vendredi, décembre 18, 2009

La Fayette, nous voilà !

Je vous souhaite un Noël aussi gourmand que joyeux.

Photographie : Jean-Paul Goude

jeudi, décembre 17, 2009

Publicité (dé)culottée ?

Peut-être avez-vous entendu cette pub à la radio ? Il s'agit de vanter les mérites d'une marque de comté, fromage il est vrai délicieux. C'est d'abord un monsieur qui s'y colle : "Moi, je le dévore." En arrière-plan, on entend un bruit rythmique ambiance atelier. Puis une dame à la voix douce nous confie : "Pour moi, c'est un trésor." Et avant le petit dernier, c'est le tour de la jeune fille, qui s'écrie :

- Oh ouuuui... encooore !

Et là, soulignant ce "Oh oui... encore !", le bruit rythmique en arrière-plan, est d'une toute autre nature. À la première écoute, j'ai cru que mon sonotone me jouait des tours : j'ai vraiment eu l'impression que ce n'est pas du comté, qu'elle redemande, mais bien une faisselle.

Je n'ai pas réussi à trouver le fichier audio sur le web, alors j'ai repiqué la pub à la radio comme j'ai pu. Le son n'est pas bon : il faut vraiment tendre l'oreille.
À vous de me dire si mon imagination me joue des tours ?


dimanche, décembre 13, 2009

dimanche, décembre 06, 2009

Amoureuse fessée !

Vous me direz : "Il fallait bien que ça arrive." Et je vous répondrai que vous n'avez pas tout à fait tort. Mais n'allons pas trop vite. Et tout d'abord...

Résumé des épisodes précédents - Aujourd'hui, le Père Fouettard est en mission d'appui aux côtés de Saint-Nicolas. Il s'ennuie ferme : les enfants ont tous été très sages, et ses martinets restent en berne. Aussi, quand le généralissime Issime lui demande de s'occuper personnellement du cas d'Amoureuse, laquelle est convaincue d'usurpation d'identité aggravée, il accepte avec une joie empressée. Peu après, venant de la chambre à l'étage, on entend tout un remue-ménage, des cris, des pas précipités. Une porte qui claque. Le Père Fouettard redescend l'escalier, l'air accablé.

On l'entoure, on s'enquiert : "Père Fouettard, que s'est-il passé ? Êtes-vous parvenu à faire entendre raison à cette écervelée ?" Le Père Fouettard se laisse choir dans un fauteuil, et d'un ton découragé, conte ce qui s'est passé :
- Je n'ai pas eu de difficultés à lui faire ouvrir sa porte : il m'a suffit de prétendre que je lui apportais des chocolats. Mais ensuite...
- Ensuite ?...
- Une fois entré, quand je lui ai annoncé qu'elle allait être fouettée d'importance, elle...
- Elle ?...
- Au lieu de se jeter à mes genoux pour implorer mon pardon, comme le veut la raison en pareille circonstance, la diablesse s'est mise à me traiter de vieux grigou, et même de...
- De ?...
- De vieux cochon ! Non mais... vous réalisez ? Et voilà qu'elle me donne des coups de pieds dans les tibias. Je l'attrape : elle me mord le poignet ! Regardez : on voit encore les marques !
- En effet.
- Elle a de bonne quenottes, la coquine !
- Et ensuite, Père Fouettard ?
- Elle s'est enfuie par la fenêtre !
- Par la fenêtre ?
- Elle est aussi souple et intrépide qu'un chat de gouttière !
- Et vous n'avez pas cherché à l'arrêter ? À la rattraper ?
- J'aurais eu quelques centaines d'années de moins, j'aurais sans doute pu espérer... Mais non, que voulez-vous : ces acrobaties ne sont plus de mon âge.

À cet instant, le Général Dourakine, qui se tient près de la fenêtre, s'écrie :
- Venez, vite. Je l'aperçois.
On se lève, on s'approche précipitamment, on se presse autour de lui, on écarte les rideaux pour mieux voir.
- Regardez, elle danse autour de ce grand escogriffe hispanique. Et là-bas, c'est l'autre, son ami bedonnant, qui approche en soufflant.

Vous l'aurez compris : Amoureuse, grisée par sa fuite audacieuse, est en train de s'en prendre à M. Quichotte, lequel passait par là à grandes enjambées de ses longues pattes de faucheux, suivi à quelque distance par un M. Pança trottinant aussi vite qu'il le peut. Elle lui tire la langue, lui fait les cornes, sautille autour de lui en ricanant, puis, perdant toute mesure, elle tire sa barbichette !
M. Quichotte, qui jusque-là était resté immobile, décontenancé par ce manège inattendu, décide alors que les bornes sont dépassées. Il lance un long bras devant lui. Amoureuse lui échappe de peu. Comprenant qu'elle est allée un peu loin, elle se décide à détaler. Mais M. Quichotte a la foulée redoutable. Il a tôt fait de rejoindre l'inconsciente.
- Regardez, il la tient ! jubile le Père Fouettard.
- Il la courbe sous son bras...
- On dirait bien qu'il la trousse, et même qu'il cherche à...
- À lui baisser sa...
- Elle ne se laisse pas faire...
- Oui, mais on dirait bien qu'il est parvenu à ses fins.

