samedi, décembre 10, 2011

Et hop ! Dans la hotte !

Voici un DVD qui a sa place dans la hotte du Père Noël. Je ne sais plus de quand date la première saison de cette série qui est une chronique familiale en mode gentiment satirique. Ce dont je me souviens, c'est d'en avoir vu un extrait un jour en zappant. Résultat, j'ai couru l'acheter, et je me suis régalé : pour résumer, ainsi qu'un bossu je rigolai. Deuxième et troisième saisons un peu paresseuses. Peut-être du fait des "stars invitées" qui ont sucé trop de budget ? Et voici la quatrième, franchement excellentissime, du même niveau que la première. Les acteurs sont tellement justes et bons dans leurs rôles respectifs qu'on se demande s'il n'y a pas un peu de sorcellerie là-dessous. Bref, vaut le détour et plutôt deux fois qu'une. Et pour les amateurs de claquettes, il y a même une jolie petite fessée en prime. Ben oui, c'est Noël !

dimanche, novembre 27, 2011

Bip ... bip ...

"... Une scène à laquelle j'ai assisté en maternelle m'a beaucoup marqué, et doit être, au moins en partie, à l'origine de mon goût pour la fessée. C'était en 1960. La maîtresse renverse sur ses genoux une jolie petite fille (la fille de ma concierge, ça ne s'invente pas !) pour la fesser, et dit : "Un mouvement à la renverse comme cela, c'est comme Gagarine autour de la terre ! Vous savez qui est Gagarine ?" Et, moi, tout fier d'être le seul à le savoir, je lève la main, du haut de mes quatre ans, pour expliquer que c'était un cosmonaute dans l'espace. Et pendant ce temps-là, un sourire brave aux lèvres, cul nu, la petite fille attendait sa fessée sur les genoux de la maîtresse..."
Anonyme


On se décide à mettre un peu d’ordre dans la bibliothèque qui déborde. On retrouve un livre que l’on croyait perdu, on l’ouvre pour le feuilleter. Il s’en échappe une feuille de papier soigneusement pliée qu’on y avait glissée... Quand ? On ne sait plus. On déplie la feuille pour y découvrir quelques lignes griffonnées à la hâte. Ah oui, c’est vrai ! On avait complètement oublié. On sourit. On avait bien fait de le noter.

Il se passe exactement la même chose avec les bibliothèques virtuelles de nos ordinateurs. Et c’est ainsi que j’ai retrouvé ces quelques lignes. De quand datent-elles ? Je n’en sais plus rien. D’où viennent-elles ? Sans doute d’un forum depuis longtemps disparu. Leur auteur avait signé “Vincent”. Peut-être un jour les reconnaîtra-t-il en passant ici par hasard ? Ces quelques lignes valent sans doute chapitre d’une anthologie secrète pour la lectrice ou le lecteur qui aurait fait il y a bien longtemps le même voyage que la petite cosmonaute de cette anecdote, ou qui il y a tout aussi longtemps aurait été témoin de ce genre de mise sur orbite. Quant à la responsable du programme spatial, faut-il l’accabler pour la radicalité de sa méthode disciplinaire, ou la louer pour une conscience pédagogique qui n’a d’égal que son sens de l’à-propos ?

Aux gagarines de notre univers d’en juger. Eux le savent bien et pour cause : aussi vrai que le drapeau noir flotte sur la marmite, le drapeau rouge claque sur la lune !

