mardi, juin 30, 2009


Sur sa fesse une mouche

Eine kleine Mickey Mouse
Zog sich mal die Hose 'raus

Zog si wieder an

Und du bist d'ran


Permettez-moi de vous présenter Lise, Charlène, et Julie : "Les Souricieuses". Elles sont pétillantes, talentueuses, inattendues, séduisantes, rieuses, ébouriffantes, surprenantes, coquines, épatantes, charmantes, éblouissantes, décoiffantes, audacieuses, piquantes.

Elles sont comme ça. Si, c'est vrai. Elles vous entraînent au Pays des Rondeurs. Qui ne les y suivrait pas ? Elles s'engagent à faire rougir les voyous de leur public, et elles y parviennent sans difficulté. Pour le plus grand plaisir des voyous. Tiens, puisque vous êtes là, je vais vous dire un secret. À une seule condition : vous ne le répétez à personne. Nous sommes bien d'accord ? Alors voici le secret : une des trois a sur la fesse une mouche. Comment ? Ah non, je ne vous dirai pas laquelle. Vous n'avez qu'à aller voir leur spectacle et leur demander vous-même. Ce que je peux vous dire en revanche, c'est qu'à mon avis, cette mouche-là, plus d'un voyou serait volontaire pour l'obamater.

  • Les souricieuses.
  • Photographies : Amour Cuisant

    jeudi, juin 25, 2009

    Une lettre d'Australie !

    Au courrier ce matin, surprise, il y avait une lettre venue de l'autre bout du monde : d'Australie ! Un petit mot très sympa d'un lecteur qui m'a même mis sa photo dans l'enveloppe. Il a oublié une seule chose : m'indiquer son adresse. Je vais donc me permettre de tout publier ici, sa lettre, sa photo, et ma réponse. En espérant qu'il la lira bientôt.

    "Bonjour Amour Cuisant,

    Il y a longtemps que je me promettais de t’écrire. Il faut dire que je suis un peu paresseux. Mais aujourd’hui, j’ai pris mon courage à deux ailes et ma plus belle plume - pour être précis, la plume, je l’ai prise sur le dos de ma copine Aglaé - merci, Aglaé - et enfin je t’écris. Je m’appelle Georges et je suis un émeu. Je vis en Australie, le pays qui est tout en bas, où les femmes resplendissent comme des galions espagnols chargés de tous les trésors du Nouveau Monde, et où les hommes sont des pirates qui ne rêvent que d’une chose : leur mettre le grapin dessus. Nous, les émeus, nous sommes du genre vie au grand air et la randonnée ne nous fait pas peur. Autrement, j’aime bien aussi la lecture. Par exemple ces jours-ci, je relis Colin Hay. D’où je suis en ce moment, je vois les Montagnes Bleues. Si un jour tu viens ici, on te fera visiter, tu verras, ça vaut le détour.
    Chez nous, il y a un proverbe qui dit : “À émeu ému, émeu”. Cela signifie que seul un émeu peut émouvoir un autre émeu. Or, il faut que je te dise une chose : quand je te lis, je suis ému. Surtout les articles sur les Arts de la Table et la marine de Loire. Et Aglaé, qui lit toujours par dessus mon aile, est émue elle aussi. Nous en avons déduit que tu es un émeu, toi aussi. Dis-donc, tu entends ? Tu entends le tonnerre ? Je crois qu’il est temps de courir se mettre à l’abri ! On te donnera des nouvelles, promis. Aglaé te donne un coup de bec amical.
    À un de ces jours,
    Georges"


    Cher Georges,


    Merci pour cette lettre. Si on m’avait dit que j’étais lu jusqu’en Australie, et par des émeus émus, qui plus est ! Tu ne peux pas savoir comme ta lettre m’a fait plaisir. Je te promets que si je passe par chez vous, je ne manquerai pas de venir vous dire bonjour, et je compte sur Aglaé et toi pour m’emmener faire un tour dans les Montagnes Bleues. En attendant, je vais moi aussi me replonger dans Colin Hay. En ce qui concerne ta supposition - que je suis un émeu - je dois dire qu’elle m’a un peu surpris au départ. Mais plus je compare ta photo avec la mienne, et plus je me dis que, oui, il y a quelque chose, une ressemblance troublante. Maintenant, je vais suivre ton conseil et filer me mettre à l’abri. Bise à Aglaé.