Quelqu'un a entrouvert la fenêtre. M. Quichotte a levé la main bien haut, et soudain...
- Ce bruit...
- Oui, pas de doute, elle la reçoit sur la peau nue !
- Si seulement ils se tournaient de l'autre côté, on ne voit rien...
- Général ! Enfin ! Je vous en prie !.
- Elle se débat comme un diable dans un bénitier...
- Il la tient bien.
- C'est un faux maigre !

Eh oui ! Amoureuse a droit à sa fessée, et croyez le si vous voulez, elle n'oubliera pas de sitôt la longue main du chevalier. Là-bas, M. Pança s'est arrêté. Il considère la scène avec incrédulité, et lui est placé du bon côté, si l'on peut dire. Ah, il faut bien l'avouer, ce tableau-là a plus de pittoresque et, il ne peut s'empêcher de s'en faire la remarque, plus de piquant que les moulins à vent.
Et le bras de M. Quichotte semble aussi infatigable qu'une aile de moulin à vent, justement. Lorsqu'enfin la fessée se termine, c'est un champ de coquelicots qui s'offre au regard brillant de M. Pança. M. Quichotte relève la tête, prend conscience de la présence de son ami. Il relâche aussitôt son étreinte, recule, comme sortant d'un rêve éveillé. Il semble dire : "Qu'ai-je fait ? Que s'est-il passé ?" Amoureuse ne demande pas son reste. Elle rajuste ses vêtements, court chercher refuge à la maison : tout plutôt que risquer d'affronter à nouveau l'ire imprévisible de ce grand échalas d'hidalgo !

C'est l'heure du goûter. On boit du chocolat fumant. M. Quichotte, convaincu d'avoir agi trop vivement, s'est décidé à venir proposer une réconciliation. Il a apporté des nonnettes au miel fourrées de confiture d'orange, des nonnettes venues tout droit de Bételgeuse, où, le chevalier l'affirme, on trouve les meilleures nonnettes de tout l'univers. Il n'a peut-être pas tort : Amoureuse, qui, après avoir séché ses larmes, s'était bien juré de ne jamais pardonné un tel affront, a oublié sa rancune à la première bouchée. "Après tout, ce n'est pas si grave", se dit-elle en se resservant. Elle est d'autant plus rassérénée que M. Pança a laissé entendre qu'il n'avait pas vu précisément ce qui s'était passé : "Vous comprenez, je suis myope comme une taupe." Quant au Père Fouettard, il montre fièrement à qui veut bien les admirer les marques sur son poignet, comme s'il s'agissait de blessures acquises à la guerre : "Oui, elle a de bonnes quenottes, la coquine !" s'exclame-t-il régulièrement. Puis, se frappant bruyamment sur les cuisses , il ajoute : "Quelle journée, mes amis ! Quand je vais raconter tout cela à Saint-Nicolas... Non mais, quelle journée !"

© Amor Caliente de la Mancha 2009
Illustración : Pablo Picasso, desde luego.

dimanche, novembre 29, 2009

La voisine d'à côté fait une entrée remarquée.

Photographie : Paolo Roversi - Collection privée de Méchant Loup.

jeudi, novembre 19, 2009

jeudi, octobre 22, 2009

Wie einst, Titi Marlène

Elle a la gouaille d'un titi parisien et l'impertinence de Zazie.

Marlène, amoureusement pétillante face à Bébel dans "Les mariés de l'An Deux".

Marlène, candidement torride face à Charles Bronson dans "Le passager de la pluie".
Marlène, délicieusement insupportable face à Jean-Claude Brialy dans "Julie pot-de-colle".

Marlène Jobert est, paraît-il, pour les français, la "grand-mère idéale".
Marlène, vous êtes certainement une grand-mère idéale, mais vous êtes aussi, aujourd'hui comme hier, la plus charmante des chipies de notre grand écran.

jeudi, octobre 15, 2009

dimanche, octobre 11, 2009

Nuit polaire

Si vous habitez le Jardin de la France, offrez-vous une visite au Muséum des Sciences Naturelles d'Orléans. Flânez de salle en salle, découvrez les collections remarquablement mises en valeur. Ne manquez pas le Cabinet de Curiosités, qui semble tout droit sorti d'un livre de Mary Shelley. La visite s'achève, last but not least, par l'exposition temporaire "Nuit polaire", qui vous plonge dans quatre mois de dérive dans "le dernier monde imaginaire", un monde de nuit et de glace, à bord de la goélette polaire Tara, à travers les magnifiques photographies de Vincent Hilaire.
Et si, comme mon ami Georges d'Australie, vous habitez un peu trop loin pour vous offrir le voyage, vous pouvez découvrir le livre de l'exposition
  • ici.
  • mardi, octobre 06, 2009

