dimanche, décembre 12, 2010


Question rouge :


"De quoi la fessée est-elle le nom ?"


Avec cette formulation germanopratine, on pourrait presque imaginer la question en couverture d’un magazine culturel de grande diffusion, ou en thème central d’une ambitieuse émission de radio. Et qui sait, peut-être est-ce pour bientôt ? Une chose est sûre, cette question mérite une réponse. N’est-ce pas cette réponse, d’ailleurs, qui est recherchée à travers les articles de ce blog depuis bientôt cinq ans ? Cinq ans... Alors, voyons... Avons-nous trouvé une réponse ? De quoi la fessée est-elle le nom ?

Elle est le nom


d’un souvenir

d’un rêve


d’une caresse

d’une punition


d’un interdit

d’une transgression


d’un livre
oublié
d’une page tournée


d'un livre retrouvé
d'une page froissée

d’un jeu

d’une émotion


du sel des larmes

d’un éclat de rire


d’un rythme

d’une percussion


d’une peau nue

d’une autre peau nue


de l’empreinte des doigts

de la rouge cuisance


d’une tempête

des vagues qui se lèvent


d’un souvenir

d’un rêve.
..

Et de quoi d'autre ?
Le mieux est de continuer à chercher...

© Amour Cuisant philosophe 2010 tout ça ne nous rajeunit pas ma p'tite dame

Photographie : ?

lundi, décembre 06, 2010

L'ingénue

Elle avance dans la vie vêtue de probité candide et de lin blanc. Ou plus exactement, de coton blanc, matière qu’elle affectionne particulièrement, et même exclusivement en ce qui concerne ses dessous. Dessous pour lesquels elle est toujours restée fidèle à la marque de ces jours heureux où elle croyait au Père Noël, à Saint-Nicolas et au Père Fouettard. D'ailleurs, à vrai dire, elle n'a jamais cessé d'y croire.

Elle aime se promener presque dévêtue, et on a envie de lui dire de vite aller s’habiller, avant de prendre froid.

Aujourd’hui, c’est la Saint-Nicolas. Elle a préparé du chocolat bien chaud et des jean-bonhommes en brioche pour quatre heures. Mais ce n’est pas Saint-Nicolas qu’elle attend. Non, voyez-vous, elle attend le Père Fouettard : elle l’espère, elle le redoute, elle le désire. Elle lui a écrit une lettre qui est là, posée sur la table, entre les deux tasses, près des brioches. La lettre est entourée d’une jolie faveur rose. Qu’a-t-elle bien pu écrire au Père Fouettard, notre ingénue ? Est-ce une lettre d’excuse ? Une poésie ? Un billet doux ? Nous ne le saurons pas.

On frappe à la porte : il est temps de nous retirer sur la pointe des pieds.

Aujourd’hui, l'ingénue ne risque pas de prendre froid.


© Amour Cuisant 2010
Photographie : ?

jeudi, décembre 02, 2010

L'effarouchée

Qu’a-t-elle fait ? A-t-elle fini tous les chocolats du calendrier de l’Avent le deux décembre ? Oublié l’anniversaire de Grand-Maman ? Oublié les convenances ? Dépassé les bornes ? Tiré la langue au lieu de la tourner sept fois dans sa bouche ? Volé la clef des champs ? Ouvert la cage à l’oiseau ? Montré du doigt ? Crié que le roi était nu ? Refusé de dire bonjour à la dame ? Acheté la petite robe la plus chère de Paris sans le faire exprès ? Sifflé monsieur l’agent ? Appuyé sur le petit bouton rouge au lieu d’appuyer sur le petit bouton vert ?

Elle a fait tout cela ou elle n'a rien fait : qu’importe ! Croyez bien ce que vous voudrez. Elle, elle sait très bien qu’elle est capable de tout, de tout faire croire, de tout inventer, pour connaître le délicieux frisson de l’attente des conséquences. Que mérite-t-elle ? Une remontrance ? De se faire tirer les oreilles ? De se voir offrir un martinet pour Noël ? D’être envoyée au coin ? Privée de dessert ? Fessée déculottée ? Mangée toute crue ?
Couverte de caresses ? Dévorée de baisers ? Et puis quoi encore ?

Comment dites-vous ?
"Et puis quoi encore ?"
On voit bien que vous ne la connaissez pas, l’effarouchée !