Amour Cuisant 2012



dimanche, juin 26, 2011

Pluie, compote et incendie

Cela s’est passé il y a quelques jours. Je venais faire un petit tour à la rédaction désertée d’Amour Cuisant. Oui, il faut vous dire que tout le monde est parti. Un matin, je suis arrivé, j’ai trouvé ce mot laconique sur la table de la cantine, posé à côté des gobelets de café vides : “On est allé chercher des allumettes.” Et depuis, plus personne. Les bureaux sont déserts. Les téléscripteurs ne crépitent plus. Plus d’éclats de rire, plus de coups de gueule. Bon, je préférais les éclats de rire, mais des fois je me demande si je n’aimerais pas entendre un coup de gueule remettre un semblant d’ambiance. Non, tout compte fait non. Je préfère attendre les éclats de rire. Donc où en étais-je ? Ah oui, bureaux vides. Une fois par semaine à peu près, je viens faire un petit tour. Ne serait-ce que pour relever le courrier qui déborde de la boîte aux lettres. Si on peut appeler ça du courrier : des pubs, des nouvelles du fisc, des pubs, la petite note du téléphone, des pubs, la petite note d’EDF, des pubs, des pubs et pour finir des pubs. Rien de bien folichon. Suite du programme : faire les chèques à mes amis du fisc, du téléphone et de l’EDF, en me disant qu’ils les méritent bien puisqu’eux au moins ne m’oublient pas, ranger le courrier dans la corbeille à papier, aérer partout, parce-qu’après une semaine ça sent déjà le renfermé et l’abandon, alors rien de tel qu’un grand courant d’air. Et donner à boire aux plantes vertes. Très important ça, ne pas oublier de donner à boire aux plantes vertes. Je sais que certaines sont des boit-sans-soif et d’autres de vrais chameaux, le problème c’est que je ne sais pas lesquelles sont dans quelle catégorie. C’était Albertine la spécialiste des plantes vertes, et comme elle est partie avec les autres pour chercher des allumettes, elle a disparu et je ne peux pas lui demander conseil. Donc chacune à droit à la même dose d’eau fraîche : un gobelet en carton. C’est la dose pour les petites qui sont sur les coins de bureaux. Pour les moyennes qui sont sur les rebords des fenêtres, c’est deux gobelets. Et pour les grandes, celles qui ont de larges feuilles vernissées et qui même quand elles sont posées par terre arrivent jusqu’au plafond, celles-là, c’est trois ou quatre gobelets, carrément. Bon, je sens que ça ne vous passionne pas, mais je suis bien obligé de vous dire tout ça puisque c’est ce qui s’est passé et que mon irrépressible instinct de journaliste me pousse à dire exactement ce qui s’est passé. Je précise que les larges feuilles vernissées, une fois par mois, je leur donne un petit coup d’éponge. Je les débarbouille en quelque sorte. C’est Albertine qui m’a dit qu’elles adoraient ça. Et puis j’ai bien le temps après tout. Je pourrais même les débarbouiller deux fois par mois à partir de maintenant. Oui, c’est ce que je vais faire. Bonne idée. Donc, j’aère et je donne à boire aux plantes vertes. Rez-de-chaussée, premier étage, et c’est en arrivant sur le palier du second que, venant du bureau d'Albertine dont la porte est entrouverte j’entends les voix de deux filles qui discutent ! Je m’immobilise, tel un tigre sur le palier du second de la jungle quand un gros papillon multicolore se pose sur son nez. Une chose est sûre, je ne reconnais pas la voix d'Albertine. Qui est-là ? m’encquiers-je légitimement en moi-même. Je suis sur le point de bondir et d’ouvrir courageusement la porte à la volée en m’écriant “Pas un geste, l’immeuble est cerné !”. Puis je me dis : “Elles ne sont peut-être pas seules, il y a peut-être un tigre avec elles. Soyons prudent.” Je choisis donc de ne pas bouger et d’écouter leur conversation. L’une est en train de donner à l’autre une recette de compote de pommes. Quel intérêt d’entrer dans l’immeuble et de monter dans le bureau d'Albertine disparue pour échanger des recettes de cuisine ? Ah mais c’est amusant ce qu’elle dit. Non pas la recette, la recette est somme toute assez classique, mais sur ce petit goût mystérieux des compotes d’autrefois qu’elle n’arrive pas à retrouver. Je crois savoir pourquoi, j’irais bien lui dire, mais quid du tigre possible ? Mieux vaut attendre. Maintenant elle parle de la pluie et non pas du beau temps. La pluie, celle qui fait des claquettes et qui inspire les poètes. Elle en parle bien de la pluie. Tiens, elle me donne envie de courir tout nu sous la pluie. Non mais je mettrais un maillot de bain tout de même. "Tout nu", c’est une métaphore. Je me demande comment elle s’appelle, cette fille. Luce ! Au moment où je me posais la question, pile elle le dit ! Comme si elle avait senti ma question par télépathie. Incroyable. Elle a même dit son nom de famille. Non, je ne vous le dirai pas, et puis quoi encore ? Tiens, elle a baissé un peu la voix. Elle dit qu’elle a été méchante. Elle n’en a pourtant pas l’air. J’approcherais bien un peu, j’ai du mal à tout entendre même en tendant l’oreille, mais le plancher du palier du second grince et j’ai toujours ce doute sur un tigre possible. Ah si, elle évoque les conséquences de sa conduite, et on en revient aux claquettes ! Mais pas de pluie cette fois, ça non. Ces claquettes-là sont plutôt du genre grosses fessées génératrices d'incendies, et mon amatrice de compotes n’a pas l’air d’en avoir peur de ces incendies, j’ai même l’impression qu’après la compote son plat préféré c’est les volcans. Au secours ! La porte s’ouvre, les deux filles sortent. Elles me surprennent sur le palier, immobile, un gros papillon multicolore sur le nez. “Alors, on écoute aux portes ?” me lance l’une d’elles en passant près de moi. Elles sont déjà dans l’escalier. Le temps de réaliser qu’il est temps que je réagisse, et que raisonnablement je peux tabler sur l’absence de tigre susceptible de surgir du bureau d'Albertine, et je cours à leur suite. Elles sont déjà dans la rue. Je les appelle : “Eh, attendez, ne partez pas comme ça, attendez, je vais faire du café. Du café et de la compote !” La fille qui se retourne doit être Luce, oui c'est bien sa voix qui me répond : “C’est gentil mais on pas le temps. Je vous ai laissé mes coordonnées dans la machine.” Et elles disparaissent au coin de la rue juste au moment où il se met à pleuvoir.
La machine ? Quelle machine ? La machine à café ? Elle m’aurait laissé une carte avec son numéro de téléphone dans la machine à café ? Je cours vérifier : pas de carte dans la machine à café. Se serait-elle tout simplement gaussé ? À moins que... Je monte en vitesse jusqu’au bureau d'Albertine. L’ordi de son bureau est allumé. On entend une fille qui chante, pas d'erreur, c'est la voix de Luce et en fond d’écran il y a une photo d’elle. Drôle de photo entre parenthèses.
Bon, excusez-moi, mais je vais écouter tranquillement la suite. Et je vous interdis d’en faire autant. Luce est dans ma machine, pas dans la vôtre.

