lundi, novembre 03, 2008

L'ombre de lui-même

Le spectateur attend en vain pendant l'heure et demie que dure la projection l'once de répit que lui a promis le titre du film. Il n'y a pas de répit. Le film va à la vitesse d'un jeu vidéo au galop, au point qu'on se demande si ce n'est pas avant tout la bande-annonce d'un jeu vidéo. Certes, on s'amuse, mais on s'amuse comme à un manège de Fête Foraine. On est loin, très loin de James Bond. On se dit que James Bond, c'est comme le Beaujolais Nouveau, et on se rappelle qu'il est arrivé par le passé que des indélicats mettent sur le marché du Beaujolais Nouveau frelaté. Alors, ce James Bond est-il tout simplement un James Bond frelaté ? À chacun d'en décider. En tout cas, no offense intended, Daniel Craig est certainement un grand acteur, mais, dans Quantum of solace, il a plus l'allure d'un sous-marinier de la Kriegsmarine que d'un agent secret de Sa Très Gracieuse Majesté. Ensuite, et surtout, les 7 règles de base d'un 007 sont négligées, oubliées. Je compte sur M pour les rappeler à la production du prochain épisode :
001 : de l'humour.
002 : au moins une séquence Moneypenny.
003 : au moins une vodka-martini. Au shaker, pas à la cuiller.
004 : au moins une fois la réplique "Mon nom est Bond, James Bond."
005 : au moins une séquence Q, ou à la limite R.
006 : au moins une séquence de casino. De préférence une partie de chemin de fer. Le sabot donne toutes les bonnes cartes à Bond et des coups de pied de l'âne au méchant qui bouillonne de l'autre côté du tapis vert, mais ne peut pas exploser, parce qu'il y a plein de monde autour, c'est bien fait pour lui, nananère, il avait qu'à être gentil.
007 : et bien sûr une histoire d'amour (impossible) dans l'histoire, et pas seulement quelques papouilles à la va-vite et sans conviction. Bond n'est pas (qu')une brute, nom de nom !

Sinon, la prochaine fois, quand l'agent d'la reine reviendra, ma parole nous on r'viendra pas.

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