    Au plaisir de te lire,

    Amour Cuisant

    samedi, juin 20, 2009

    Alice et Bernadette chez la Comtesse

    Il faut le reconnaître : bien qu'elle ait fait les beaux jours de la Bibliothèque Rose, la Comtesse de Ségur est parfois plus proche de Charles Dickens que d'Enyd Blyton
    . Lorsque Jean-Claude Brialy décida de porter "Un bon petit diable" à l'écran, il avait ce côté sombre à l'esprit. Mais lorsque l'on se retrouve pour le tournage en compagnie, entre autres, d'Alice Sapritch, de Bernadette Lafont et de Paul Préboist, il est difficile de rester sombre très longtemps. Qu'à cela ne tienne : adieu Horace Castelli, bonjour Marcel Marlier. On fera dans l'illustration optimiste. Mais attention : sans jamais tomber dans la mièvrerie. Le but est atteint. Le film qui sort en 1983 est léger comme une mousse aux fraises et tendre comme une brioche sortie du four. Les acteurs, à commencer par Paul Courtois, qui joue le petit Charles, s'en donnent à cœur joie, et le spectateur est vite gagné par leur bonne humeur. Bernadette Lafont incarne une Betty dont le naturel lumineux aurait quelque peu décoiffé au château des Nouettes.

    Quant à Alice, elle compose une Mac'Miche inoubliable. Mais la composition comporte une épreuve. Alice doit donner une fessée au petit garçon. Et là : non ! Rien à faire. Ce geste est trop contraire à sa vraie nature. Mac'Miche a beau lever la main, Alice la retient. Dans ses mémoires anecdotiques, Jean-Claude Brialy
    raconte comment les prises s'enchaînent sans que la fessée s'achève, puisqu'elle ne commence jamais. Alice, priée de se forcer, finit par passer outre son inhibition. Et finalement, au mot "Action !", elle laisse Mac'Miche prendre le dessus. Résultat : pas de demi-mesure, pas de faux-semblant. Une fessée "royale" (le qualificatif est de Jean-Claude Brialy, qui en fut le témoin privilégié), que personne n'attendait, à commencer par Paul Courtois, dont on peut imaginer qu'il en a gardé un souvenir ému, même si sur le moment il se serait sans doute passé d'un tel zèle, aussi impromptu que cuisant. Ce qui permet de conclure que dans ce film, même la fessée est d'anthologie.
    "Un bon petit diable" est disponible en DVD chez Koba Films Vidéo.
    Les mémoires de Jean-Claude Brialy, "Le ruisseau des singes", sont disponibles chez Robert Laffont.




















    © Amour Cuisant va au cinéma 2009

    jeudi, juin 18, 2009

    File, ô Sophie !

    Traitez l'un des trois sujets ci-dessous. Le temps qui vous est imparti est de 7 à 77 ans si vous lisez le bon journal.
    Si aucun de ces sujets ne vous inspire, vous nous livrerez votre recette du Pan Bagnat, à condition de n'omettre ni l'huile d'olive ni les cigales.

    Sujet n° 1

    Afin d'être en mesure, si l'on s'aperçoit que l'on s'est trompé d'histoire, de tout effacer et de tout recommencer, est-il prudent d'écrire sa vie au crayon ?


    Sujet n°2

    Faute avouée est à moitié pardonnée, certes. Mais dans ce cas, quelle fesse doit être rougie : la gauche ou la droite ?
    Justifiez votre réponse.


