mercredi, novembre 26, 2008

mercredi, novembre 19, 2008


Je ne sais plus très bien dans quel sens roule mon véhicule. Je m’arrêterai à la prochaine aire de repos :

OUI --------------- A

NON -------------- B


Au fait, où est passé le tableau de bord ? Et le volant, où est-il ?

60 km/h --------------------------- C

Un feu rouge clignotant -------D


Corrigé : Sens, contresens, quelle importance ? Tous les chemins mènent à Rome ! En revanche, l’occasion de voyager avec des passagères aussi aimables et bien disposées ne se représentera sans doute pas de sitôt. Je ne m’arrêterai donc pas à la prochaine aire de repos.

Par ailleurs, si je ne suis plus capable de retrouver le tableau de bord et le volant, il y a gros à parier que j’ai consommé des substances illicites en quantité non négligeable. Dans ce cas, le Code de la Route est sans équivoque : j’ai le droit de circuler à 60 km/h à condition de ne pas sortir de ma salle à manger. Un feu rouge clignotant m’avertira du passage à l’heure d’été.

Les bonnes réponses sont : B, C, et D.

samedi, novembre 15, 2008

EXCLUSIF !

W. : "Les Américains m'ont BEAUCOUP déçu."

Il est assis en tailleur, à même le sol recouvert d'épais tapis, confortablement adossé à des coussins brodés. Il nous convie à nous installer de la même façon. Le 5 Novembre dernier, il a tenu à rebaptiser la Maison Blanche "ad-dâr al-baïda" : "C'est ma façon à moi de prendre le maquis", nous confie-t-il avec l'air roublard d'un vieux voleur de poules. À cette heure de l'après-midi, le vaste bâtiment bruisse comme une ruche, mais ici, dans le Bureau Ovale, c'est le calme qui règne. Nous lui demandons l'autorisation d'enregistrer la conversation. Il acquiesce avec un petit geste de la main. Il a l'air pensif. Il se met à fumer la chicha : "Cela m'aide à relativiser", nous explique-t-il.

A.C. : Vous avez changé tout le mobilier ? C'est très sobre désormais : il n'y a plus en fait de meubles que cette grande table basse.
W : J'ai simplement fait évacuer le superflu. Autrement dit, je n'ai gardé que le bureau, dont j'ai fait bien sûr scier les pieds par commodité, puisque désormais il n'y a plus ni chaises, ni fauteuils.

W. verse le thé à la menthe dans les verres décorés d'arabesques. Il nous tend un plateau : "Tenez, goûtez-moi ces rahat-loukoums. Et ces cornes de gazelles ! Elles sont sublimes."
Nous acceptons volontiers de goûter les pâtisseries, qui sont en effet délicieuses. W. est visiblement ravi de voir qu'elles ont du succès : "Allons", nous encourage-t-il, "servez-vous, servez-vous, pas question qu'il en reste."

"Quand je me rends dans une poudrière, je n'oublie jamais mes allumettes."

A.C. : Tout le monde "assis par terre comme ça". L'égalité serait-elle à l'ordre du jour du nouveau Rêve Américain ?
W. : L'égalité, peut-être pas, mais un certain confort certainement : ces coussins en sont la preuve. Et pour tout vous dire, cela me ravit d'imaginer la tête de l'autre quand il va découvrir son nouveau bureau (W. étouffe un rire, il a l'air soudain malicieux). Je donnerais cher pour être là quand il entrera dans cette pièce.
A.C. : Voulez-vous dire que vous avez entrepris ces changements d'aménagement sans en parler à votre successeur ?
W. : En parler à l'autre ? Et puis quoi encore ? C'est encore moi le boss !
A.C. : Vous disiez que vous donneriez cher pour être là quand votre successeur prendra possession des lieux. Est-ce à dire que vous ne lui ferez pas l'honneur de votre présence ce jour-là ?
W. : Ce jour-là, je serai loin. J'en ai soupé de ce pays d'ingrats. Me faire ce coup-là, après tout ce que j'ai fait pour eux. Ils m'ont vraiment beaucoup déçu.
A.C. : Loin ? Au Texas ?
W. : Non m'sieur. Pas au Texas. À la minute où mon mandat se termine, je saute dans un avion, et hop ! Direction Peshawar.
A.C. : Peshawar ? Un voyage d'agrément ? Votre première visite à l'étranger en tant qu'ex-président ?
W. : Rien de tout ça. J'ai décidé de me retirer dans une madrassa. Méditer. (Il boit une gorgée de thé). Prendre enfin le temps. Vous savez, comme ce chanteur canadien, Léonard... (il claque des doigts comme pour stimuler sa mémoire)... Cohen ? C'est ça ?
A.C. : Léonard Cohen ne s'est pas retiré dans une madrassa, mais dans un monastère zen.
W. : Oui, bon, quelle différence ? Et vous avez vu le SUCCÈS de ce type avec les nanas ? Bon, d'accord, je ne chante pas, pas encore, mais je suis sûr qu'une retraite sera des plus bénéfiques à mon image.
A.C. : C'est, vraiment... surprenant.
W. : On a cru me rouler dans la farine de sarrasin, mais vous verrez, je n'ai pas fini d'étonner le monde.
A.C. : Et... vous vous rendez à Peshawar avec tout votre appareil de sécurité, bien sûr ? Certains proches vous accompagneront-ils ? Condi ? Karl ?
W. : Rien du tout. Pas de gardes du corps. Je veux être libre. Condi est gourmande comme une chatte, pas question que je l'emmène pour qu'elle écluse toutes les pâtisseries. Quant à Karl, il n'est pas au courant. D'ailleurs je ne connais personne qui s'appelle Karl, qu'on se le dise.
A.C. : Vous profiterez de cette retraite pour visiter la région ?
W. : Je me déplacerai très peu. J'ai décidé de donner l'exemple en matière d'économies d'énergie.
A.C. : Décidément, vous n'exagériez pas quand vous annonciez que vous alliez encore nous étonner.
W. : Je ne circulerai qu'en mobylette. J'ai racheté celle du mollah Omar. Une super occase. (De nouveau l'air malicieux) Et j'ai déjà la queue de renard qui va me permettre de la customiser !
A.C. :
Pensez-vous jouer un rôle diplomatique parallèle, servir de conseiller spécial dans cette région si troublée ?
W. : Quand je me rends dans une poudrière, je n'oublie jamais mes allumettes.
A.C. : Hé bien, cela nous promet de spectaculaires feux d'artifice.
W. : In shâ' allah.
A.C. : Merci pour cet entretien.
W. : Une corne de gazelle pour la route ?