P.S. Albertine, reviens, les plantes vertes s'ennuient de toi, surtout la grande avec les larges feuilles vernissées. Si tu reviens et que tu les débarbouille, promis, je te ferai une compote de pommes. J'ai une recette du tonnerre !

© Amour Cuisant 2011.
Photographie : Laurent Seroussi.
Les chansons de Luce Brunet sont disponibles dans les machines. Et pour les amateurs,comme moi, de compote à l'ancienne, son disque est édité chez Sony Music.
  • Le jeudi c'est permis.

  • jeudi, mars 31, 2011


    Jeanne et Philippe aiment les claquettes...


    ... ou ils font semblant. En tout cas ils s'amusent bien et nous aussi. On attend le clip avec impatience. En attendant vous pouvez les écouter
  • ici.

  • Mais si vous êtes comme moi et que vous n'appréciez pas les sons compressés, courez vous offrir le CD paru chez Barclay (référence 274 805-3) et entraînez-vous dès aujourd'hui pour la Fête de la Musique. Chiche ?


    Illustration : Philippe Lebruman.
    Photographie : Dominique Gouband.

    dimanche, janvier 30, 2011

    L'effrontée

    Elle a le charme insolent d'un piquant défi. Son regard y est pour beaucoup, bien sûr. Mais aussi sa nudité tranquille et charnelle, sa beauté pleine et ferme que le regard englobe en rêvant d'être la main qui empaume ou le soleil couchant qui empourpre.

    Photographie : Pastelle, que je remercie mille fois pour ce superbe cadeau.

    jeudi, janvier 27, 2011

    L'érotisme est dans la boîte aux lettres

    L’érotisme, c’est bien connu, n’est pas toujours où on l’attend. Il semble même que plus il est revendiqué et plus il s’éloigne, il suffit pour s’en convaincre de feuilleter les magazines qui lui sont consacrés ou de parcourir une fois dans sa vie les allées d’un de ces salons dont il est le thème alléchant. Non, l’érotisme n’est pas là où on l’attend. Il est bien plus souvent dans l’image entrevue lors d’une promenade, au détour d’une page dans un livre sage, dans une scène inattendue d’un film par ailleurs innocent. Et il est parfois dans la boîte aux lettres. Car même ces encarts publicitaires glissés entre deux lettres qui périodiquement nous incitent à faire le plein de linge de maison, de draps et de taies d’oreiller nous proposent parfois de charmants tableaux. Je n’ai pas de mal à m’imaginer les trois suisses en question. Ils sont assis dans des fauteuils à haut dossier. La quiétude du salon, doucement dorée par la lumière de lampadaires aux lourds abat-jour, n’est guère contrariée que par les sorties régulières du coucou méthodique et zélé. L’un d’eux fume sa pipe, l’autre nettoie soigneusement ses bésicles, le troisième lit son “Neue zürcher Zeitung” en mangeant du Toblerone. J’imagine leur conversation :

