vendredi, octobre 31, 2008

Mamie Lumière et Tante Cravache

La commémoration du centième anniversaire de la naissance de Françoise Dolto a donné lieu à la publication de bon nombre d'articles de presse, avec pour points communs ce présupposé : elle est à l'origine du "culte de l'enfant roi", et cette question : le temps est-il venu de remettre en cause son héritage ?
Ces articles étaient illustrés par des exemples relatant les expériences de "familles Dolto" et de "familles anti-Dolto". Les premières étant censées faire la part (trop) belle à la discussion et à l'explication, tandis que les dernières n'hésitaient pas à recourir aux "vieilles" méthodes, à l'instar du témoignage de cette architecte, qui évoquait sans amertume la badine familiale, surnommée "Tante Cravache", qui vous permettait d'expier vos fautes en vous fouettant un peu le sang.
Bien que n'ayant d'autre autorité en la matière que le sens commun, je me permets d'ajouter mon grain de sel : je crois totalement absurde d'opposer ainsi des modes de fonctionnement familiaux en les cataloguant en référence à Françoise Dolto, comme si celle-ci avait jamais prétendu nous présenter des Livres de Loi imposant des comportements types que nous étions priés de suivre à la lettre, ce qu'elle n'a jamais fait. Il y a peu de temps, le pédopsychiatre Aldo Naouri, dont je ne mets pas en cause bien sûr la valeur et la riche expérience, a publié un livre qui a eu droit à force publicité et fort peu de critique : ce livre, oui, me semble de l'anti-Dolto, pour deux raisons. D'abord justement parce-qu'il prescrit des comportements, de façon parfois totalement caricaturale et rigide, par exemple : "Il FAUT retirer le doudou à l'âge de DEUX ans SANS donner d'explications". Cela, je l'ai entendu le répéter dans diverses émissions de radio sans qu'un journaliste ne lui pose enfin la question : "Pourquoi pas plutôt à deux ans moins une heure, ou à deux ans plus une heure, ou à quinze ans, ou à trente ans ?" Quant aux explications, elles seraient dangereuses et anxiogènes. Ensuite, ce grand spécialiste nous assène ses théories, comme par exemple celle-ci concernant les caprices et les troubles du comportement du jeune enfant : ils surviendraient quand l'enfant prend conscience que "sa mère est en mesure de le tuer" (sic). Là encore, aucun journaliste n'a eu l'idée de lui demander d'où il sortait cette théorie, et surtout ce qui lui permettait de l'énoncer comme une vérité première. Voilà deux choses que Françoise Dolto ne faisait pas : prescrire des comportements rigides, et prêcher SA vérité.
Françoise Dolto n'a pas inventé le culte d'un enfant roi. Elle nous a simplement appris à mieux communiquer avec nos enfants. Françoise Dolto fait partie de ces penseurs et de ces philosophes qui ont permis à la société, par un travail qui a duré plusieurs siècles, de comprendre mieux l'enfant et l'enfance, de ne plus considérer l'enfant comme un adulte en modèle réduit, mais comme un être en devenir que l'on doit aider à s'épanouir. Il est vrai qu'aujourd'hui, la société semble en phase de régression sur cette conception de l'enfance, le meilleur exemple en étant le fait que la justice tend à nouveau à assimiler le comportement délinquant de l'enfant et de l'adolescent à celui d'un adulte, avec les conséquences que cela entraîne notamment sur la nature des réponses apportées à cette délinquance. On peut se demander, oui, c'est je crois une très bonne question, ce que Françoise Dolto aurait dit de cette "évolution".
Non, l'héritage de Françoise Dolto n'est pas celui d'une Mamie Gâteau.
L'héritage de Françoise Dolto est celui d'une Mamie Lumière.


Dessin : Rémi Malingrëy

samedi, octobre 25, 2008

Courteline ?
Non, Kafka.


Le monde est fou
C’est ce qu’on en dit

Mon chum pis moi

Mon chum pis moi

On n’est pas fous

Moi pis mon chum

Le squelette
Du Géant Beaupré

Pierre Huet - Le Géant Beaupré


Dans la presse écrite, un chroniqueur s’intéresse à l’intérêt que portent les français aux grandes figures de leur passé, au rang desquelles il cite pêle-mêle Dolto, Sartre, Sagan, et Mesrine. Euh... On a encore le droit de jouer à “Cherchez l’intrus”, ou on est obligé de prendre tout le lot ?

