jeudi, mai 29, 2008

Une recette de tarte aux pommes (d'api d'api rouges) à la mode 68+20
Pour Mélie, qui n'a pas peur des sorcières, et qui sait quel est le rapport.

Quand elle entra dans la cuisine, il était en train de saupoudrer de farine une boule de pâte.
- Que nous prépare le chef ?
- Une tarte aux pommes.
- Vrai ? Super. Tu devrais libérer plus souvent tes matinées.

Elle s’approcha et chipa un petit morceau de pâte.
- Bas les pattes ! fit-il.
- Oh mais c’est juste pour goûter.
- Que je ne t’y reprenne pas.
Elle se plaça derrière lui, l’enlaça :
- Les mains d’un homme dans la farine, voilà qui ferait une belle chanson.
Il se retourna, l’enlaça à son tour. L’embrassa à pleine bouche. Puis :
- Maintenant, si tu ne me laisses pas finir, il n’y aura pas de tarte aux pommes. J’aime beaucoup ton pyjama. Très régressif, mais j’aime beaucoup.

Elle était pieds nus, vêtue d’un léger pyjama bleu pâle, veste à manches courtes et bas façon short. Elle se dressa sur la pointe des pieds, piqua un baiser près de son oreille et murmura :
- Je comptais le garder toute la journée.
Puis elle s’écarta et dit d’un ton soudain sérieux :
- Par contre, je te rappelle que tes enfants sont eux aussi toujours en pyjama et qu’ils n’ont pas pris leur petit déjeuner, qui d’après toi est le repas le plus important de la journée mais qu’ils ne prennent jamais faute de temps.
- Écoute, je ne peux pas tout faire. Va les lever.
- Non. À toi de faire preuve d’autorité.
Il soupira, s'essuya les mains, et quitta la cuisine d’un pas décidé.

Il redescendit après quelques minutes.
- Alors ? demanda-t-elle.
- Ils arrivent.
- Vraiment ?
ll se remit à sa pâte, termina de la fraiser, la plaça dans un saladier qu’il recouvrit d’une serviette. Les pommes furent épluchées, la pâte trouva le chemin d’un moule, fut bientôt garnie. Placée dans le four qui ronronnait déjà depuis un moment.
- Ils ne sont toujours pas descendus, fit-elle remarquer avec un air de ne pas y toucher.
- Zut, quelle heure est-il ?
- Bientôt trop tard pour qu’ils déjeunent.
Il servit deux verres de jus d’orange, but le sien. Le chat sortit de nulle part et se mit à miauler devant sa gamelle. Il lui donna des croquettes et du lait, puis sortit du réfrigérateur les œufs et la crème fraîche. Sortit le sucre en poudre et la vanille d’un placard. Prépara son petit mélange secret qui n’avait rien de secret.
- Toujours personne, insista-t-elle avec un air faussement étonné. Ils se sont peut-être rendormis ?
Comme en réponse, une cavalcade à l’étage.
Les enfants descendirent l’escalier en se bousculant. Il y eut un échange de noms d’oiseaux. Ils déboulèrent dans la cuisine :
- Ben alors papa ! Qu’est-ce que t’attends ? On va encore être en retard à cause de toi !
- Et votre petit déjeuner ?
- Pas le temps.
- Pis on a pas faim.
Il soupira, sortit de la pièce à leur suite, non sans se retourner vers elle, l’index levé :
- Et pas touche à mon mélange secret !
Elle leva la main droite, croisa majeur et index :
- Promis !

Lorsqu’il revint de l’école, elle venait de verser le café dans leurs bols. Il posa les croissants sur la table, s’assit. Elle dit :
- J’espère que tu te rends compte qu’en tant que papa, tu n’as absolument aucune autorité.
Il versa un peu de lait dans les bols. Lui offrit un croissant, mordit dans le sien.
- Je l’avoue.
- C’est tout ce que tu as à dire pour ta défense ?
- Madame, mes enfants sont heureux et épanouis avec un papa sans autorité. Pourquoi changer ?
- C’est trop facile. Il vont devenir délinquants. Pire peut-être, ils vont se mettre à regarder le Loft à la Ferme ou la Star Ac.
- Tu es sûre que ça existe encore ?
- En tout cas, quand j’étais petite ça ne se serait pas passé comme ça.
- Ah oui ? Et comment cela se serait-il passé ?

Il but une gorgée de café. Il se doutait un peu de la réponse, il devinait très bien où elle voulait en venir, et il était bien décidé à jouer le jeu.

