dimanche, janvier 30, 2011

L'effrontée

Elle a le charme insolent d'un piquant défi. Son regard y est pour beaucoup, bien sûr. Mais aussi sa nudité tranquille et charnelle, sa beauté pleine et ferme que le regard englobe en rêvant d'être la main qui empaume ou le soleil couchant qui empourpre.

Photographie : Pastelle, que je remercie mille fois pour ce superbe cadeau.

jeudi, janvier 27, 2011

L'érotisme est dans la boîte aux lettres

L’érotisme, c’est bien connu, n’est pas toujours où on l’attend. Il semble même que plus il est revendiqué et plus il s’éloigne, il suffit pour s’en convaincre de feuilleter les magazines qui lui sont consacrés ou de parcourir une fois dans sa vie les allées d’un de ces salons dont il est le thème alléchant. Non, l’érotisme n’est pas là où on l’attend. Il est bien plus souvent dans l’image entrevue lors d’une promenade, au détour d’une page dans un livre sage, dans une scène inattendue d’un film par ailleurs innocent. Et il est parfois dans la boîte aux lettres. Car même ces encarts publicitaires glissés entre deux lettres qui périodiquement nous incitent à faire le plein de linge de maison, de draps et de taies d’oreiller nous proposent parfois de charmants tableaux. Je n’ai pas de mal à m’imaginer les trois suisses en question. Ils sont assis dans des fauteuils à haut dossier. La quiétude du salon, doucement dorée par la lumière de lampadaires aux lourds abat-jour, n’est guère contrariée que par les sorties régulières du coucou méthodique et zélé. L’un d’eux fume sa pipe, l’autre nettoie soigneusement ses bésicles, le troisième lit son “Neue zürcher Zeitung” en mangeant du Toblerone. J’imagine leur conversation :

- Je trouve que cette petite est bien déraisonnable de se vêtir si peu par ce froid.
- D’autant plus déraisonnable qu’il y a une action sur le blanc, elle devrait en profiter pour s’acheter des sous-vêtements bien chauds, ou bien ?
- M’est avis qu’elle n’use pas de sous-vêtements. En tout cas, peuchère, je suis prêt à parier qu’il n’y a pas de blanc sous ce short.
- "Peuchère" ? Voilà qui sonne plus Vieux Port que Quatre Cantons !
- C’est que je suis de Marseille, té. Je ne suis suisse que d’adoption.
- Je me disais aussi que tu galéjais beaucoup pour un zurichois.
- Pour en revenir à ce short, je trouve que cette petite l’a choisi un tantinet trop petit.
- Tu ne comprends donc rien ? Elle l’a fait exprès !
- Exprès ? Quelle drôle d’idée ?
- Mais ma parole, tu serais plus à ta place à Berne, chez les ours. Tu ne connais donc rien à l’âme féminine ?
- En quoi un short trop petit permettrait-il d’appréhender l’âme féminine, je te prie ?
- Mais c’est un accroche-cœur, rien de plus.
- Si c’est un accroche-cœur, reconnaissez tous les deux qu’il est bizarrement situé.
- Oh tiens, tu me fatigues. Même le coucou a plus d’intuition que toi.
- Une chose est sûre, si cette demoiselle était ma fille, je lui ferais comprendre que des accroche-cœurs comme ça en plein hiver sont la meilleure assurance d’attraper un rhume.
- Et tu crois sérieusement qu’elle t’écouterait ?
- Je saurais bien lui faire entendre raison !
- Ah oui ? Et comment ? En lui promettant de lui apprendre la recette de la bouillabaisse ?
- Ma bouillabaisse vaut bien tes röstis, ou bien ?
- Si vous voulez mon avis, et même si vous ne le voulez pas, je crois que vous faites fausse route tous les deux. Je crois que cette demoiselle n’a besoin ni de conseils ni de bouillabaisse. Ce qu’il lui faut, c’est une bonne fessée.
- Il est vrai que sa position gentiment penchée en avant, sur la pointe des pieds pour mieux tendre ce petit short qui suggère plus qu’il ne cache, ce sourire mutin...
- Non mais je rêve ! Vous allez vous arrêtez ? Vous vous imaginez que vos divagations vont être publiées sur un blog sérieux ?
- Coucou, coucou, coucou, coucou.
- Quelqu'un veut un morceau de Toblerone ?
- C’est ce qu’on appelle le mot de la fin, ou bien ?

© Amour Cuisant 2011, ou bien ?
Photographie ?

jeudi, janvier 13, 2011

Bonne année 2011 !

Et pour bien la commencer, je vous offre des gaufres du nord, celles que l'on mange le dimanche après être allé flâner au marché. Il fait froid, on presse un peu le pas. Un enfant rom joue de l'accordéon. Il joue "Sous le ciel de Paris", et voilà la Tour Eiffel qui pointe son nez à Wazemmes ! On lui donne une pièce, la Tour Eiffel vaut bien ça. Les fleurs coupées, la maroquinerie de deux sous, les tournebroches qui entraînent sans fin volailles et rôtis, voilà qui met en appétit, ne pas oublier au retour de choisir une bouteille de vin, sunday morning, bottle of wine, et puis on s'arrêtera chez l'anglais, on y choisira le lemon curd et une boîte de Colman's Mustard. Ah, les gaufres, les voilà ! Vergeoise, vanille, cassonade. C'est pour emporter, oui, mais on va en manger une tout de suite. Une ou deux.

Et en prime, je vous offre le sourire de la belle Virginie.
Un sourire qui a lui aussi le goût de la vergeoise, de la cassonade, de la vanille des îles.

Si la belle Virginie était une gourmandise interdite, elle serait la fessée : c'est elle qui l'a dit, et j'aurais bien aimé voir son sourire quand elle l'a dit.

La belle Virginie qui, pour une aussi jolie audace, mérite au moins une gaufre.

Ou une autre gourmandise au choix.


© Amour Cuisant va au marché 2011
Photographies : ?