lundi, octobre 13, 2008

Blanche Neige et frissons

Prenez un bon thriller. Un thriller des frères Coen, par exemple. Non, plutôt des frères Grimm. Un classique. Disons "Blanche Neige". Vous savez, le genre d'histoire au titre innocent qu'on vous lisait autrefois pour vous endormir et qui vous empêchait de dormir toute la nuit. Et je parie que vous aussi, à votre tour, vous l'avez lue à vos enfants "pour les endormir". Mais là n'est pas le sujet. Donc, prenez Blanche Neige, le plus délicatement du monde, cela va de soi, et sortez-la du livre. Posez-la sur une scène. Confiez à Angelin Prejlocaj et son ballet l'impossible défi : recréer "pour de vrai" (bon en fait c'est pour de faux mais quand on le voit on croit vraiment que c'est pour de vrai, je vous assure) l'histoire de Blanche Neige. Et pas de droit à l'erreur, on n'est pas au cinéma ou dans un dessin animé. Pas de seconde prise. La musique symphonique de Mahler, exprimant une sorte de "Heimweh" flamboyante dont le thème nostalgique est le cœur de nos émotions les plus secrètes . Les costumes de Jean-Paul Gaultier : oui, je sais, moi aussi j'étais dubitatif, tant ce monde de la Haute Couture m'est étranger, mais il faut reconnaître que c'est une réussite. Ajoutez des décors fabuleux, le talent des danseurs, la chorégraphie riche en surprises. L'ombre de Thanatos vous fait frissonner. La flamme d'Eros vous éblouit. La magie est là. La magie fonctionne. Si vous avez la possibilité de voir ce spectacle au Théâtre National de Chaillot, profitez-en. Et puisqu'ensuite les danseurs du Ballet Prejlocaj partiront semble-t-il pour une tournée qu'on leur souhaite la plus longue possible, s'ils passent dans votre région, ne manquez pas d'aller les voir.

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