dimanche, septembre 07, 2008

À propos de "Lalla ou le chant des sables"

Enfant, je me rappelle de longs moments passés à contempler le ciel des nuits d’été, allongé dans un champ, quelque part dans l’arrière-pays niçois. J’ai même eu droit à la vision d’un OVNI, si, je vous assure. Lorsque j’étais très jeune, je me perdais simplement dans la magnificence de la voûte étoilée. Un peu plus tard, au plaisir de la contemplation vint s’ajouter le vertige que l’on ressent en prenant conscience de l’impossible mystère de l’espace et du temps. Certaines des étoiles que je voyais briller n’existaient peut-être plus au moment où je les voyais, et de là-bas, très loin, on pouvait peut-être voir l’image de la terre telle qu’elle était hier, il y a cent ans, il y a mille ans. Le plaisir d’apprendre à connaître les étoiles, les constellations dont les noms à eux seuls sont une invitation au rêve. Et si on ne les connaît pas, rien n’empêche de laisser les étoiles libres d’en inventer de nouvelles. La lecture de
  • "Lalla ou le chant des sables",
  • d’Angèle Paoli, c’est un peu comme cela, c’est un peu comme la contemplation de la voûte étoilée, une nuit d’été. Si vous revenez au même endroit dans une heure, le ciel aura changé. Si vous relisez “Lalla”, le texte aura lui aussi changé, les mots auront glissé devant votre esprit comme les étoiles dans la profondeur de la nuit. C’est un texte dont on perçoit la respiration et les battements de cœur. Un texte parsemé de mystères dont les clefs sont cachées quelque-part, dans l’oasis, à moins que l’oasis ne soit un mirage. Vous pouvez suivre Lalla, mais elle est déjà bien trop loin pour que vous l’approchiez jamais. Elle part en quête comme un Petit Prince, et pas plus qu’un Petit Prince elle ne craint le serpent des sables. Le Petit Prince disparu, il nous reste son rire dans les étoiles. Lalla disparue, il nous reste le bruit du vent du désert.

    2 commentaires:

    Meliemelo a dit…

    Lalla..la lère... c'est moins beau que tu le dis, mais c'est aussi la femme qui part, sans savoir.
    J'avoue avoir quelque mal à en parler parce que je m'y reconnais.
    Elle traverse les étoiles, seule au milieu des peuplées.
    De plus, ton texte a fait resurgir un souvenir précieux :

    On s'allongeait sur le macadam d'une départementale, chauffé -le macadam- par le soleil de provence.
    Et puis, 7, 8, 9... couchés seuls ou par deux, on regardait le ciel d'été.

    Chacun contait ce qu'i savait ou ce qu'il rêvait.

    Certains s'endormaient doucement.
    Nous les revouvrions de nos propres couvertures et puis, comme Alla, nous rentrions, seuls mais avec les autres.

    Merci.

    amourcuisant a dit…

    Mélie, nous avons les mêmes lectures, et ce n'est pas fait pour m'étonner. Et votre imprudence digne du hérisson le plus inconscient ne m'étonne pas non plus : s'allonger sur la route en pleine nuit ! N'empêche, la prochaine fois que vous y allez, prévoyez une couverture pour moi :-)