    Éloge de la crème anglaise

    Lorsque l’on évoque les plaisirs de la table à la mode britannique, viennent à l’esprit, entre autres, les fish and chips, les sandwichs au concombre, la tourte aux poireaux, le Christmas pudding, les tendres scones arrosés d’une réconfortante gorgée de thé, les muffins agrémentés de lemon curd, le honey pie remasterisé et, naturellement, la crème anglaise. Cette dernière mérite tous les éloges. Qui ne s’est pas régalé d’une bouchée de fondant au chocolat baignée de crème anglaise ne sait rien de la vie. Mais attention, il en va de la crème anglaise comme du thé : bien la déguster requiert un certain cérémonial. Les deux charmants sujets de Sa Très Gracieuse Majesté que nous voyons ici sont justement sur le point de se livrer à une telle dégustation. Vous remarquerez que ces demoiselles se sont préalablement livrées à de savants préparatifs afin de goûter pleinement aux plaisirs de cette saine gourmandise. Vous remarquerez également, en observant attentivement ce tableau, que contrairement à une idée reçue en vogue à Chantilly, la crème anglaise supporte elle aussi très bien d’être fouettée !
    Ne manquez pas de retenir ce détail, qui fera la joie et l’étonnement de vos amis.

    La photographie des deux gourmandes est empruntée à un ancien numéro d'un magazine britannique réputé, qui a beaucoup fait pour la promotion de la gastronomie et des arts de la table aux couleurs de l'Union Jack. Le nom du photographe n'était pas mentionné.
    Le texte est extrait du livre d'Amour Cuisant et Ginger Ale : "Les délices d'Albion", à paraître aux éditions Sugar Cane.

    jeudi, octobre 01, 2009

    Lettre ouverte à Christina Pluhar et Laurent Voulzy, qui ne la liront probablement jamais.

    Chère Christina,
    Cher Laurent,

    D'abord, je dois vous dire que je suis un de vos admirateurs. Toi, Laurent, ça fait une paye que je te connais, alors je me permets de te tutoyer. Vous, Christina, je vous ai découverte il y a quelques années, au festival de Sully-sur-Loire, où vous avez donné avec votre ensemble "L'Arpeggiata" un spectacle éblouissant. Mais je bavarde, je bavarde, et je vois que vous vous impatientez. Donc, venons-en au fait. Figurez-vous que, comme je vous aime bien, j'achète vos dixes. Oui, question de génération, je ne suis pas friand de ces morceaux compressés que l'on peut glaner sur la toile, je préfère les dixes. Par exemple, Christina, j'ai acheté en 2006 "Los Impossibles". Je me suis régalé et je me régale encore à l'écouter. Et voilà qu'il y a quelques jours, en flânant dans les allées d'un magasin de dixes, j'en vois un qui s'intitule
    "Los Impossibles". "Tiens," me dis-je, "je connais ce titre." Je prends le dixe, en étudie le programme : pas de doute, c'est bien le même, avec une autre photo de couverture. Le même ? Ah non, pas tout à fait : il y a quatre titres nouveaux sur le CD. Donc, si je veux ces quatre titres sur CD, il faut que je rachète les quinze autres avec.
    Génial, Christina ! Tout simplement génial !
    Je dois vous dire, Christina, que Laurent est encore plus fort que vous. Lui, en général, c'est un seul titre inédit qu'il ajoute à une compilation ou à un disque déjà paru. Prenez "Avril", par exemple. Quand il est sorti, Laurent, ton disque, je l'ai tout de suite acheté. Et je ne l'ai pas regretté. Jusqu'au jour, ce devait être deux ou trois mois plus tard, où j'ai retrouvé dans les bacs le même "Avril", enfin pas tout à fait le même, puisque tu avais habilement ajouté un titre, un duo avec Alain Souchon, artiste que, tu t'en doutes, j'apprécie également beaucoup. Tu ne peux pas savoir comme cela m'a fait plaisir de voir que tu avais d'aussi bonnes idées commerciales.
    Christina, Laurent, dites : tous ces gens comme moi, qui vous aiment bien et qui continuent imperturbablement à acheter vos dixes, vous n'avez pas l'impression, tous les deux, que vous les prenez un peu pour des ons ?
    Votre dévoué,
    Amour Cuisant


    dimanche, septembre 06, 2009

    Stairway to heaven

    Saviez-vous, Madame,
    que ces marches

    sont les soupirs de la brise ?


    Paroles et musique : Led Zeppelin
    Photographie (extrait) : Matt Jones

    jeudi, juillet 30, 2009

    Piquante bronzette

    La roséine (*) aurait-elle fait des émules ? On peut le croire en lisant les étiquettes de ces lotions bronzantes qui promettent, je cite, "a skin-spanking tingle".
    Pour celles et ceux qui ont séché les cours d'anglais, je sais qu'il y en a, cela peut se traduire par un picotement revigorant, mais aussi par une piquante sensation de fessée. Quand on vous dit que l'été sera chaud !

