mardi, février 24, 2009


APPEL À SOUSCRIPTION

"Tout le monde a une Rolex. Si à cinquante ans on a pas une Rolex, on a quand même raté sa vie."

Qui est l'auteur de cette fulgurance ? Descartes ? Montesquieu ? Ou serait-ce Voltaire ? Non, bien sûr. Tout le monde aura reconnu la griffe du désormais fameux penseur à la veste si bigarrée qu'il n'a même plus besoin de la retourner, Jacques S.
Or, justement, prenant soudain conscience de l'évident bien-fondé de cette assertion, voilà-t-y pas que je regarde mon poignet et... PAS DE ROLEX ! PAS DE MONTRE ! PAS LA PLUS PETITE SWATCH ! PAS MÊME L'OMBRE D'UNE KELTON !
Chère lectrice, cher lecteur, vous concevez qu'il n'est pas possible de laisser une telle situation perdurer. Comme vous le savez, ce blog n'a d'autre ressource que la publicité, c'est à dire aucune ressource, puisqu'aucune publicité.
Chère lectrice, cher lecteur, j'ai besoin de vous. Souscrivez à l'action "UNE ROLEX POUR AMOUR CUISANT". Envoyez vos dons à la rédaction. Liquide, chèques, bons du Trésor, lingots, napoléons, louis, tout est accepté : pas de chichis entre nous ! Comme vous le voyez, j'ai jeté mon dévolu sur une Yacht-Master II, élégante sans ostentation. Pensez à votre fierté, chère lectrice, cher lecteur, quand vous me verrez arborer cette Rolex au poignet, et que, la voix tremblante d'émotion, vous pourrez dire à votre enfant : "C'est un peu grâce à moi."
Les mille premiers souscripteurs se verront remettre un certificat établi sur papier gaufré légèrement sucré, et auront l'avantage d'être prioritaires pour la prochaine souscription : "UN YACHT POUR AMOUR CUISANT", puisque, n'en doutons pas, Maître Jacques bientôt nous délivrera ce message :

"Tout le monde a un yacht. Si a cinquante-deux ans on a pas de yacht, on a quand même raté sa vie."

samedi, février 14, 2009

"Aujourd'hui c'est la Saint-Valentin : foin de la galette et du petit pot de beurre, je porte en vitesse un pot de confiture de roséine à Mère-Grand, et après je file surfer avec Méchant Loup !"

Photographie (extrait) : François Deconinck

vendredi, février 06, 2009

Au plaisir des curieux

“Et la discipline ? Les moines n’avaient pas attendu le Siècle des Lumières pour y trouver une source de jouissance. Rome dut à maintes reprises en limiter les abus. Nos conventines n’eurent qu’à se référer aux plus saints exemples pour découvrir que le plaisir n’est pas aidé par la rougeur seulement des joues.”
Roger Vailland - Extrait de la préface aux “Tableaux des mœurs du temps”, éditions de l’Or du Temps, 1969.

Il paraît que les princes qui nous gouvernent n’en pincent pas pour la Princesse de Clèves. Il paraît que les humanités n’ont pas la cote auprès des adorateurs de la cote boursière. Il paraît que l’enseignement dans notre pays ne fait plus la part belle aux classiques. Fallait-il vraiment oublier Ronsard pour faire de la place à Duras ? Après tout, on pouvait évoquer la seconde sans pour autant effacer le premier. Le comble : fallait-il oublier Rabelais pour faire de la place à Destouches ? Jetée aux orties, la rose de la mignonne. Abandonné aux ronces, le chemin de l’Abbaye de Thélème. En viendra-t-on bientôt à oublier Balzac et Hugo pour laisser la place à des salonnards parisien verbeux et à des aventuriers en carton-pâte soucieux avant tout de leur ego ? Quel dommage. Quelle erreur manifeste d’imaginer que la lecture des classiques est inutile, alors qu’elle permet d’accéder à ce qui manque tellement à notre époque toujours pressée et en mal de zapping : la mise en perspective. Et quelle erreur d’imaginer que la lecture des classiques est ennuyeuse. Non seulement ils ne sont pas ennuyeux, nos classiques, mais ils peuvent même être coquins. C’est vrai de Ronsard, et de bien d’autres. Tenez, prenez Crébillon Fils, par exemple. Celui des “Égarements du cœur et de l’esprit”.
Si on est un tout petit peu curieux, on découvre “Tableaux des mœurs du temps dans les différents âges de la vie”. Une friandise érotique en forme de pièce de théâtre, et un excellent remède à la mélancolie. En découvrant ce texte, nous sommes sans doute nombreux à avoir rêvé d'assister à sa représentation. Le rêve est devenu en partie réalité grâce à Éric-Gaston Lorvoire, qui a repris de larges extraits des textes de Crébillon Fils et en a tiré une pièce délicieuse : “Le plaisir”.











Espérons la retrouver bientôt à l’affiche, à Paris ou en province. Et pourquoi pas, un jour, l'intégralité des Tableaux ?

mardi, février 03, 2009


Femmes du Brésil

Il y a des touche-à-tout de génie. Prenez par exemple Titouan Lamazou. Il a un nom d'aventurier de BD, et ce ne doit pas être par hasard, puisqu'il est grand navigateur, et donc aventurier pour de bon. Mais il ne se contente pas de cela. Il prend un crayon, et hop, il dessine aussi bien que Manara. Il prend un appareil photo, et hop, il fait des portraits magnifiques. Et ces portraits, il les brosse également à la plume. Et en plus il a la bonne idée d'en faire des livres. Et vraiment, ça fait du bien, ce soleil qui jallit des pages de "Mulheres". Essayez, vous verrez. Une vraie luminothérapie contre la morosité de cet hiver de criiiiiiise.