lundi, mars 03, 2008

Découverte de la roséine : un coup de fouet au fondement de la recherche en Science Manuelle Appliquée !
Professeur Shoubidoua : “Le Prix Nobel ne m’intéresse pas.”

C’est ainsi que la science avance : par surprise. Et la dernière est de taille. Nous avons la chance d’accueillir aujourd’hui le Professeur Shoubidoua, découvreur de la roséine.

A.C. : Professeur Shoubidoua, merci de nous faire l’honneur de votre visite, et de la primeur de vos déclarations concernant la roséine.
Prof. Shoubidoua : Tout le plaisir est pour moi.
A.C. : Professeur, on vous doit donc la découverte de la roséine...
Prof. Shoubidoua : Pour être juste, c’est aussi à mon équipe qu’en revient le mérite : vous savez, je ne travaille pas seul...
A.C. : Cette précision vous honore. La découverte de la roséine a été qualifiée par de nombreuses personnalités du monde scientifique comme au moins aussi importante que celles de la pénicilline et de la trinitroglycérine réunies. Mais pouvez-vous tout d’abord expliquer à nos lecteurs ce qu’est la roséine ?
Prof. Shoubidoua : Bien volontiers. Pour simplifier, disons que la roséine est une sorte d’endorphine, mais une endorphine infiniment puissante. Sa spécificité est qu’elle n’est sécrétée qu’en une seule et unique circonstance : la fessée.
A.C. : C’est tout à fait extraordinaire. Et quels sont les effets de la roséine sur l’organisme ?
Prof. Shoubidoua : Justement, c’est ce qui est remarquable. La roséine, nous le savons désormais, est responsable de l’ensemble des bouleversements qui affecte l’organisme d’une personne soumise à la fessée : sentiment de “pudeur alarmée”, accélération du rythme cardiaque et de la respiration, vocalisations diverses, bien sûr rosissement de la peau de certaines régions du corps, d’où le nom de roséine que nous avons choisi de lui attribuer, sensation de cuisson intense des mêmes régions. Et, selon les circonstances, mais c’est là un mystère que nous n’avons pas encore élucidé, douleur cuisante ou plaisir extrême, voire parfois douleur cuisante mêlée à un plaisir extrême ! Mon hypothèse est que douleur et plaisir sont toujours intimement entrelacés, mais ressentis de façon plus ou moins intense en fonction des circonstances.
A.C. : Et vous avez donc réussi à isoler la roséine ?
Prof. Shoubidoua : Nous avons non seulement réussi à l’isoler, mais nous sommes désormais en mesure de la fabriquer artificiellement.
A.C. : Peut-on imaginer qu’un jour, la roséine sera disponible dans le commerce sous forme, je ne sais pas, d’une crème à appliquer sur la peau ?
Prof. Shoubidoua : Mieux que l’imaginer : c’est fait. Cela pourrait être une crème à appliquer sur la peau, mais nous avons plutôt choisi l’option de la crème pâtissière ou Chantilly : la roséine a un délicieux goût légèrement acidulé. Nous avons déjà procédé à de nombreux tests qui donnent des résultats tout à fait inespérés.
A.C. : C’est à peine croyable. Vous voulez dire qu’une personne qui mangerait de la crème pâtissière parfumée à la roséine ressentirait dans les instants qui suivent tous les effets d’une fessée ?
Prof. Shoubidoua : De la crème pâtissière, ou de la confiture, ou un gâteau, ou une friandise : tout aliment peut-être parfumé à la roséine !
A.C. : Donc une personne qui ingérerait un tel aliment...
Prof. Shoubidoua : Cette personne ressentirait en effet dans les secondes suivant l’ingestion les effets d’une fessée, plus ou moins forte bien sûr en fonction de la concentration en roséine de l’aliment.
A.C. : Messieurs Aupinsec et Hallaux, du collectif “Une Bonne Fessée N’a Jamais Fait de Mal à Personne”, ont exigé dès la publication de vos travaux que les professeurs de collège en zône d’éducation prioritaire soient dotés d’un stock de boules de gomme à haute teneur en roséine, boules de gomme qu’ils seraient autorisés à offrir aux éléments les plus perturbateurs de leurs classes...
Prof. Shoubidoua : Nous nous opposons absolument à une telle utilisation de la roséine. Les zônes d’éducation prioritaires ont d’autre priorités !
A.C. : Professeur, ne craignez-vous pas que le public cède à la facilité, et que la roséine remplace la bonne vieille méthode manuelle qui prévalait jusqu’à aujourd’hui, au risque de perdre beaucoup en pittoresque ?
Prof. Shoubidoua : Ce ne sera pas le cas, car vu son coût de production, la roséine ne pourra jamais être qu’un “extra”.
A.C. : Professeur, je vois que vous nous avez apporté un pot de confiture de fraises. C’est pour notre quatre-heures ?
Prof. Shoubidoua : Ce n’est pas de la confiture de fraises, c’est de la confiture de roséine. Et ce n’est pas pour vous, c’est pour mademoiselle Pinça Sukre, de l’association “Arrêtons les fessées”.
A.C. : Mademoiselle Pinça Sukre ?
Prof. Shoubidoua : Oui, je l’ai croisée l’autre jour à l’occasion d’un débat télévisé sur les Fessées des Pyrénées, et... j’avoue que... elle...
A.C. : Elle ?...
Prof. Shoubidoua : Eh bien si vous voulez tout savoir, elle ne m’est pas indifférente. Je lui ai fait envoyer des roses le soir même, mais elle ne les a pas acceptées. Elle est persuadée que je suis un partisan acharné d’un retour de la fessée à visée répressive, ce qui est un contresens. Pour moi, la fessée ne saurait être que libératrice. Bref, je vais ce soir la retrouver pour une discussion radiophonique, et je compte profiter de l’occasion pour lui offrir ce pot de confiture. On la dit très gourmande.
A.C. : Ne craignez-vous pas qu’elle soit un peu... surprise des conséquences de sa gourmandise ?
Prof. Shoubidoua : J’ai pris garde de ne pas forcer la dose de roséine.
A.C. : Professeur, on parle de plus en plus de vous pour le Nobel de Science Manuelle Appliquée...
Prof. Shoubidoua : Le Nobel ne m’intéresse pas. Ce que je veux, c’est conquérir le cœur de mademoiselle Pinça Sukre.
A.C. : Professeur, c’est le succès que nous vous souhaitons, et qui viendra, n’en doutons pas, couronner votre réussite. Merci de votre visite. Saluez bien mademoiselle Pinça Sukre de notre part.
Prof. Shoubidoua : Je n’y manquerai pas.


© Amour Cuisant Science Manuelle Appliquée 2008
Photographie : ?

4 commentaires:

Anonyme a dit…

hummm la roséine ?
je crois que je vais en rester a la bonne vielle fessée traditionnelle , la roséine : le patch qui remplace la fessée !! rire ...
Aquarelle

amourcuisant a dit…

Aquarelle, je ne peux que vous donner raison : rien de meilleur que les recettes naturelles :-)

armandie a dit…

Merci pour votre passage sur mon blog et vos compliments. Je découvre ainsi le votre , dont le thème de prédilection serait la fessée apparemment. Vaste thème à explorer c'est le moins qu'on puisse dire.
les dialogues sont savoureux.
Baisers papillonants
Armandie

amourcuisant a dit…

À mon tour de vous remercier d'avoir poussé la porte de mon blog, Armandie. Vous serez toujours la bienvenue. Quant au thème de prédilection... Oui, vous avez vu juste, bien sûr : on peut dire que c'est une sorte de fil rouge :-)