jeudi, janvier 31, 2008

TARTAN

Si la jupe écossaise et la douche écossaise sont universellement connues, il n’en va pas de même pour la fessée écossaise, et c’est là une injustice que nous allons ici nous attacher à réparer.

La petite histoire de la fessée écossaise est indissociable de la Grande Histoire de cette fière nation et de ses clans. Chaque clan a son tartan, ce motif que l’on retrouve notamment sur les kilts. Ce que l’on sait moins, c’est qu’à chaque tartan correspond une fessée caractéristique, avec son rythme, sa puissance, son éclat. Ainsi, il y a autant de variétés de fessées en Écosse que de lochs perçant la lande brumeuse. Mais quelle qu'en soit la variété, autant le dire tout de suite, la fessée écossaise ne relève jamais de la plaisanterie. Ce n’est pas une fessée pour fillette capricieuse. La fessée écossaise a le tempérament guerrier et la force d’un whisky pur malt. Et la main vigoureuse est ici parfois remplacée par un fouet en cuir, large et plat, qui épouse la croupe d’une étreinte de feu.

Chaque été, à l’ombre tutélaire du château d'Edinburgh, a lieu un festival en plein air, le “Manu Militari Tattoo”, qui, grâce à d’impressionnantes démonstrations coram populo, permet au public du monde entier de découvrir la fessée écossaise, mais aussi des fessées des quatre coins du monde présentées par des délégations invitées. Si vous allez à votre tour y assister, n'oubliez pas de donner le bonjour à Nessie.

Le saviez-vous ? On prétend qu’aux temps anciens, les mamans écossaises imposaient aux garnements les plus intrépides de ne rien porter sous leur kilt, afin que l’air caressant ainsi la partie la plus rebondie de leur anatomie leur rappelle en permanence ce qui les attendait en cas de désobéissance avérée. Bien sûr, les chenapans se gardaient de céder à l’intimidation, et se faisaient même une fierté de risquer les foudres maternelles. Et pour l’anecdote,on prétend aussi qu’aujourd’hui encore, en signe de défi et de mépris du danger, les écossais se font un devoir de ne rien porter sous leur kilt. Cela dit, il n’est pas conseillé (du tout du tout) d’essayer de vérifier la vérité de cette assertion. C'est vous qui voyez. Y en a qui ont essayé. Ils ont eu des problèmes. Cela dit il est TRÈS rapide.

Photographie : authentique fessée écossaise. Collection privée du Professeur Shoubidoua.

jeudi, janvier 10, 2008

À propos des Confessions, d'Enchantement, d'Eden, et de la fessée que reçut Dottie

"I've got my friends in the world,
I had my friends,

When we were boys and girls,

An the secrets came unfurled."

Neil Young -
Philadelphia


"J'ai des amis dans ce monde,
J'en avais autrefois,
Quand nous étions enfants,
Au temps où se dévoilent les secrets."

Parmi les souvenirs d’enfance, ceux liés à la construction de notre sexualité et de notre imaginaire érotique sont sans doute parmi les plus puissants, mais aussi parfois les plus difficiles à évoquer : parler de la sexualité naissante, de l’éros natif, est un exercice délicat. Bien souvent, dans la littérature ou le cinéma, le sujet est traité sur le mode de la comédie. Mais nous savons bien que dans la réalité, cela n’est pas toujours si drôle, et que cette construction-là cache bien des épines où nous nous sommes piqué le cœur. Il est significatif que dans la littérature classique, on en revienne toujours et encore à Rousseau et à Mlle Lambercier lorsqu’il s’agit d’évoquer l’étrange obsession de la fessée liée à l’enfance : c’est tout simplement qu’il n’existe guère d’autres sources. Il y a gros à parier que cette obsession fut, est partagé par bien d’autres auteurs, mais bien peu se sont risqués à traduire en mots, à décrire la genèse de cette obsession. Sur un plan littéraire à proprement parler, le seul autre exemple que je connaisse est celui de Daphne Merkin, bien sûr dans son célèbre article du New Yorker intitulé “Spanking, an unlikely obsession”, mais plus encore dans les lignes étincelantes consacrées à ce sujet dans le livre “Enchantment”.

