dimanche, mars 23, 2008

BLOG OCCUPÉ
ÉTUDIANTS EN COLÈRE

A.C. :
Mais qui êtes-vous ? Que font tous ces jeunes gens ? Qui vous a permis de sortir ces pinceaux et ces pots de peinture alors que l'atelier n'est pas encore ouvert ? Et que signifie cette banderole à l'entrée de mon blog ?
Dany : On m'appelle Dany le Rouge ! Eux, ce sont mes potes, les étudiants en grève et en colère. Et cette banderole signifie la fin du Vieux Monde, la fin de ton blog. Désormais, ce blog est le bien de tous !
A.C. : Le bien de tous ? Mais enfin il n'en est pas question ! Pourquoi êtes-vous en colère ?
Dany : Nous exigeons d'avoir notre part de la roséine, que toi et la bourgeoisie avez accaparée et monopolisée à votre profit !
A.C. : Votre part de roséine ? De toute évidence, vous ne savez pas ce dont il s'agit ! Et puis d'abord comment êtes-vous entrés ici ?
Dany : On a investi les lieux hier, 22 Mars. Cette date entrera dans l'Histoire. Et on a pas eu de mal à entrer : tout était ouvert.
A.C. : Qu'est-ce que vous racontez ? Tout était tout vert ? Et c'est pour ça que vous avez mis des drapeaux rouges partout ?
Dany : On a mis aussi des drapeaux noirs.
Les jumelles : Dany, viens jouer avec nous. À jamais. À jamais.
Dany : Ah non, vous, fichez-moi la paix ! Je fais la révolution.
A.C. : Mais je vous interdis bien de faire la révolution dans mon blog. Est-ce que vous vous rendez compte que je comptais aujourd'hui publier un texte d'une remarquable qualité littéraire, illustré par une image inédite d'une beauté à couper le souffle ?
Dany : Écoute pépé, j'ai pas l'temps de discuter avec toi. Alors, soit tu prends un pinceau et tu nous aides à préparer les pancartes pour la manif, soit tu te casses.
Jack : Qu'est-ce qui se passe ?
A.C. : Je ne sais pas. Je ne comprends rien. C'est ce M. Lerouge, là. Il veut faire la révolution.
Jack : La révolution ? Chouette ! J'en suis, ça va me rappeler ma jeunesse !
Edouard : Mais enfin quelqu'un va-t-il m'expliquer ce que signifie cette anarchie et ce charivari ? Devant l'ascenseur, je viens de me faire aborder par deux gamines qui voulaient que je vienne jouer avec elles, et à jamais par dessus le marché ! Moi, jouer à la marelle ? Non, mais elles ne m'ont pas regardé ?
Jack : C'est la révolution, Edouard ! Oh, à propos de l'ascenseur, je vous signale qu'il y a une grosse fuite d'éosine.
Edouard : La révolution ? Il faut appeler la police !
A.C. : Ah non. Nous allons tout de même bien réussir à régler cela par nous-mêmes.
Jack : Si, Edouard a raison. C'est une excellente idée. Moi je préviens la presse, et ce soir on passe au 20H. Bingo !
Les jumelles : Edouard, viens jouer avec nous. À jamais. À jamais.
Edouard : Je vous demande de vous arrêter.
A.C. : Bon, allez, donnez-moi un coup de main. Nous allons offrir à chacun de ces jeunes écervelés un gros pot de confiture de roséine. Ils l'ont bien méritée.
M. Torrance : Daaaaany ! Daaaaaaaaaany !
Jack : Et ce type avec une grosse hache, qui c'est ?
A.C. : Lequel ?
Jack : Celui qui arrive, là-bas, en claudiquant.
M. Torrance : Daaaaaanyyyyy ? Daaaaaaany !
Dany : Mince, c'est mon vieux. Il faut que je me tire vite fait. Il est complètement givré. Où je peux me cacher ? Vite !
Edouard : Jeune homme, vous pourriez faire preuve d'un peu plus de respect envers votre père.
A.C. : Écoutez, ça commence à bien faire. Ce blog n'est pas un moulin. Bon, tenez, voici les clefs du hammam. Allez vous y cacher. Mais dès que votre père est parti, vous me videz les lieux.
Dany : Merci pépé.
A.C. : Cessez de m'appeler "pépé", c'est vexant à la fin.
Edouard : Et n'importunez pas ces dames, petit voyou !
M. Torrance : Daaaaany ! Daaaaany ? Pardon messieurs, vous n'auriez pas vu mon fils ? Un petit rouquin un peu tête-à-claques ?
Edouard : Juste... Aïe ! Mais enfin Jack, pourquoi me bourrez-vous de coups de coude ?
A.C. : Un petit rouquin ? Non, ça ne nous dit rien. Pourquoi ne pas allez voir à côté ? Sur le blog de Mélie, par exemple ? Ce serait assez son genre, d'héberger un petit rouquin un peu tête-à-claques. À cette heure-ci, je suis sûr que vous les trouverez au bar à tapas.
M. Torrance : Merci pour le renseignement. Dites-moi, vous ne rechercheriez pas un gardien pour votre blog, par hasard ?
A.C. : À vrai dire, non.
M. Torrance : Pour l'hiver prochain, peut-être ?
A.C. : Si le besoin s'en fait sentir, je penserai à vous.
M. Torrance : Merci. J'aime bien cet endroit. Je sens que je pourrai m'y concentrer, et écrire, écrire, écrire, écrire, écri...
A.C. : Si vous voulez rattraper votre fils, il vaudrait mieux vous dépêcher, monsieur... monsieur comment au fait ?
M. Torrance : Torrance. Jack Torrance.
Jack : Enchanté Jack. Moi, c'est Jack. Belle hache que vous avez là.
A.C. : M. Torrance ? Oh, mais alors ce n'est pas votre fils. Il a dit qu'il s'appelait Dany Lerouge.
M. Torrance : Le petit jean-foutre a encore changé de nom ? Et il croit vraiment que cela va m'empêcher de le retrouver ? Daaaaaany ? Daaaaaaaaaaaaanyyyyy !!!!!!
A.C. : C'est ça, au revoir, M. Torrance.
Edouard : Ah, c'est plus calme tout à coup.
A.C. : Je crois que c'est ce M.Torrance qui les a un peu inquiétés.
Edouard : Il a un drôle de regard.
A.C. : J'espère qu'ils ne sont pas tous partis se réfugier au hammam.
Jack : Qu'est-ce qu'on fait pour la presse ?
Edouard : Si on allait faire un tour au hammam ? Avant que les petits voyous n'importunent ces dames ?
A.C. : Bonne idée. Allez-y. Je range un peu ce bazar et je vous rejoins.