- Mon père se serait fâché, affirma-t-elle.
- Et qu’aurait-il fait ?
- Figure-toi qu’il m’aurait fessée. Tout simplement.
- Fessée ? Mais tu as grandi quand ? Au Moyen Âge ?
Elle lui tira la langue.
- N’empêche qu’au moins on obéissait.
- Tout de même. Fessée !
- Même qu’une fois j’y ai eu droit à la cuisine, justement. Et le pire de tout, c’est que mon frère était présent. J’ai cru mourir de honte.
- Pourquoi de honte ?
- Mais parce-que c’était une fessée déculottée ! Ce n’est pas tant la fessée elle-même qui m’a coûté ce jour là, c’est de l’avoir reçue sous ses yeux.
- Il a souvent assisté à ce spectacle édifiant ?
- Une fois m’a suffit.
- Et qu’avais-tu fait qui justifiait un pareil traitement ?
- Je ne me rappelle plus... C’est drôle, parce-que je me rappelle précisément les vêtements que je portais, une jupe écossaise à bretelles et un chemisier blanc. Une vraie petite fille modèle. Et je me rappelle que ma mère m’a reproché de me promener en socquettes, sans chaussons, “on voit bien que ce n’est pas toi qui fait la lessive” et tout le tralala... Ah si, attends, je sais. C’était un mot dans mon carnet de la prof de couture, avec un zéro de conduite
- La prof de couture ? Vous aviez des cours de couture ?
- Oh je te l’ai déjà raconté dix-mille fois, mais décidément tu ne m’écoutes pas. Oui j’avais des cours de couture et je détestais ça. Et ce qui me révoltait le plus, c’est que ces cours imbéciles nous étaient réservés à nous, les filles, tandis que les garçons faisaient je ne sais plus quelle noble activité à la place.
- En tout cas tu n’as pas changé : tu ne mets toujours pas de chaussons, et tu détestes toujours autant la couture.
- Tu n’avais qu’à épouser une petite main. Donc oui, c’est ça. Cette vieille bique avait mis un mot incendiaire dans mon carnet, et un zéro de conduite. Résultat des courses : cette fameuse fessée.
- Tu ne m’enlèveras pas de l’idée que tu as grandi chez les barbares.
- N’empêche que moi au moins, je suis bien élevée, et JE PRENDS MON PETIT DÉJEUNER TOUS LES MATINS.
- Un point pour toi.

Il prit les bols vides, alla les placer dans l'évier. Il sortit la tarte du four. Quand il se retourna, elle avait du jaune sur le bout du nez.
- Toi, tu viens de mettre le museau dans mon bol de mélange secret.
- Moi ? Mais pas du tout.
- J’en ai la preuve.

Il versa le mélange secret sur la tarte, la remit dans le four pour quelques minutes.
Le chat avait bondi silencieusement sur la table. ll s’était assis et les regardait, les yeux mi-clos.

- La preuve monsieur l’Inspecteur ? Et où est-elle, cette preuve ? demanda-t-elle d’un ton bravache.
Du bout de l’index, il essuya la preuve sur le bout du nez de la coupable, et la brandit avant de la faire disparaître dans sa bouche.
- Je vous en prie, ça a été plus fort que moi, mais je ne recommencerai plus, dit-elle d'un ton penaud.
- Ma petite fille, tu ne m’as pas obéi. Tu étais prévenue.
Elle se tortilla sur sa chaise. Se mit à rougir. Il annonça :
- Cette fois, c’est la fessée.
Elle se leva d’un bond :
- Non ! Pas la fessée !

Il l’avait attrapée par le poignet. Elle le supplia en montrant le chat :
- Pas devant lui ! Pas la fessée devant lui !
- Je connais très bien ce garçon. Nous pouvons compter sur son absolue discrétion.

Il écarta une chaise de la table, s’y assit sans la lâcher. Elle le laissa la basculer en avant, s’installa en travers de ses cuisses, agrippa avec un fou rire les pieds de la chaise.
- Et en plus ça te fait rire ?
Il donna une tape sur la large croupe, sentit sa peau vibrer sous le tissu fin.
Elle cria :
- Non, c’est insupportable ! Pitié !
- Comédienne ! Tu vas voir...
Il saisit le short du pyjama à la ceinture, et d’une main, tirant d’un côté puis de l’autre, il la dénuda, tandis qu’elle poussait des cris de détresse :
- Non, pas la culotte ! Pas devant lui !
Le chat cligna des yeux.
- Si tu voyais les belles fesses que tu as. Un peu grassouillettes, forcément, avec toutes ces tartes aux pommes, mais vraiment très belles. Une grande fille comme toi, recevoir encore la fessée déculottée comme une gamine qui aurait eu un zéro de conduite. Tu devrais avoir honte.

Et c’est vrai qu’elle avait de belles fesses. Larges et bien rondes, fraîches comme de la crème de Normandie. Il la fessa. Une dizaine de claques bien appliquées, bien sonores, qui transformèrent la crème en lait-fraise. Elle avait la fessée très théâtrale. Elle cria, ulula, battant des jambes au rythme des claques, à tel point que le short se retrouva sur le carreau de la cuisine.
Il l’aida à se relever. Il l’embrassa goulûment et sentit qu’elle le libérait de son pantalon. Elle se tourna, se pencha en avant, le buste sur la table, l’aida à entrer en elle. Elle étendit ses deux bras sur la table. Sa respiration s’accéléra. Il s’était penché sur elle, lui mordit doucement le gras de l’épaule. Elle ulula à nouveau.

Le chat avait disparu bien avant la fin, contrarié par tant d’agitation et de vacarme.
Elle insista pour qu’ils reprennent un autre bol de café, et annonça son intention de ne pas remettre son bas de pyjama dans l'immédiat :
- J'ai besoin d'un peu de fraîcheur, expliqua-t-elle.

Elle vint s’asseoir sur ses genoux, l’embrassa. Il dit :
- J’espère que cette fessée te servira de leçon.
- Oh oui. Je te promets de pas recommencer.
Puis, après une petite pause, elle ajouta :
- Pas avant la prochaine fois en tout cas.

Le four se mit à biper avec obstination.
La tarte était prête.

© Amour Cuisant 2008

jeudi, mai 22, 2008