Si les sources littéraires sont si rares, il n’est guère étonnant que les sources cinématographiques le soient plus encore : il est sans doute encore plus difficile de se livrer à un tel exercice par l’image que par les mots, lesquels offrent une palette de nuances incomparablement plus riches. La délicieuse séquence d’introdution du film “Exit to Eden” fait partie de ces oiseaux rares, mais il s’agit d’un simple clin d’œil humoristique. Sur un plan réellement élaboré, je ne connais qu’un seul exemple : le court-métrage de Todd Haynes, “Dottie gets spanked” (“Dottie reçoit une fessée”). Todd Haynes est à l’affiche en ce moment avec le film “I’m not there”, consacré à Bob Dylan. “Dottie gets spanked” date de 1994. Ce film court, largement autobiographique, raconte l’histoire d’un petit garçon, Steven, fasciné par une héroïne de show télévisé, Dottie (“Fofolle”), inspirée par la Lucille Ball de “I love Lucy”. Cet engouement n’est pas sans poser quelques problèmes, ce show étant prisé essentiellement par les petites filles et leurs mamans, tandis que les garçons sont sensés plutôt regarder les matchs de football ou de base ball avec leur papa... Donc des parents, un papa surtout, désemparés, et un Steven qui est, sinon le vilain, en tout cas le drôle de petit canard parmi ses camarades d’école. Un deuxième fascination vient encore compliquer les choses : celle que Steven se met à éprouver pour la fessée. Non pas la vraie, celle qui blesse et qui fait mal, mais la fessée imaginée, fantasmatique, qu’il met en scène sur l’écran noir de ses nuits blanches. La représentation de l’appropriation psychique de ce fantasme par le biais du rêve est un tour de force étonnant. Et quand les deux objets de fascination se télescopent, cela donne... une fessée pour Dottie.

“Dottie gets spanked” a longtemps été inédit en France. J’ai découvert - il y a quelques jours - qu’il a été projeté aux Rencontres internationales de cinéma à Paris, fin 2007, dans le cadre d’une rétrospective consacrée à Todd Haynes. On peut espérer que cette rétrospective sera diffusée dans d’autres villes. Pour qui aimerait faire connaissance avec Dottie et sa fessée, le film est disponible en DVD, mais pour l'instant seulement en version originale.

mardi, janvier 08, 2008

Entre les deux, mon cœur balance ...

Il y a d'abord "La visite de la fanfare" : un conte plein d'humour et d'émotion, les mésaventures douces-amères des membres le la fanfare de la police d'Alexandrie égarés au fin fond de la cambrousse israélienne. Les uniformes flambants neufs et empesés, ça ne nourrit pas son homme : il faut bien trouver le gîte et le couvert. Cela signifie passer le cap de la défiance instinctive, briser la glace, et découvrir que l'Autre, en face, connaît les mêmes difficultés, les mêmes frustrations, a les mêmes attentes. Que l'Autre est capable d'écouter et de comprendre. Bref, que l'Autre n'est pas si différent, finalement. Les fils de vie s'entremêlent pour quelques heures, et se tissent les souvenirs de demain. Une fable contée avec un humour aussi percutant que tranquille.
Et puis il y a "La graine et le mulet", ou comment faire un thriller méditerranéen autour de la préparation d'un couscous géant. Avec une fessée en apéritif. Une double fessée servie bien claquante, pour être précis. Merci Violaine de Carné. Et une danse orientale époustouflante en plat de résistance. Merci Hafsia Herzi. Et entre les deux, tout ce qui entre dans la recette du couscous de nos vies : l'amitié, le rire, les larmes, la lâcheté, le renoncement, la colère, la joie, la solidarité, l'agacement, la surprise. Et l'amour, bien sûr. Ah oui, j'allais oublier : le piment. Très important, le piment.
On va voir ces deux films, et on se dit : "Il y a de l'espoir, finalement".
Toda, Monsieur Kolirin.
Choukrane, Monsieur Kechiche.

lundi, janvier 07, 2008

En voiture, Simone !

Là voilà embringuée, bien malgré elle, dans un drôle de tour de manège. On peut espérer que c'est avec ce magnifique sourire qu'elle aurait réagi à l'étrange polémique née ces derniers jours autour de LA photo. LA photo n'étant pas celle de ce sourire, mais, bien sûr, le nu choisi pour figurer la semaine dernière en couverture du Nouvel Observateur. Cette désormais fameuse photo de Simone de Beauvoir nue a le grand avantage d'être belle, d'être vraie, d'être sincère. À l'aire du numériquement tout-retouché, elle est plus que touchante : elle est indéniablement, vraiment, naturellement érotique. Pour autant avait-elle sa place en couverture d'un hebdomadaire, fût-ce sous le prétexte d'illustrer le qualificatif de "scandaleuse" ? Et les associations féministes qui assimilent avec sans doute quelque outrance cette publication à du racolage ont-elles raison ? Une chose est certaine : le fait qu'une telle polémique soit encore possible en 2007 prouve que le "Deuxième Sexe" est encore d'actualité.
Peut-être auraient-ils mieux fait de choisir ce sourire pour leur couverture ?

jeudi, janvier 03, 2008

FAUX MAGE DE HOLLANDE ?
UN DOCUMENT EXCLUSIF !