dimanche, mars 16, 2008

Un rien la déshabille

J'aime beaucoup cette photo : elle est comme un boîte à musique que l'on s'apprête à ouvrir. On ne sait pas encore quelle mélodie va en sortir, de même qu'on ne sait pas ce qui attend cette demoiselle derrière la porte. Ainsi vêtue et dévêtue, elle est plus nue que nue, et le geste bien inutile qu'elle fait pour se cacher est la note bleue érotique de cette composition.

Source de la photographie : American Apparel

mercredi, mars 12, 2008

La fessée mise en scène

Voilà un petit texte qui se déguste comme un chocolat à la liqueur. Une farce signée Jean-Louis Bauer, où le lecteur trouvera, nichées dans un humour délibérément potache, quelques très jolies réflexions sur les mystères de la fessée. En exergue, cette phrase du professeur John Littlewood : "Car si l’on a supprimé la fessée de la pratique pédagogique, on ne l’a pas ôtée de notre imaginaire collectif."
Le monde est petit : le professeur Shoubidoua revient tout juste d'une tournée internationale de conférences sur les Fessées des Pyrénées. Qui a-t-il rencontré à Oxford ? Le professeur Littlewood ! À Oxford ! À moins que ce ne soit à Cambridge. Toujours est-il que Littlewood, très fier d'avoir été cité, a offert le livret de la pièce à Shoubidoua. Et Shoubidoua, connaissant mon goût pour les Arts de la Scène, m'en a offert à son tour un exemplaire dès son retour en France.
Il semble que la pièce soit prévue à l'affiche
du théâtre de la Madeleine, à Paris, au joli mois de Mai.

mercredi, mars 05, 2008

Retour de fessée pour coquine Faustine ?

