêpe, et la bouche pleine :
- J’ai encore faim. Et tu ne vas pas le croire, mais j’ai du mal à me réchauffer.
- Attends un peu.
Il sortit un stylo, saisit la carte, y écrivit quelque chose avant de la lui redonner.
- Que dirais-tu de cela ?
Elle parcourut la carte des yeux, trouva son écriture, rougit un peu, releva les yeux vers lui :
- Tu crois que ce serait raisonnable ? Ce n’est pas un peu trop calorique ?
- Il faut que tu prennes des forces pour pouvoir marcher longtemps demain.
- Oui, mais attends, il n’y a pas le prix ?
- C’est normal. C’est un plat chic. On n’indique pas le prix. De toute façon, il va de soi que c’est moi qui régale.
Elle réfléchit quelques instants, puis :
- Bon, d’accord. Mais c’est moi qui fournit les pommes d’amour.
- Tope là. Je t’emmène chez moi. Nous serons mieux pour la dégustation.
Elle s’était déjà levée :
- Vite, tu m’as mis l’eau à la bouche...

La grand-mère était accompagnée de ses petits-enfants, un garçonnet et une fillette. Tous trois s’installèrent, visiblement ravis d’être ici. Chacun eut droit à une bolée de cidre (doux). On se mit à étudier la carte, les enfants penchés tous deux sur la même (mais on aura une crêpe chacun hein, dis, grand-mère ?) tandis que la grand-mère commençait la lecture de la sienne. Soudain, le garçon se mit à pouffer et à pousser la fillette du coude. Celle-ci porta la main à sa bouche pour étouffer un rire à son tour. Sa grand-mère ne put que remarquer le manège :
- Eh bien mais qu’est-ce qui est si drôle sur cette carte ?
Les enfants répondirent par un brouhaha de paroles incompréhensibles.
- Ma parole, mais qu’est-ce que vous racontez ?
Elle s’empara de la carte. La lut un moment. Eut un haut-le-corps. Se tourna, héla la serveuse, qui, l’air toujours aussi fatigué, s’approcha nonchalamment. Les deux enfants étaient cette fois en plein fou rire. La grand-mère donna un petit coup sur la table avec la carte, parvint à garder son sérieux :
- Vous deux, ça suffit. Calmez-vous, sinon je vous en commande une pour chacun.
Puis, elle tendit la carte à la serveuse, avec ce commentaire aussi elliptique que désapprobateur :
- Mademoiselle ! Tout de même...
La serveuse prit la carte sans comprendre.
- Lisez, mademoiselle, lisez, je vous en prie...
La serveuse lut. Soudain ses yeux s’écarquillèrent, sa bouche fit un “O”. Là, sur la carte, tout en bas, en dessous de la familière et rassurante Crêpe Flambée au Grand Marnier, figurait une ligne manuscrite aussi nouvelle qu’incongrue :

Fessée Buissonnière servie brûlante sur Pommes d’Amour

Elle eut un instant de doute absurde : est-ce qu’on sert cela, vraiment ? Elle fut presque déçue en revenant à la raison.
- Madame, je suis désolée, c’est... c’est une plaisanterie, quelqu’un se sera amusé... voyez : il n’y a pas de prix.
Elle posa précipitamment la carte sur une table voisine, comme si elle lui brûlait les doigts, et en tendit une autre à la cliente.

Au moment de quitter la crêperie, la grand-mère fit un petit signe à la serveuse. Celle-ci approcha. La grand-mère lui glissa un billet dans la main :
- C’est pour vous.
Sans attendre de remerciement, elle tourna les talons, poussant les enfants vers la sortie. Puis elle s’immobilisa, demanda aux enfants d’attendre un instant, revint sur ses pas, alla jusqu’à la table où se trouvait la carte scandaleuse, s’en saisit, et dit à la serveuse :
- Si vous permettez, je l’emporte. Cela vous évitera des ennuis.
Pour toute réponse, la serveuse eut un imperceptible haussement d’épaules et un léger sourire égaré.
La grand-mère conclut avec un clin d’œil :
- Et puis tout compte fait, je la trouve amusante, cette carte.

© Amour Cuisant 2007

jeudi, octobre 04, 2007

Vous aussi, redécouvrez les joies de la téléphonie à l'ancienne.
C'était un communiqué de l'A.I.T.S.F.P.C.C. (*)
(*) Association pour l'Interdiction des Téléphones Sans Fil et des Portables dans les Chambres à Coucher.