© Amour Cuisant 2010
Photographie : ?

dimanche, novembre 07, 2010

dimanche, juin 27, 2010

Lilou et le Yéti

Bonjour. Mon nom ne vous dirait rien. Qu’il vous suffise de savoir que je suis un chocard des montagnes, et fidèle lecteur de votre blog. Blog qui, à mon sens, fait la part trop belle aux oiseaux exotiques ou poseurs, et a tendance à négliger les vrais aventuriers, comme les chocards des montagnes, par exemple. Mais peu importe. Si je vous écris, c’est pour vous relater par le menu une scène dont je fus récemment le témoin involontaire, et au passage vous prouver que les hérons ne sont pas les seuls oiseaux “là-haut guetteurs” : de cela, vous pourrez faire part à M. Souchon, chanteur !

Je vis dans une confortable anfractuosité rocheuse sise à 2150 mètre d’altitude. Un endroit calme, tranquille, à un détail près : il y a quelques décennies, vos semblables ont établi dans la contrée une de ces stations que vous appelez de “sports d’hiver” : essayez de suivre un chocard des montagnes pendant ne serait-ce qu’une journée, et vous aurez vraiment fait des “sports d’hiver” ! Mais je m’égare. Donc, station de sports d’hiver. Heureusement, le climat est ici particulièrement rigoureux, et la station n’a jamais réellement totalement décollé, contrairement au chocard des montagnes, qui décolle quand bon lui chante. L’activité saisonnière de la station subsiste modestement grâce à une clientèle d’habitués, au nombre desquels, figurez-vous, une certaine Lilou, lectrice de votre blog. Je l’ai reconnue sans difficulté car elle a l’habitude, charmante au demeurant, d’envoyer à tout un chacun des bisous de sa Ville Rose. Lilou est une acharnée de luge, qu’elle pratique quel que soit le temps. Elle en a de toutes sortes, d’antiques modèles en bois, mais aussi de ces petites pelles en plastique de toutes couleurs qu’elle affectionne tout particulièrement.

Juste à l’a-pic de la barre rocheuse où j’habite, se trouve l’arrivée du télésiège le plus excentré de la station. Ce télésiège est une antiquité, je crois qu’il date de l’origine des installations. Il ne donne que sur une boucle de ski de fond et une grande cuvette, baptisée “Marmite du Diable”, autrefois fréquentée par les jeunes lugeurs. Je dis autrefois, car aujourd’hui les jeunes en question ont délaissé la luge, qui ne leur apportait sans doute plus assez de sensations. En tout cas, je n’en vois plus guère en dessous de chez moi. La gare d’arrivée du télésiège, si l’on peut appeler “gare” cette petite baraque aux vitres embuées, est tenue par le Yéti. Je n’y ai jamais vu personne d’autre, et je crois que lui aussi est là chaque matin de chaque saison depuis l’origine de la station. Le Yéti est un personnage que je définirais ainsi : emmitouflé et bougon, ce qui lui a sans doute valu son surnom. Excellent skieur au demeurant, je peux en témoigner, je le vois dévaler les pentes chaque soir après la fermeture de sa gare.

Il y a quelques semaines, alors que nous approchions la fin d’une saison hivernale qui semblait ne jamais vouloir finir, il y eut trois jours de tempête. Les “sportifs d’hiver” n’eurent d’autre choix que de rester à l’abri autour d’un jeu des Sept Familles. Le quatrième jour, le temps s’éclaircit un peu. Les bourrasques de neige n’avaient pas dit leur dernier mot, mais il faut plus que des bourrasques de neige pour impressionner le Yéti, qui avait repris son poste. Il avait, première chose de cette journée, déployé un large drapeau à damier jaune et noir devant sa gare, ce qui est je crois signe de grand danger d’avalanche. Personne d’autre ne s’aventura jusqu’à la gare du Yéti. Personne, jusqu’à la fin de la matinée, où l’on vit soudain apparaître, assise dans un des petits sièges brinquebalants et grinçants, votre amie Lilou, équipée d’une pelle-luge rouge vif. C’est sans doute ce rouge qui lui sauva la vie ce jour-là. Mais j’anticipe, j’anticipe. N’allons pas trop vite. Lilou débarque, s’étale car l’arrivée était verglacée. Le Yéti sort de sa cabane en bougonnant, l’aide à se relever. Lilou le remercie, et tout à trac lui fait deux bises, une sur chaque joue. Ces bises de la Ville Rose eurent pour effet de sidérer le Yéti, qui resta sur place un moment avant de sursauter et de rattraper Lilou, qui s’éloignait d’un bon pas, direction la Marmite. Il la saisit par l’épaule, lui montra le drapeau à damier, puis la luge. Lilou haussa les épaules, montra la Marmite. Le Yéti faisait de grands gestes des bras, Je ne percevais pas leurs voix d’où j’étais, mais il cherchait manifestement à dissuader Lilou de prendre des risques inconsidérés. Lilou haussa à nouveau les épaules, sidéra une nouvelle fois le Yéti de deux bises, et reprit son chemin. Le Yéti finit par lever les yeux au ciel, en écartant ses bras, paumes des mains vers le haut, d’un geste qui signifie clairement : “Moi, je n’y peux plus rien. À Vous, là-haut, de prendre le relais et de la protéger."