Messieurs Aupinsec et Hallaux vont être contents : il paraît que la fessée parentale est de retour. En tout cas, c'était le thème du jour de la toujours intéressante émission de Faustine Bollaert sur Europe 1, "Faut qu'on en parle" (poscast disponible sur le site www.europe1.fr). Le hasard fait bien les choses, je l'ai écoutée. Si, je vous jure que c'est un hasard. À la fin de l'émission, la mutine Faustine, qui sait ne pas trop se prendre au sérieux et qui ne manque pas d'humour, interroge sur ce brûlant sujet sa consœur et néanmoins amie Valérie Benaïm. Je ne résiste pas au plaisir de vous livrer la teneur de ce petit dialogue :

Faustine : Merci beaucoup Valérie en tout cas d'avoir été en direct avec nous. Je rappelle que vous êtes tous les soirs du lundi au vendredi sur Direct 8, à 19h50, dans Culture 8. La première était il y a à peine deux jours : ça s'est bien passé Valérie ?
Valérie : Très bien. Y a pas eu de fessée.
Faustine : Y a pas eu de fessée ? (Rires). En tout cas, je suis sûre qu'il y a plein d'hommes qui aimeraient vous en donner...
Edwige Antier : Ah, on y revient... (des allusions à la fessée érotique - et à l'érotisme de la fessée - avaient été faites plus tôt dans l'émission).
Valérie : C'est vous qui êtes coquine en fait !
Faustine : C'est moi qui suis coquine, mais c'est parce-qu'on se connaît que je me le permets. Merci beaucoup Valérie.
Valérie : Je vous en prie.
Faustine : À bientôt, je vous embrasse.
Valérie : Allez, au revoir.

Faustine, s'il vous plaît, vous nous faites une émission sur la fessée érotique avec Valérie comme invitée ?

Illustration : ?





lundi, mars 03, 2008

Découverte de la roséine : un coup de fouet au fondement de la recherche en Science Manuelle Appliquée !
Professeur Shoubidoua : “Le Prix Nobel ne m’intéresse pas.”

C’est ainsi que la science avance : par surprise. Et la dernière est de taille. Nous avons la chance d’accueillir aujourd’hui le Professeur Shoubidoua, découvreur de la roséine.