“Y a pas d’héros (sic) dans la criminalité, y a qu’des hommes qui sont marginaux et acceptent pas les lois”, annonce d’une voix où l’on sent pointer la jubilation un acteur à la mode pour vanter la sortie d’un film consacré à un truand meurtrier, une “grande figure du passé”, tandis qu’un des auteurs du projet avoue à qui veut l’entendre que les mémoires de la “grande figure” lui servaient de livre de chevet quand il avait douze ans. Le réalisateur confie à propos de la “grande figure” : ” Je ne l'admire pas. Mais j'ai de l'affection pour lui. (...) Tout le monde s'accorde sur le respect qu'il imposait à ses amis comme à ses adversaires. Les policiers eux-mêmes lui reconnaissaient une certaine intelligence, un code d'honneur, une jovialité... (...) (Il) a appris le gangstérisme en regardant les films avec Gary Cooper et James Cagney, et en a tiré son propre code d'honneur.”
Autrefois, la canaille faisait frissonner la bourgeoise en mal d’émotions fortes, aujourd’hui elle fait léviter les dandys et les intellectuels à la page.

Dans les écoles, les enseignants se font écharper par les élèves ou leurs parents pour un regard de travers. Mais si un enseignant perd patience et a un geste de trop, ou si le simple soupçon d’un geste de trop pèse sur lui, il est aussitôt embarqué manu militari par les argousins en grand uniforme, sans aucune jovialité, scrongneugneu, ton compte est bon, mon gaillard !
Tout de même, ces enseignants : ils se font agresser par ceux qui seront peut-être les “grande figures de demain”, et ils ne sont pas capables de réaliser la chance qu’ils ont !

En raison d’une faute d’étourderie dans la rédaction d’un acte judiciaire, deux lettres écritent à la place de deux autres, un violeur récidiviste reconnu dangereux est remis en liberté. “On ne peut pas faire autrement, c’est IMPOSSIBLE, nous expliquent les Docteurs de la Loi.
Question : si demain un greffier facétieux écrit sur un acte du même type que “La Tour Eiffel doit être immédiatement démontée boulon par boulon”, est ce qu’ON NE POURRA PAS FAIRE AUTREMENT ? Ce sera IMPOSSIBLE ? Allez ! On démonte ! Tout de suite ! Tout de suite IMMÉDIATEMENT ! Comme c'est ÉCRIT ! Maktoub ! En plus, ça fera de la place pour construire des tours.

Pendant ce temps, bien au chaud dans leurs bulles dorées, les phynanciers ricanent en regardant les maisons du petit peuple se transformer en bulles de savon.

Y a pas d'éraus dans la criminalité, mais les zéros ont encore de beaux jours devant eux.

Le monde est fou.



jeudi, octobre 23, 2008

Il y a aujourd'hui cinquante ans que les lutins bleus nous aident à schtroumpfer le blues :
Happy Birthday Spanking !

vendredi, octobre 17, 2008

Et si, avant leurs matchs de foutte (diantre !), on leur faisait plutôt écouter ça ?





Après tout, les premières mesures sont les mêmes, mais reconnaissons que les paroles de cette version sont plus propices à l'entente cordiale. Et je ne crois pas impossible qu'ils n'aient besoin en effet que de cela.



Après le match,
ils auront le droit de faire un ou deux graffitis.







Et après ça, une tisane et au lit.


lundi, octobre 13, 2008

Blanche Neige et frissons

Prenez un bon thriller. Un thriller des frères Coen, par exemple. Non, plutôt des frères Grimm. Un classique. Disons "Blanche Neige". Vous savez, le genre d'histoire au titre innocent qu'on vous lisait autrefois pour vous endormir et qui vous empêchait de dormir toute la nuit. Et je parie que vous aussi, à votre tour, vous l'avez lue à vos enfants "pour les endormir". Mais là n'est pas le sujet. Donc, prenez Blanche Neige, le plus délicatement du monde, cela va de soi, et sortez-la du livre. Posez-la sur une scène. Confiez à Angelin Prejlocaj et son ballet l'impossible défi : recréer "pour de vrai" (bon en fait c'est pour de faux mais quand on le voit on croit vraiment que c'est pour de vrai, je vous assure) l'histoire de Blanche Neige. Et pas de droit à l'erreur, on n'est pas au cinéma ou dans un dessin animé. Pas de seconde prise. La musique symphonique de Mahler, exprimant une sorte de "Heimweh" flamboyante dont le thème nostalgique est le cœur de nos émotions les plus secrètes . Les costumes de Jean-Paul Gaultier : oui, je sais, moi aussi j'étais dubitatif, tant ce monde de la Haute Couture m'est étranger, mais il faut reconnaître que c'est une réussite. Ajoutez des décors fabuleux, le talent des danseurs, la chorégraphie riche en surprises. L'ombre de Thanatos vous fait frissonner. La flamme d'Eros vous éblouit. La magie est là. La magie fonctionne. Si vous avez la possibilité de voir ce spectacle au Théâtre National de Chaillot, profitez-en. Et puisqu'ensuite les danseurs du Ballet Prejlocaj partiront semble-t-il pour une tournée qu'on leur souhaite la plus longue possible, s'ils passent dans votre région, ne manquez pas d'aller les voir.