  • Tout savoir sur la roséine

  • Pour que la sensation promise soit au rendez-vous, l'application de ces lotions nécessite un certain coup de main.






  • dimanche, juillet 26, 2009

    Une petite culotte pour l'été

    Verónica Orozco est une actrice colombienne qui a eu envie de pousser la chansonnette il y a quelques années. Cela a donné ce disque qui, signe des temps, n'est disponible à la vente qu'en téléchargement. Où sont les belles grandes pochettes illustrées d'antan, ma bonne dame ? Toujours est-il que
    Verónica est aussi une (charmante) petite délurée. Dans la chanson "La bragas" (la culotte), elle avertit son amant : "Ne sois pas effrayé si je tombe le masque, si tout à coup en pleine nuit je me lève, je vais chercher ta sœur et je lui baisse la culotte : moi, je la déculotte !... Et elle se réveillera au matin dans ma chambre, du rouge aux lèvres et un peu perdue, et je lui donnerai trois claques sur les fesses."

    Verónica, si tu t'obstines à porter ta culotte de cette façon, tu pourrais bien finir par en recevoir trois, toi aussi.
    En attendant, au lieu de rêvasser, tu nous enregistrais un autre disque ? S'il te plaît ?

    lundi, juillet 20, 2009

    On a marché sur la lune !

    Voilà donc 40 ans aujourd'hui qu'on peut le proclamer. Une belle occasion de ressortir les vieux "Tintins" du placard et de relire "Objectif Lune" et "On a marché sur la Lune". Et ensuite on peut s'offrir la lecture de ce petit magazine, qui fête l'événement à sa manière en célébrant une autre lune, moins lointaine, avec des articles humoristiques et quelques jolies photos. Pour rêver d'alunissages en douceur.

    vendredi, juillet 17, 2009

    jeudi, juillet 16, 2009

    mardi, juin 30, 2009


    Sur sa fesse une mouche

    Eine kleine Mickey Mouse
    Zog sich mal die Hose 'raus

    Zog si wieder an

    Und du bist d'ran


    Permettez-moi de vous présenter Lise, Charlène, et Julie : "Les Souricieuses". Elles sont pétillantes, talentueuses, inattendues, séduisantes, rieuses, ébouriffantes, surprenantes, coquines, épatantes, charmantes, éblouissantes, décoiffantes, audacieuses, piquantes.

    Elles sont comme ça. Si, c'est vrai. Elles vous entraînent au Pays des Rondeurs. Qui ne les y suivrait pas ? Elles s'engagent à faire rougir les voyous de leur public, et elles y parviennent sans difficulté. Pour le plus grand plaisir des voyous. Tiens, puisque vous êtes là, je vais vous dire un secret. À une seule condition : vous ne le répétez à personne. Nous sommes bien d'accord ? Alors voici le secret : une des trois a sur la fesse une mouche. Comment ? Ah non, je ne vous dirai pas laquelle. Vous n'avez qu'à aller voir leur spectacle et leur demander vous-même. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est qu'à mon avis, cette mouche-là, plus d'un voyou serait volontaire pour l'obamater.

  • Les souricieuses.
  • Photographies : Amour Cuisant

    jeudi, juin 25, 2009

    Une lettre d'Australie !

    Au courrier ce matin, surprise, il y avait une lettre venue de l'autre bout du monde : d'Australie ! Un petit mot très sympa d'un lecteur qui m'a même mis sa photo dans l'enveloppe. Il a oublié une seule chose : m'indiquer son adresse. Je vais donc me permettre de tout publier ici, sa lettre, sa photo, et ma réponse. En espérant qu'il la lira bientôt.

    "Bonjour Amour Cuisant,

    Il y a longtemps que je me promettais de t’écrire. Il faut dire que je suis un peu paresseux. Mais aujourd’hui, j’ai pris mon courage à deux ailes et ma plus belle plume - pour être précis, la plume, je l’ai prise sur le dos de ma copine Aglaé - merci, Aglaé - et enfin je t’écris. Je m’appelle Georges et je suis un émeu. Je vis en Australie, le pays qui est tout en bas, où les femmes resplendissent comme des galions espagnols chargés de tous les trésors du Nouveau Monde, et où les hommes sont des pirates qui ne rêvent que d’une chose : leur mettre le grapin dessus. Nous, les émeus, nous sommes du genre vie au grand air et la randonnée ne nous fait pas peur. Autrement, j’aime bien aussi la lecture. Par exemple ces jours-ci, je relis Colin Hay. D’où je suis en ce moment, je vois les Montagnes Bleues. Si un jour tu viens ici, on te fera visiter, tu verras, ça vaut le détour.
    Chez nous, il y a un proverbe qui dit : “À émeu ému, émeu”. Cela signifie que seul un émeu peut émouvoir un autre émeu. Or, il faut que je te dise une chose : quand je te lis, je suis ému. Surtout les articles sur les Arts de la Table et la marine de Loire. Et Aglaé, qui lit toujours par dessus mon aile, est émue elle aussi. Nous en avons déduit que tu es un émeu, toi aussi. Dis-donc, tu entends ? Tu entends le tonnerre ? Je crois qu’il est temps de courir se mettre à l’abri ! On te donnera des nouvelles, promis. Aglaé te donne un coup de bec amical.
    À un de ces jours,
    Georges"