Lilou réussit à faire quelques descentes. Elle s’asseyait sur sa luge, juste sur la lèvre de la Marmite, et hop ! Une impulsion et elle dévalait la pente en riant et en criant. Arrivée en bas, elle remontait aussitôt. Beaucoup moins vite qu’elle n’était descendue, forcément. Et repartait aussitôt dans une nouvelle glissade. Finalement, il y eut un grondement, comme de grosse, mais alors très grosse bête dérangée dans son sommeil. Une sorte de nuage de neige surgit de nulle part, explosa au fond de la cuvette.

Lilou avait disparu.

Ce jour-là, mon cher, vous avez failli perdre une lectrice. Et comme vous n’en avez déjà pas beaucoup, avouez que c’eût été dommage. Mais je persifle. Revenons à nos moutonnements de neige.

Lilou avait disparu.

Le Yéti, alarmé par le vacarme de l’avalanche, car, vous l’avez compris, c’est bien d’avalanche qu’il venait de s’agir, sortit de sa cabane comme un coucou de son horloge. Il gagna à grandes enjambées le bord de la Marmite, s’y posta, scruta, scruta, scruta.

Les chocards des montagnes ont une excellente vue, et je repérai le petit morceau de luge rouge vif qui dépassait, à peu près aux deux tiers de la pente, bien avant le Yéti. Pour être tout à fait franc, j’attirai son attention en faisant quelques rase-mottes juste au dessus de ce précieux repère. Le Yéti finit par l’apercevoir à son tour, et commença une descente précautionneuse. La suite se déroula sans autre incident. Enfin presque. Mais encore une fois, n’anticipons pas. Le Yéti dégagea la pelle-luge et l’imprudente Lilou qui y était accrochée, l’aida pour la deuxième fois ce jour-là à se relever, et, la soutenant d’un bras solide, lui fit remonter la pente à pas comptés. Lilou était groggy, mais elle n’avait pas lâché sa luge. Au bord de la Marmite, le Yéti s’arrêta pour souffler. Lilou sortit de sa torpeur. Elle réalisa sans doute ce qui venait de se passer car elle posa soudainement deux bises sur les joues du Yéti. Celui-ci resta un instant immobile. Puis il regarda en l’air, comme sollicitant un conseil. Puis il regarda la pelle-luge. Je pense que c’est elle, la pelle-luge, qui fut responsable de ce qui suivit, car le Yéti dut comprendre qu’elle était le conseil qu’il attendait. Il s’en empara, s’assit au bord de la marmite, et avant que Lilou n’ait eu le temps de tenter une bise, il l’attrapa par le poignet et la coucha à plat ventre en travers de ses cuisses. Il leva bien haut la pelle-luge et se mit à fouetter vigoureusement Lilou, qui protestait en agitant les bras. Le Yéti dut considérer que les conditions de la correction n’étaient pas satisfaisantes, car il s’interrompit, posa son fouet improvisé, et commença à baisser le pantalon de Lilou avec dextérité. Les protestations de Lilou redoublèrent en même temps que ses vains moulinets. Le Yéti ne fit pas les choses à moitié : Lilou fut déculottée en règle, et c’est cul nu qu’elle tâta à nouveau de la pelle-luge. Heureusement pour elle, il n’y eut aucun témoin à l’affront qu’elle dut subir, à l’exception de votre serviteur et d’une famille de marmottes en tenue d’hiver, mais je les connais, elles sont très discrètes. Le père marmotte ne put cependant retenir un sifflement admiratif. Le Yéti fit claquer la pelle-luge cinq ou six fois sur la peau nue de Lilou, dont les protestations changèrent de tonalité et devinrent, disons, vraiment sincères. Le Yéti finit pas abandonner la pelle-luge, et poursuivit la correction à la main. Comment qualifier la fessée que reçut Lilou ? Ce fut une fessée d’altitude, une fessée de paroi rocheuse, une fessée de torrent de montagne, bref, une fessée alpine. Chaque claque sonnait clair dans l’air des cimes, et provoquait des ruissellements de neige sur les flancs de la Marmite, et lorsque l’écho joua longuement avec l’éclat de la dernière claque, la couleur des fesses de Lilou n’avait plus rien à envier à celle de sa pelle-luge. Il se passa alors une chose extraordinaire : maintenant toujours Lilou en position, le Yéti se pencha en avant, et déposa une bise sur l’incarnat de chaque fesse. Plus tard, lorsqu’ils regagnèrent la gare, il me sembla que le Yéti était très gêné. Il fixait obstinément l’horizon. Lilou courait à petits pas pour suivre le rythme empressé de son fesseur rédempteur, ou de son rédempteur fesseur, comme ou voudra. Finalement, le Yéti débraya le moteur, et sans un mot aida Lilou à s’installer (avec une petite grimace) sur le siège, en évitant soigneusement de croiser son regard. Mais avant qu’il ait eu le temps de se reculer, Lilou prit son visage entre ses mains, l’approcha du sien, et dit : “Merci Yéti, de m’avoir sauvé la vie. Mais la prochaine fois qu’on fera de la luge ensemble, promets-moi de ne plus utiliser ce mode d’emploi : ça brûle vraiment trop. Sauf si je suis imprudente, bien sûr.”