A.C. : Professeur Shoubidoua, merci de nous faire l’honneur de votre visite, et de la primeur de vos déclarations concernant la roséine.
Prof. Shoubidoua : Tout le plaisir est pour moi.
A.C. : Professeur, on vous doit donc la découverte de la roséine...
Prof. Shoubidoua : Pour être juste, c’est aussi à mon équipe qu’en revient le mérite : vous savez, je ne travaille pas seul...
A.C. : Cette précision vous honore. La découverte de la roséine a été qualifiée par de nombreuses personnalités du monde scientifique comme au moins aussi importante que celles de la pénicilline et de la trinitroglycérine réunies. Mais pouvez-vous tout d’abord expliquer à nos lecteurs ce qu’est la roséine ?
Prof. Shoubidoua : Bien volontiers. Pour simplifier, disons que la roséine est une sorte d’endorphine, mais une endorphine infiniment puissante. Sa spécificité est qu’elle n’est sécrétée qu’en une seule et unique circonstance : la fessée.
A.C. : C’est tout à fait extraordinaire. Et quels sont les effets de la roséine sur l’organisme ?
Prof. Shoubidoua : Justement, c’est ce qui est remarquable. La roséine, nous le savons désormais, est responsable de l’ensemble des bouleversements qui affecte l’organisme d’une personne soumise à la fessée : sentiment de “pudeur alarmée”, accélération du rythme cardiaque et de la respiration, vocalisations diverses, bien sûr rosissement de la peau de certaines régions du corps, d’où le nom de roséine que nous avons choisi de lui attribuer, sensation de cuisson intense des mêmes régions. Et, selon les circonstances, mais c’est là un mystère que nous n’avons pas encore élucidé, douleur cuisante ou plaisir extrême, voire parfois douleur cuisante mêlée à un plaisir extrême ! Mon hypothèse est que douleur et plaisir sont toujours intimement entrelacés, mais ressentis de façon plus ou moins intense en fonction des circonstances.
A.C. : Et vous avez donc réussi à isoler la roséine ?
Prof. Shoubidoua : Nous avons non seulement réussi à l’isoler, mais nous sommes désormais en mesure de la fabriquer artificiellement.
A.C. : Peut-on imaginer qu’un jour, la roséine sera disponible dans le commerce sous forme, je ne sais pas, d’une crème à appliquer sur la peau ?
Prof. Shoubidoua : Mieux que l’imaginer : c’est fait. Cela pourrait être une crème à appliquer sur la peau, mais nous avons plutôt choisi l’option de la crème pâtissière ou Chantilly : la roséine a un délicieux goût légèrement acidulé. Nous avons déjà procédé à de nombreux tests qui donnent des résultats tout à fait inespérés.
A.C. : C’est à peine croyable. Vous voulez dire qu’une personne qui mangerait de la crème pâtissière parfumée à la roséine ressentirait dans les instants qui suivent tous les effets d’une fessée ?
Prof. Shoubidoua : De la crème pâtissière, ou de la confiture, ou un gâteau, ou une friandise : tout aliment peut-être parfumé à la roséine !
A.C. : Donc une personne qui ingérerait un tel aliment...
Prof. Shoubidoua : Cette personne ressentirait en effet dans les secondes suivant l’ingestion les effets d’une fessée, plus ou moins forte bien sûr en fonction de la concentration en roséine de l’aliment.
A.C. : Messieurs Aupinsec et Hallaux, du collectif “Une Bonne Fessée N’a Jamais Fait de Mal à Personne”, ont exigé dès la publication de vos travaux que les professeurs de collège en zône d’éducation prioritaire soient dotés d’un stock de boules de gomme à haute teneur en roséine, boules de gomme qu’ils seraient autorisés à offrir aux éléments les plus perturbateurs de leurs classes...
Prof. Shoubidoua : Nous nous opposons absolument à une telle utilisation de la roséine. Les zônes d’éducation prioritaires ont d’autre priorités !
A.C. : Professeur, ne craignez-vous pas que le public cède à la facilité, et que la roséine remplace la bonne vieille méthode manuelle qui prévalait jusqu’à aujourd’hui, au risque de perdre beaucoup en pittoresque ?
Prof. Shoubidoua : Ce ne sera pas le cas, car vu son coût de production, la roséine ne pourra jamais être qu’un “extra”.
A.C. : Professeur, je vois que vous nous avez apporté un pot de confiture de fraises. C’est pour notre quatre-heures ?
Prof. Shoubidoua : Ce n’est pas de la confiture de fraises, c’est de la confiture de roséine. Et ce n’est pas pour vous, c’est pour mademoiselle Pinça Sukre, de l’association “Arrêtons les fessées”.
A.C. : Mademoiselle Pinça Sukre ?
Prof. Shoubidoua : Oui, je l’ai croisée l’autre jour à l’occasion d’un débat télévisé sur les Fessées des Pyrénées, et... j’avoue que... elle...
A.C. : Elle ?...
Prof. Shoubidoua : Eh bien si vous voulez tout savoir, elle ne m’est pas indifférente. Je lui ai fait envoyer des roses le soir même, mais elle ne les a pas acceptées. Elle est persuadée que je suis un partisan acharné d’un retour de la fessée à visée répressive, ce qui est un contresens. Pour moi, la fessée ne saurait être que libératrice. Bref, je vais ce soir la retrouver pour une discussion radiophonique, et je compte profiter de l’occasion pour lui offrir ce pot de confiture. On la dit très gourmande.
A.C. : Ne craignez-vous pas qu’elle soit un peu... surprise des conséquences de sa gourmandise ?
Prof. Shoubidoua : J’ai pris garde de ne pas forcer la dose de roséine.
A.C. : Professeur, on parle de plus en plus de vous pour le Nobel de Science Manuelle Appliquée...
Prof. Shoubidoua : Le Nobel ne m’intéresse pas. Ce que je veux, c’est conquérir le cœur de mademoiselle Pinça Sukre.
A.C. : Professeur, c’est le succès que nous vous souhaitons, et qui viendra, n’en doutons pas, couronner votre réussite. Merci de votre visite. Saluez bien mademoiselle Pinça Sukre de notre part.
Prof. Shoubidoua : Je n’y manquerai pas.


© Amour Cuisant Science Manuelle Appliquée 2008
Photographie : ?