    Cher Georges,


    Merci pour cette lettre. Si on m’avait dit que j’étais lu jusqu’en Australie, et par des émeus émus, qui plus est ! Tu ne peux pas savoir comme ta lettre m’a fait plaisir. Je te promets que si je passe par chez vous, je ne manquerai pas de venir vous dire bonjour, et je compte sur Aglaé et toi pour m’emmener faire un tour dans les Montagnes Bleues. En attendant, je vais moi aussi me replonger dans Colin Hay. En ce qui concerne ta supposition - que je suis un émeu - je dois dire qu’elle m’a un peu surpris au départ. Mais plus je compare ta photo avec la mienne, et plus je me dis que, oui, il y a quelque chose, une ressemblance troublante. Maintenant, je vais suivre ton conseil et filer me mettre à l’abri. Bise à Aglaé.

    Au plaisir de te lire,

    Amour Cuisant

    samedi, juin 20, 2009

    Alice et Bernadette chez la Comtesse

    Il faut le reconnaître : bien qu'elle ait fait les beaux jours de la Bibliothèque Rose, la Comtesse de Ségur est parfois plus proche de Charles Dickens que d'Enyd Blyton
    . Lorsque Jean-Claude Brialy décida de porter "Un bon petit diable" à l'écran, il avait ce côté sombre à l'esprit. Mais lorsque l'on se retrouve pour le tournage en compagnie, entre autres, d'Alice Sapritch, de Bernadette Lafont et de Paul Préboist, il est difficile de rester sombre très longtemps. Qu'à cela ne tienne : adieu Horace Castelli, bonjour Marcel Marlier. On fera dans l'illustration optimiste. Mais attention : sans jamais tomber dans la mièvrerie. Le but est atteint. Le film qui sort en 1983 est léger comme une mousse aux fraises et tendre comme une brioche sortie du four. Les acteurs, à commencer par Paul Courtois, qui joue le petit Charles, s'en donnent à cœur joie, et le spectateur est vite gagné par leur bonne humeur. Bernadette Lafont incarne une Betty dont le naturel lumineux aurait quelque peu décoiffé au château des Nouettes.

    Quant à Alice, elle compose une Mac'Miche inoubliable. Mais la composition comporte une épreuve. Alice doit donner une fessée au petit garçon. Et là : non ! Rien à faire. Ce geste est trop contraire à sa vraie nature. Mac'Miche a beau lever la main, Alice la retient. Dans ses mémoires anecdotiques, Jean-Claude Brialy
    raconte comment les prises s'enchaînent sans que la fessée s'achève, puisqu'elle ne commence jamais. Alice, priée de se forcer, finit par passer outre son inhibition. Et finalement, au mot "Action !", elle laisse Mac'Miche prendre le dessus. Résultat : pas de demi-mesure, pas de faux-semblant. Une fessée "royale" (le qualificatif est de Jean-Claude Brialy, qui en fut le témoin privilégié), que personne n'attendait, à commencer par Paul Courtois, dont on peut imaginer qu'il en a gardé un souvenir ému, même si sur le moment il se serait sans doute passé d'un tel zèle, aussi impromptu que cuisant. Ce qui permet de conclure que dans ce film, même la fessée est d'anthologie.
    "Un bon petit diable" est disponible en DVD chez Koba Films Vidéo.
    Les mémoires de Jean-Claude Brialy, "Le ruisseau des singes", sont disponibles chez Robert Laffont.




















    © Amour Cuisant va au cinéma 2009

    jeudi, juin 18, 2009

    File, ô Sophie !

    Traitez l'un des trois sujets ci-dessous. Le temps qui vous est imparti est de 7 à 77 ans si vous lisez le bon journal.
    Si aucun de ces sujets ne vous inspire, vous nous livrerez votre recette du Pan Bagnat, à condition de n'omettre ni l'huile d'olive ni les cigales.

    Sujet n° 1

    Afin d'être en mesure, si l'on s'aperçoit que l'on s'est trompé d'histoire, de tout effacer et de tout recommencer, est-il prudent d'écrire sa vie au crayon ?


    Sujet n°2

    Faute avouée est à moitié pardonnée, certes. Mais dans ce cas, quelle fesse doit être rougie : la gauche ou la droite ?
    Justifiez votre réponse.