    Sujet n° 3978

    " Sophie s'ennuie. On lui a confié la garde de la maison. Il fait si chaud. Sophie enlève sa robe. Vivement cet après-midi et la visite du cousin Paul ! Et pourvu qu’il se montre enfin moins timide et plus entreprenant, ce grand dadais. Sophie soupire. Oh, elle a une idée : elle va oublier cette ennuyeuse responsabilité, elle va faire comme si elle était petite ! Elle gambade pieds nus dans la maison. Dans le grand vaisselier de la salle à manger, les assiettes aussi ont l’air de s’ennuyer. Sophie a une idée. Elle sort les assiettes, et aussi la grosse soupière ventrue, et aussi les verres en cristal qui sont fragiles et qu’on a pas le droit de toucher. Mais au lieu de tout poser sur la table, Sophie laisse tout tomber par terre à mesure : cela fera de merveilleux puzzles ! Sophie a encore trop chaud. Elle enlève sa chemise. Oh, une autre idée : et si elle préparait un festin ? Vite, à la cuisine ! Mettons un peu de tout dans le fait-tout. Des yaourts, du sirop, du sel, du sucre, du caviar, de la vodka, du whisky qui sent la tourbe, des céréales au chocolat, du chocolat, du chocolat, tiens, encore une tablette de chocolat. Ah oui, il faut manger des légumes. Des carottes. Inutile de les éplucher, puisque c’est pour de rire. Des cocos qui seront bientôt tout chauds. On allume le gaz : oh la belle flamme bleue ! On remet le couvercle. Il ne reste plus qu’à laisser mijoter. C’est si facile de préparer un festin ! Il fait vraiment trop chaud dans la cuisine. Sophie enlève sa culotte. Et elle a une idée : puisqu’elle est toute nue, pourquoi ne prendrait-elle pas une douche bien fraîche ? Vite, vite, au jardin ! Le bassin des poissons rouges et son jet d’eau ! Qu’on est bien ! Comment n’y a-t-elle pas pensé plus tôt ? Sophie a une idée : et si elle pêchait les poissons rouges ? Vite, dans la remise, le filet à papillons ! Il se révèle bien pratique pour attraper les poissons. Il ne reste plus qu’à les mettre dans le fait-tout avec le reste du festin qui devient un festin-bouillabaisse ! Que faire, à présent ? Voilà une bohémienne qui vient vendre ses paniers. Elle est à la porte du jardin et n’ose pas entrer. Pourquoi ? Sophie rit, elle comprend soudain que la bohémienne est surprise de la voir en ce simple appareil. “Allons, madame, entrez !”. Sophie a une idée : elle va faire une bonne action. Elle va chercher une grosse grosse grosse liasse de billets dans la cachette qu’elle n’est pas censée connaître et la donne à la bohémienne en échange d’un panier. La bohémienne sourit à présent. Sophie est si contente qu’elle a une nouvelle idée : elle va faire une autre bonne action. La bohémienne repart avec en prime un magnifique sac à main et plein de lingerie fine, dénichés dans les tiroirs que Sophie n'est pas censée ouvrir.
    Sophie est contente. Tiens, qu’est-ce que c’est que cette fumée qui sort par la fenêtre de la cuisine ? Ah, une voiture se gare devant la maison. Sophie n’est plus toute seule, enfin.
    Elle va pouvoir raconter tout ce qu’elle a fait. Nul doute : ses bonnes idées et ses bonnes actions vont lui valoir l'admiration étonnée de toute la maisonnée !”

    Ermengarde Passacaille - Bonnes idées, bonnes actions, bonnes fessées - 1964 - Éditions de la Tour Enchantée


    Après avoir lui attentivement le texte, vous pouvez aller boire un café. Puis vous imaginerez une suite à cette histoire en vous promenant le nez en l'air et les mains dans vos poches crevées. N’oubliez pas d’acheter le pain en rentrant à la maison.
    P.S. À propos de pain, en prévoir du sec et de l'eau pour Sophie ce soir.

    © Amour Cuisant Sujets du Bac à Sable 2009
    Photographie : Amour Cuisant