Nous avons eu ce matin une heureuse surprise : la visite dans nos studios de Messieurs Quichotte et Pança, de passage pour quelques heures sur la Terre. Ils nous ont remis un document étonnant, que nous livrons à la sagacité de nos lecteurs. Mais laissons ces messieurs nous présenter eux-mêmes l'enregistrement qu'ils ont découvert.
A.C. : Monsieur Quichotte, Monsieur Pança, tout d'abord nous vous souhaitons une Bonne Année, et nous vous remercions d'avoir fait un détour par nos studios. Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs les circonstances de votre découverte ?
Mr Quichotte : Merci, et Bonne Année à vous et à vos lecteurs.
Mr Pança : Oui, Bonne Année !
Mr Quichotte : Venons-en au fait, car nous devons repartir dès ce soir. Nous nous trouvions, Monsieur Pança et moi-même, à bord de la Rossinante, en route pour Cirrus Minor, dont nous avions enfin trouvé les coordonnées de façon sûre. Nous passions non loin des Chiens de Chasse quand Monsieur Pança a éternué bruyamment, et...
Mr Pança : Bruyamment, il ne faut rien exagéré, j'ai éternué, voilà tout...
Mr Quichotte : Monsieur Pança, désolé de vous contredire devant un si large public, mais vous avez éternué bruyamment. Donc, je reprends. Monsieur Pança a éternué bruyamment, ce qui a réveillé les Chiens de Chasse. Ils se sont mis à aboyer, puis ont détalé devant notre vaisseau, ce qui nous a obligé à piler !
Mr Pança : Ils ont soudain vu le Cygne et lui ont couru après. Bien sûr, le Cygne s'est envolé ! Si vous aviez vu la pagaille...
Mr Quichotte : Tout cela grâce à votre éternuement, mon cher ami. Bref, nous avons calé. Et au moment de redémarrer, Monsieur Pança a noyé le moteur.
Mr Pança : Je n'ai fait que suivre vos instructions, Mr Quichotte.
Mr Quichotte : Oui, bon. Peu importe. Le plus vexant dans l'affaire est que l'ordinateur de bord a... Comment dit-on déjà ?
Mr Pança : Planté.
Mr Quichotte : Planté. Il a planté et nous avons perdu toutes nos données sur Cirrus Minor. Nous voilà donc perdus à mille milles de la Terre, du côté des Chiens de Chasse qui n'y étaient plus et pour cause. Il ne nous restait plus qu'à faire demi-tour et à revenir à la voile vers la Terre, ce que nous avons fait. Et c'est sur le chemin du retour que nous avons découvert cette chose étrange. Elle flottait dans le vide, et nous l'avons tout d'abord prise pour une mouette sidérale. Mais son absence de rire nous a mis la puce à l'oreille. Nous l'avons attrapée, et nous nous sommes aperçus qu'il s'agissait d'une cassette vidéo des plus classiques.
Mr Pança : Nous l'avons regardée... Heureusement, j'avais emmené mon lecteur Multiplex !
Mr Quichotte : Au risque d'alourdir l'appareil et de nous ralentir.
Mr Pança : N'empêche que vous étiez bien content de le trouver.
Mr Quichotte : Oui, bon. Passons. Il semble s'agir d'un très vieil enregistrement, datant de la Troisième Guerre des Étoiles. C'est un document extraordinaire, car on y voit un mage. Je dirais, originaire de Belgique.
Mr Pança : Ou de Hollande. À cause des moulins.
Mr Quichotte : Pourquoi dites-vous cela ? On ne voit aucun moulin sur cet enregistrement.
Mr Pança : Justement. Il peut s'agir d'un leurre des plus classiques.
Mr Quichotte : Peut-être. Donc, un mage de Belgique ou de Hollande. Nous nous sommes dit que ce document pouvait être du plus grand intérêt pour l'humanité, et nous l'avons rapporté. Nous vous le confions aux fins de diffusion au plus grand nombre.
A.C. : Monsieur Quichotte, Monsieur Pança, soyez assurés que ce document sera mis à la disposition du reste de l'humanité, afin qu'elle en tire enseignement et profit. Nous vous remercions de votre visite, et nous vous souhaitons bon voyage.
© Amour Cuisant Vive la Science 2008

Communiqué de la Société des Rédacteurs d'Amour Cuisant.
Nous, Société des Rédacteurs d'Amour Cuisant, réunis en Assemblée Plénière, dénonçons la dérive de la ligne éditoriale de notre bien-aimé journal, dérive dont la responsabilité revient entièrement à une direction qui a visiblement perdu le sens de ses responsabilités. Nous avons été embauchés sur la base d'un contrat qui stipulait qu'Amour Cuisant serait consacré essentiellement aux Arts de la Table. Force est de constater que nous avons été trompés : les Arts de la Table sont ici la dernière roue du carrosse. Nous appelons nos lecteurs à exprimer leur soutien à notre action de protestation. Venez tous à la grande manifestation dimanche à 14 heures : départ Place de la Bastille, et défilé jusqu'aux Chiens de Chasse.
Nous profitons de l'occasion pour émettre de sérieux doute quant à l'authenticité du document présenté ici sous couvert d'information scientifique. Certaines images pourraient bien être truquées, et il est possible que le mage soit faux. Nous, Société des Rédacteurs d'Amour
Cuisant, déclarons nous être opposés - sans effet - à cette publication.

mardi, janvier 01, 2008

- Allô... Tu connais la nouvelle ? On est en 2008 !
Bonne Année !

Photographie : Azim Haidarjan