    Sujet n° 3978

    " Sophie s'ennuie. On lui a confié la garde de la maison. Il fait si chaud. Sophie enlève sa robe. Vivement cet après-midi et la visite du cousin Paul ! Et pourvu qu’il se montre enfin moins timide et plus entreprenant, ce grand dadais. Sophie soupire. Oh, elle a une idée : elle va oublier cette ennuyeuse responsabilité, elle va faire comme si elle était petite ! Elle gambade pieds nus dans la maison. Dans le grand vaisselier de la salle à manger, les assiettes aussi ont l’air de s’ennuyer. Sophie a une idée. Elle sort les assiettes, et aussi la grosse soupière ventrue, et aussi les verres en cristal qui sont fragiles et qu’on a pas le droit de toucher. Mais au lieu de tout poser sur la table, Sophie laisse tout tomber par terre à mesure : cela fera de merveilleux puzzles ! Sophie a encore trop chaud. Elle enlève sa chemise. Oh, une autre idée : et si elle préparait un festin ? Vite, à la cuisine ! Mettons un peu de tout dans le fait-tout. Des yaourts, du sirop, du sel, du sucre, du caviar, de la vodka, du whisky qui sent la tourbe, des céréales au chocolat, du chocolat, du chocolat, tiens, encore une tablette de chocolat. Ah oui, il faut manger des légumes. Des carottes. Inutile de les éplucher, puisque c’est pour de rire. Des cocos qui seront bientôt tout chauds. On allume le gaz : oh la belle flamme bleue ! On remet le couvercle. Il ne reste plus qu’à laisser mijoter. C’est si facile de préparer un festin ! Il fait vraiment trop chaud dans la cuisine. Sophie enlève sa culotte. Et elle a une idée : puisqu’elle est toute nue, pourquoi ne prendrait-elle pas une douche bien fraîche ? Vite, vite, au jardin ! Le bassin des poissons rouges et son jet d’eau ! Qu’on est bien ! Comment n’y a-t-elle pas pensé plus tôt ? Sophie a une idée : et si elle pêchait les poissons rouges ? Vite, dans la remise, le filet à papillons ! Il se révèle bien pratique pour attraper les poissons. Il ne reste plus qu’à les mettre dans le fait-tout avec le reste du festin qui devient un festin-bouillabaisse ! Que faire, à présent ? Voilà une bohémienne qui vient vendre ses paniers. Elle est à la porte du jardin et n’ose pas entrer. Pourquoi ? Sophie rit, elle comprend soudain que la bohémienne est surprise de la voir en ce simple appareil. “Allons, madame, entrez !”. Sophie a une idée : elle va faire une bonne action. Elle va chercher une grosse grosse grosse liasse de billets dans la cachette qu’elle n’est pas censée connaître et la donne à la bohémienne en échange d’un panier. La bohémienne sourit à présent. Sophie est si contente qu’elle a une nouvelle idée : elle va faire une autre bonne action. La bohémienne repart avec en prime un magnifique sac à main et plein de lingerie fine, dénichés dans les tiroirs que Sophie n'est pas censée ouvrir.
    Sophie est contente. Tiens, qu’est-ce que c’est que cette fumée qui sort par la fenêtre de la cuisine ? Ah, une voiture se gare devant la maison. Sophie n’est plus toute seule, enfin.
    Elle va pouvoir raconter tout ce qu’elle a fait. Nul doute : ses bonnes idées et ses bonnes actions vont lui valoir l'admiration étonnée de toute la maisonnée !”

    Ermengarde Passacaille - Bonnes idées, bonnes actions, bonnes fessées - 1964 - Éditions de la Tour Enchantée


    Après avoir lui attentivement le texte, vous pouvez aller boire un café. Puis vous imaginerez une suite à cette histoire en vous promenant le nez en l'air et les mains dans vos poches crevées. N’oubliez pas d’acheter le pain en rentrant à la maison.
    P.S. À propos de pain, en prévoir du sec et de l'eau pour Sophie ce soir.

    © Amour Cuisant Sujets du Bac à Sable 2009
    Photographie : Amour Cuisant

    mardi, mars 31, 2009

    Douce Stacey
    Douce Joie
    Douce France

    Si Stacey Kent passe par chez vous, surtout, ne manquez pas d'aller l'écouter.Elle chante magnifiquement bien, accompagnée par un quartett talentueux. Elle est amoureuse. Elle est heureuse. Elle parle de sa joie, et sa joie est communicative, une joie swing à la Gus Viseur. Elle en parle en français, car Stacey Kent aime la France, sa langue et ses chansons. Cette France qu'on a un peu du mal à reconnaître en ce moment, plongée dans l'affairisme, la cupidité et le cynisme, avec ses dirigeants qui ne se déplacent plus que dans des villes en état de siège, à l'ombre de forêts d'uniformes. Auraient-ils peur du peuple ? On en finirait par oublier que ce n'est pas cela, la France. Non, la France, c'est heureusement autre chose. C'est entre autre les chansons que Stacey chante avec tant de bonheur, les chansons de Serge Gainsbourg, de Pierre Barrouh, de Charles Trenet, de Keren Ann. Et ça fait du bien, tellement de bien de se le rappeler. Grâce à Stacey Kent.
    Merci, Stacey.

    dimanche, mars 29, 2009

    À bicyclette
    (J'oserai, j'oserai... demain)

    On était tous amoureux d'elle
    On se sentait pousser des ailes
    À bicyclette
    Sur les petits chemins de terre
    On a souvent vécu l'enfer
    Pour ne pas mettre pied à terre
    Devant Paulette

    Faut dire qu'elle y mettait du cœur
    C'était la fille du facteur
    À bicyclette
    Et depuis qu'elle avait huit ans
    Elle avait fait en le suivant
    Tous les chemins environnants
    À bicyclette

    Pierre Barrouh - À bicyclette (extrait)

    vendredi, mars 27, 2009

    Le vendredi, c'est permis.