samedi, octobre 11, 2008

Simple comme bonjour :

1) Libérer et rabattre la toile de Nîmes

2) Suivre les indications du pictogramme

vendredi, octobre 03, 2008

video
Comme à la radio

En ces temps de crise, moi, parfois, j'avoue, je regarde la télé. Mais pas Yvan le gladiateur ni Julie Lescaut. À la télé, ce que je préfère, c'est regarder Howard Stern faire de la radio. Il a une façon tellement bien à lui de mettre ses invitées (je vous présente Kira Reed en noir, Taimie en blanc) à l'aise : ça vous réchauffe le cœur, non ?

En ce qui concerne les dialogues, on n'est pas vraiment dans Shakespeare, mais après tout qui peut affirmer que Shakespeare aurait boudé Howard Stern ? Pour ceux d'entre vous qui ont séché les cours d'anglais, voici quelques sous-titres que je vous laisse le soin de placer au bon endroit :

Howard Stern : Vous allez rentrer et faire l'amour ensemble ce soir, n'est-ce pas ?
Copine En Blanc : J'espère bien...
J'ai Encore Oublié Ma Culotte : Hihihi
HS (à JEOMC) : Super. Bon, tu veux une fessée ?
JEOMC : OUI OUI ! S'il vous plaît !
HS : Avec un tambourin et un cable, ou juste ma main ?
JEOMC : J'aimerais bien votre main...
HS : Ma main ? Tu sais que cela risque de me faire de l'effet ?

Préparations. Quand JEOMC s'installe, elle remarque :
- C'est un rêve qui devient réalité.
HS : Et pour moi donc !

On s'installe bien confortablement. HS décide que ce serait mieux avec un petit scénario. Son assistant a une idée géniale et incroyablement originale : HS serait le professeur, et JEOMC l'étudiante qui n'a pas fait ses devoirs.

HS : Tu me désoles. Si tu ne fais pas tes devoirs, je vais être obligé de te mettre un zéro.
JEOMC : C'est pas d'ma faute, c'est juste que j'suis trop occupée par le sexe alors j'ai pas l'temps pour les devoirs.
HS : Soyons sérieux. Tu sais ce que paient tes parents pour cette fac ? Tu as une idée ?
JEOMC : Non...
HS : Probablement 45 000 $ par an. Tu es interne. Tu es sous ma responsabilité. Si tu n'es pas sérieuse, je vais devoir te virer !

L'assistant s'impatiente :
- Fesse-la !
HS : Je fais de mon mieux pour que ça sonne juste. Bon, je vais te fesser, et à chaque claque, je veux que tu me présente tes excuses,...
JEOMC : Oui monsieur.
HS : ... et que tu me demandes la claque suivante. Et dans ces conditions je passerai peut-être l'éponge.
JEOMC : Bien.
HS : Tu sens ma main sur tes fesses ?
JEOMC : Et comment
HS : Prête ?
JEOMC : Vi...

Il la fesse. Il la gronde. Elle n'a pas l'air de trouver cela trop désagréable. Sa copine non plus, puisque quand l'assistant remarque qu'une autre édudiante est présente et attend qu'on s'intéresse à ses notes, elle accepte bien volontiers de venir prendre la place encore chaude.
Soupir.
Comment fait-on pour devenir animateur de talk show à New York ? Il y a une école spéciale ? Sachant que j'ai déjà les lunettes de soleil, je commence quand ?

jeudi, octobre 02, 2008

Ce soir à la télé

Yvan le gladiateur sur M6. Julie Lescaut sur TF1. On ne sait que choisir.

Photo et texte trouvés ce soir sur la page d'accueil de Yahoo!
Comment dire ?... Ah oui : AU SECOURS !!!!!!!!!!
Fais comme l'oiseau ...

On se promène. On a passé la forêt et pris des chemins de traverse. On découvre une maison abandonnée. Il faut passer des ronces pour y accéder. Des fenêtres aux volets clos, d'autres béantes comme des yeux crevés. La porte est entrouverte. On la pousse, on entre. Un fatras de meubles oubliés, de vieilleries échouées. Là, par terre,
  • un gros cahier.
  • On l'ouvre. Des photos. Des photos surprenantes. On s'assied par terre, on prend le temps de feuilleter. L'herbe folle. La beauté. Les jouets oubliés. Les manèges qui n'en finiront jamais de tourner. La lumière complice. Et elle, si belle, sensuelle et pourtant irréelle par ses mises en scène. On repose le cahier pour que d'autres puissent le trouver et le feuilleter à leur tour. Il faut rentrer avant que la nuit tombe. On reviendra demain.

    Photographie : Cari Ann Wayman