    - Je trouve que cette petite est bien déraisonnable de se vêtir si peu par ce froid.
    - D’autant plus déraisonnable qu’il y a une action sur le blanc, elle devrait en profiter pour s’acheter des sous-vêtements bien chauds, ou bien ?
    - M’est avis qu’elle n’use pas de sous-vêtements. En tout cas, peuchère, je suis prêt à parier qu’il n’y a pas de blanc sous ce short.
    - "Peuchère" ? Voilà qui sonne plus Vieux Port que Quatre Cantons !
    - C’est que je suis de Marseille, té. Je ne suis suisse que d’adoption.
    - Je me disais aussi que tu galéjais beaucoup pour un zurichois.
    - Pour en revenir à ce short, je trouve que cette petite l’a choisi un tantinet trop petit.
    - Tu ne comprends donc rien ? Elle l’a fait exprès !
    - Exprès ? Quelle drôle d’idée ?
    - Mais ma parole, tu serais plus à ta place à Berne, chez les ours. Tu ne connais donc rien à l’âme féminine ?
    - En quoi un short trop petit permettrait-il d’appréhender l’âme féminine, je te prie ?
    - Mais c’est un accroche-cœur, rien de plus.
    - Si c’est un accroche-cœur, reconnaissez tous les deux qu’il est bizarrement situé.
    - Oh tiens, tu me fatigues. Même le coucou a plus d’intuition que toi.
    - Une chose est sûre, si cette demoiselle était ma fille, je lui ferais comprendre que des accroche-cœurs comme ça en plein hiver sont la meilleure assurance d’attraper un rhume.
    - Et tu crois sérieusement qu’elle t’écouterait ?
    - Je saurais bien lui faire entendre raison !
    - Ah oui ? Et comment ? En lui promettant de lui apprendre la recette de la bouillabaisse ?
    - Ma bouillabaisse vaut bien tes röstis, ou bien ?
    - Si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, je crois que vous faites fausse route tous les deux. Je crois que cette demoiselle n’a besoin ni de conseils ni de bouillabaisse. Ce qu’il lui faut, c’est une bonne fessée.
    - Il est vrai que sa position gentiment penchée en avant, sur la pointe des pieds pour mieux tendre ce petit short qui suggère plus qu’il ne cache, ce sourire mutin...
    - Non mais je rêve ! Vous allez vous arrêtez ? Vous vous imaginez que vos divagations vont être publiées sur un blog sérieux ?
    - Coucou, coucou, coucou, coucou.
    - Quelqu'un veut un morceau de Toblerone ?
    - C’est ce qu’on appelle le mot de la fin, ou bien ?

    © Amour Cuisant 2011, ou bien ?
    Photographie ?

    jeudi, janvier 13, 2011

    Bonne année 2011 !

    Et pour bien la commencer, je vous offre des gaufres du nord, celles que l'on mange le dimanche après être allé flâner au marché. Il fait froid, on presse un peu le pas. Un enfant rom joue de l'accordéon. Il joue "Sous le ciel de Paris", et voilà la Tour Eiffel qui pointe son nez à Wazemmes ! On lui donne une pièce, la Tour Eiffel vaut bien ça. Les fleurs coupées, la maroquinerie de deux sous, les tournebroches qui entraînent sans fin volailles et rôtis, voilà qui met en appétit, ne pas oublier au retour de choisir une bouteille de vin, sunday morning, bottle of wine, et puis on s'arrêtera chez l'anglais, on y choisira le lemon curd et une boîte de Colman's Mustard. Ah, les gaufres, les voilà ! Vergeoise, vanille, cassonade. C'est pour emporter, oui, mais on va en manger une tout de suite. Une ou deux.

    Et en prime, je vous offre le sourire de la belle Virginie.
    Un sourire qui a lui aussi le goût de la vergeoise, de la cassonade, de la vanille des îles.

    Si la belle Virginie était une gourmandise interdite, elle serait la fessée : c'est elle qui l'a dit, et j'aurais bien aimé voir son sourire quand elle l'a dit.

    La belle Virginie qui, pour une aussi jolie audace, mérite au moins une gaufre.

    Ou une autre gourmandise au choix.


    © Amour Cuisant va au marché 2011
    Photographies : ?