    Un grand Elle-dromadaire national nous présente cette semaine la bibliothèque idéale de ce chameau de Stéphane Guillon. En général, dans ce genre d'exercice, les interviewés assurent avoir à portée de main sur leur table de nuit Diderot ou Shakespeare, après tout ils savent bien que personne n'ira vérifier. Mais Stéphane Guillon, lui, n'a pas peur d'assumer : sur sa table de nuit, à portée de main, c'est l'incontournable "Éloge de la fessée" de Jacques Serguine qui a trouvé sa place. Il nous précise même que l'édition de poche "prend peu de place" et "peut donc cohabiter avec d'autres accessoires." Il ne nous dit pas s'il suit les préceptes de ce délicieux petit guide à la lettre, auquel cas, la fessée, c'est pour aujourd'hui. Bon, moi, j'avoue que je ne suis pas trop pour ce genre de programmation, mais après tout, mercredi jour de ciné, jeudi jour de marché, vendredi jour de fessée, cela peut se concevoir, et en tout état de cause cela ne nous regarde pas.

    Stéphane, si tu te fais virer de France Inter, il y aura toujours une soupe chaude pour toi à la rédaction d'Amour Cuisant.

    mercredi, mars 25, 2009

    MESSAGE PERSONNEL

    Ce message s'adresse à Mélie. Si vous n'êtes pas Mélie, ne lisez pas plus loin. Je vous fais confiance.


    Mélie,
    Il y a quelques semaines, persuadée que des lecteurs indélicats t'avaient volé tes chaussures, tu as cédé à la colère et tu as claqué la porte de ton blog. Depuis, c'est cette porte close qui attend les visiteurs venus te voir du monde entier. Exemple pas plus tard qu'hier : Riquet à la Houppe m'a raconté avoir vu trois cars de touristes venus de NAMUR tout exprès pour visiter ton blog. Ils sont repartis dépités vers les brumes du Nord, mais en se promettant de revenir la semaine prochaine.
    Mélie, j'ai une grande nouvelle pour toi. Tes chaussures n'ont pas été volées : elles étaient tout simplement... sous le canapé du salon ! C'est Uno qui les a retrouvées, et comme tu vois, elles sont sous bonne garde. Tu n'as plus aucune raison de bouder. Tout le monde t'attend avec impatience. Reviens-nous vite !
    Un amiki vouveudubien.

    Uno, donne la chaussure à papa... Uno, la chaussure... Tiens, Uno, le su-sucre... Oui mais donne la chaussure, tu as pris le sucre, tu dois me donner la chaussure... Uno, s'il-te-plaît... Ne sois pas ridicule... Donne la chaussure... Allez... Uno...

    Photographie : Peter Lippmann

    mardi, mars 17, 2009

    Théorème de Pete Aggor appliqué à la mode :

    Le carré d'un triangle cubique est égal au double de la surface corrigée. Approximativement.


    P.S. La direction décline toute responsabilité en cas d'application du théorème sans échauffement préalable.
    P.P.S. Aucune réclamation ne sera reçue après 18H00.
    P.P.P.S. Attendez l'arrêt complet du manège pour monter dans les voitures ou en descendre.
    P.P.P.P.S. Évacuez impérativement la piste au coup de Klaxon.
    P.P.P.P.PS. Les jetons ne sont ni repris, ni échangés.
    P.P.P.P.P.P.S. Merci à Brigitte Niedermaier pour cette belle photographie, et à Delphine Treanton pour la réalisation de l'image.
    P.P.P.P.P.P.P.S. Merci à Dolce pour sa douceur et à Gabbana pour sa cabane au Canada.
    P.P.P.P.P.P.P.P.S. Attendez-vous à une interrogation écrite la semaine prochaine.

    dimanche, mars 15, 2009

    dimanche, mars 08, 2009

    Rose, c'est la vie

    Il y a peu, chez le marchand de journaux, alors que je cherchais parmi les revues scientifiques les plus exigeantes et les plus ardues de quoi calmer mon inextinguible soif de savoir, voilà-t-y pas que j'ai l'heur de découvrir, tout à fait par hasard, entre "Nature" et "Ciel et Espace", un magazine tout de rose vêtu, et consacré au ciel lui aussi, mais au septième du nom ! Aussitôt je m'en empare, l'acquiers et chez moi le rapporte dare-dare. Quelle surprise est la mienne, lorsque j'en entreprends la lecture, de découvrir un article fort bien troussé d'une certaine Rose Étienne, article consacré aux joies simples de la fessée amoureuse. La presse voit la vie en rose : le printemps n'est pas loin, cela ne fait désormais plus de doute.
    Il me plaît d'imaginer que le rouge est venu aux joues de Rose lorsqu'elle a écrit cet article.