samedi, novembre 08, 2008

On prend toujours un train pour quelque part

"On prend toujours un train pour quelque part
Un grand train bleu, un grand train blanc, un grand train noir",
disait la chanson d'Amade et Bécaud.
Qui n'a pas rêvé de prendre un train, par une belle après-midi, pour le Pays de l'Enfance, le pays de Zazie et de Bébert ? Un aller-retour, ni vu, ni connu, à la barbe du temps, promis, je serai de retour ce soir, non, j'ai pas oublié mon goûter.
Poussez la porte de la gare Stzuczki, asseyez-vous sur un banc de bois, et attendez. Un peu de patience. Le voilà ! Il n'est pas bleu, ni blanc, ni noir. Il est vert, comme les Tendres Paradis. En voiture ! Ne vous inquiétez pas, les soldats de plomb sont là, qui montent la garde, aucun risque d'erreur d'aiguillage. Les pigeons voyageurs font leur ronde, là-haut dans le ciel. Tout se passera bien. Bien sûr, quand le film sera fini, il faut vous engager à accepter le voyage de retour sans faire d'histoires. Mais après tout, rien ne vous empêchera d'y retourner, maintenant que vous connaissez l'adresse.
Je crois qu'Yves Robert aurait aimé ce voyage.

lundi, novembre 03, 2008

L'ombre de lui-même

Le spectateur attend en vain pendant l'heure et demie que dure la projection l'once de répit que lui a promis le titre du film. Il n'y a pas de répit. Le film va à la vitesse d'un jeu vidéo au galop, au point qu'on se demande si ce n'est pas avant tout la bande-annonce d'un jeu vidéo. Certes, on s'amuse, mais on s'amuse comme à un manège de Fête Foraine. On est loin, très loin de James Bond. On se dit que James Bond, c'est comme le Beaujolais Nouveau, et on se rappelle qu'il est arrivé par le passé que des indélicats mettent sur le marché du Beaujolais Nouveau frelaté. Alors, ce James Bond est-il tout simplement un James Bond frelaté ? À chacun d'en décider. En tout cas, no offense intended, Daniel Craig est certainement un grand acteur, mais, dans Quantum of solace, il a plus l'allure d'un sous-marinier de la Kriegsmarine que d'un agent secret de Sa Très Gracieuse Majesté. Ensuite, et surtout, les 7 règles de base d'un 007 sont négligées, oubliées. Je compte sur M pour les rappeler à la production du prochain épisode :
001 : de l'humour.
002 : au moins une séquence Moneypenny.
003 : au moins une vodka-martini. Au shaker, pas à la cuiller.
004 : au moins une fois la réplique "Mon nom est Bond, James Bond."
005 : au moins une séquence Q, ou à la limite R.
006 : au moins une séquence de casino. De préférence une partie de chemin de fer. Le sabot donne toutes les bonnes cartes à Bond et des coups de pied de l'âne au méchant qui bouillonne de l'autre côté du tapis vert, mais ne peut pas exploser, parce qu'il y a plein de monde autour, c'est bien fait pour lui, nananère, il avait qu'à être gentil.
007 : et bien sûr une histoire d'amour (impossible) dans l'histoire, et pas seulement quelques papouilles à la va-vite et sans conviction. Bond n'est pas (qu')une brute, nom de nom !

Sinon, la prochaine fois, quand l'agent d'la reine reviendra, ma parole nous on r'viendra pas.