Sur ces mots, le Yéti eut droit à deux bises de Ville Rose. Il s'écarta, l'air perplexe et ému, rembraya le moteur, et en se grattant la tête regarda Lilou plonger vers la vallée en lui faisant un petit signe de la main.

Et le lendemain, Lilou revint avec deux pelles-luges.

Voilà, c’est la fin de mon histoire.

Bonne continuation à vous. Je vous joins une photo de mon chez-moi.


© Amour Cuisant Prend de la Hauteur 2010
Photographie : ?

mardi, juin 08, 2010

"... ou l'emboîtante petite culotte."

"Elle est presque plus nue, aussi, dans ce mélange à la fois rigoureux et confus de tissu et de chair, de vêtements et de nudité encore invisible, ou à peu près invisible, mais si proche, qu'elle ne l'a jamais été."
Jacques Serguine - Éloge de la fessée
Photographie : Wadley

dimanche, avril 18, 2010

T'as pas vu Mumu ?

On a enfin pu sortir la table et les chaises de jardin. Il y a du pain à la mie épaisse, des tomates-cerises, des cochonnailles, du poulet froid qui vient bien sûr avec ses cornichons, comme dans la chanson. Du chardonnay frais dans les verres. Mais oui les enfants, bien sûr que vous pouvez quitter la table : on vous appellera pour le dessert. Les hommes sont en bras de chemise, les voisines de table sont belles. On rit trop fort. Et alors ? On se croirait dans un film de Joël Séria. On les aime, les films de Joël Séria. D'abord, on aime Marielle. Et puis Jeanne Goupil... Vous connaissez quelqu'un qui n'aime pas Jeanne Goupil ? Un verre de chardonnay frais au premier jour du printemps, vous dis-je. Oui, on les aime, les films de Joël Séria. Le dernier, il n'est pas avec Jean-Pierre Marielle et Jeanne Goupil, mais tout de même : Sylvie Testud et Jean-François Balmer, ça met l'eau à la bouche aussi. Dommage qu'il ne passe dans presque aucune salle. Vous connaissez un cinéma qui l'a passé, vous, le dernier Séria ? Moi, j'ai fait bien attention, et résultat : zéro. Pourtant, je n'habite pas au bout du bout du monde. Il est vrai que Séria n'est pas dans l'air du temps.
Tant pis, on attendra le DVD.
Encore un petit verre de chardonnay avant la tarte aux pommes ?

dimanche, mars 14, 2010

Jean Tenenbaum n'habite plus ici.

Merci pour la montagne.
Merci pour Aragon.
"On ne voit pas le temps passer."

dimanche, février 28, 2010

rebondi, e adj. Arrondi, en parlant d'une partie du corps : joues rebondies.

Définition empruntée au Larousse de poche, édition de 1995.
Photographie (extrait) : David Bellemère
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dimanche, février 14, 2010

mercredi, janvier 20, 2010

Mise en abîme de la beauté,
mise en beauté de l'abîme.


Photographie (extrait) : Miles Aldrige

dimanche, janvier 10, 2010

Sanguine

"Seules les petites filles très sages n'ont jamais eu à redouter le châtiment suprême de la fessée déculottée et, de ce fait, n'ont pu remarquer à quel point cette terrible humiliation s'accompagnait d'un frisson de satisfaction : celle de porter une belle trace rouge. Le début d'émois inavouables."
Laure Tran

Illustration : François Berthoud, dont je vous recommande le livre-catalogue "Superilluman", disponible aux éditions Hazard.