    jeudi, mars 05, 2009

    La piste aux étoiles

    Il y a peu, un restaurateur a refusé l'étoile que lui avait décernée un guide rouge réputé. Pour ce chef, la seule rosette qui vaille est celle qui est servie sur assiette. Non, il ne changera pas sa vaisselle, non, il ne changera pas la déco de son restau, non il ne changera pas sa carte, non, il ne changera pas ses prix. Son plaisir, à lui, c'est d'être au piano, de faire la cuisine, de régaler sa clientèle, et pas de répondre "présent" à la distribution des prix. Bref, un homme libre, qui croit en sa bonne étoile et n'en demande pas d'autre.

    Et à propos de piano, en musique aussi, il y a toutes sortes d'étoiles. Il y a celles que veulent nous vendre télés et radios : cela va du météorite qui ne chante qu'un été à la supernova dont on ne sait plus très bien si elle appartient à la galaxie musicale ou à celle du business. Et puis il y a des étoiles plus discrètes, qu'il faut aller chercher là où le ciel est bien clair, bien dégagé. Des étoiles qui n'intéressent pas les financiers du show-biz, et qui ne passent ni à la télé, ni à la radio. Ce qui ne les empêche pas de briller. Comme par exemple Laurent Desmurs et Éric Bouvelle, qui ont enregistré à quatre mains et deux pianos dont un à bretelles un disque magnifique. Un disque au répertoire aussi extensif qu'un soufflet de boîte à frissons : retrouver des maîtres de l'accordéon, comme André Astier et Joé Rossi, ou, sur le versant swing-musette, Jo Privat et Louis Corchia, n'est pas fait pour étonner. Mais il est moins banal de les voir côtoyer Bizet, Glébov et Liszt. Écouter ce disque, c'est un petit voyage dans les étoiles qui permet de découvrir aussi deux compositions d'Éric Bouvelle, dont on attend les suivantes avec impatience. Un voyage étincelant qui vous fait passer du "Prélude n°2 en ut mineur" de Jean-Sébastien Bach à "Oblivion" d'Astor Piazzola, le plus naturellement du monde. Un voyage que je vous recommande chaudement.

    Illustration : Barbara Tutino

    mardi, mars 03, 2009

    Porter la coiffe de chef rebelle... Faire un pow-wow dans le wigwam... Fumer le calumet de la paix... Jouer à Peau Rouge !

    Photographie : Jan Welters

    mardi, février 24, 2009


    APPEL À SOUSCRIPTION

    "Tout le monde a une Rolex. Si à cinquante ans on a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie."

    Qui est l'auteur de cette fulgurance ? Descartes ? Montesquieu ? Ou serait-ce Voltaire ? Non, bien sûr. Tout le monde aura reconnu la griffe du désormais fameux penseur à la veste si bigarrée qu'il n'a même plus besoin de la retourner, Jacques S.
    Or, justement, prenant soudain conscience de l'évident bien-fondé de cette assertion, voilà-t-y pas que je regarde mon poignet et... PAS DE ROLEX ! PAS DE MONTRE ! PAS LA PLUS PETITE SWATCH ! PAS MÊME L'OMBRE D'UNE KELTON !
    Chère lectrice, cher lecteur, vous concevez qu'il n'est pas possible de laisser une telle situation perdurer. Comme vous le savez, ce blog n'a d'autre ressource que la publicité, c'est à dire aucune ressource, puisqu'aucune publicité.
    Chère lectrice, cher lecteur, j'ai besoin de vous. Souscrivez à l'action "UNE ROLEX POUR AMOUR CUISANT". Envoyez vos dons à la rédaction. Liquide, chèques, bons du Trésor, lingots, napoléons, louis, tout est accepté : pas de chichis entre nous ! Comme vous le voyez, j'ai jeté mon dévolu sur une Yacht-Master II, élégante sans ostentation. Pensez à votre fierté, chère lectrice, cher lecteur, quand vous me verrez arborer cette Rolex au poignet, et que, la voix tremblante d'émotion, vous pourrez dire à votre enfant : "C'est un peu grâce à moi."
    Les mille premiers souscripteurs se verront remettre un certificat établi sur papier gaufré légèrement sucré, et auront l'avantage d'être prioritaires pour la prochaine souscription : "UN YACHT POUR AMOUR CUISANT", puisque, n'en doutons pas, Maître Jacques bientôt nous délivrera ce message :

    "Tout le monde a un yacht. Si a cinquante-deux ans on a pas de yacht, on a quand même raté sa vie."